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Visite de Macron aux États-Unis : bilan mitigé chez les politiques


Mercredi 25 Avril 2018 modifié le Mercredi 25 Avril 2018 - 23:16

L'opposition dresse un bilan mitigé de la visite d'État d'Emmanuel Macron. Wauquiez évoque des « échecs », Hamon dénonce une « faible résistance » face à Trump.




Visite de Macron aux États-Unis : bilan mitigé chez les politiques
Le président du parti Les Républicains Laurent Wauquiez a fustigé ce mercredi 25 avril « la diplomatie d'Emmanuel Macron » qui « va d'échec en échec », dénonçant notamment l'absence de résultats du président de la République, actuellement à Washington, sur le maintien de l'accord nucléaire iranien. « Quand Emmanuel Macron est parti [...], l'objectif était que Donald Trump respecte l'accord iranien. Pas qu'il renégocie l'accord iranien », a-t-il dénoncé.

Emmanuel Macron et Donald Trump ont appelé mardi à un nouvel accord pour contenir les ambitions de l'Iran, peu après que le président américain a qualifié le texte actuel sur le nucléaire de « désastre ». « Nous n'avons pas les mêmes positions de départ sur ce point », a reconnu le chef de l'État. Dimanche, il avait répété qu'il n'y avait pas « de plan B » pour empêcher l'Iran de fabriquer la bombe.

« Au lendemain de son intervention sur la Syrie, sur les médias français, Donald Trump désavoue immédiatement Emmanuel Macron », a encore dénoncé Laurent Wauquiez, en référence à une affirmation du président français selon laquelle la France avait « convaincu » les États-Unis de rester sur la durée en Syrie. La Maison-Blanche avait alors écarté tout changement de ligne politique américaine, et Emmanuel Macron a précisé en retour ses propos.

« Lors de la visite de Donald Trump à Paris, l'enjeu était que les États-Unis restent dans l'accord climatique, il [Emmanuel Macron] n'y est pas arrivé », a poursuivi le responsable LR. « À Berlin, c'est la même chose qui s'est passée, on a eu de belles images, mais Angela Merkel a opposé une fin de non-recevoir à Emmanuel Macron », a-t-il encore critiqué, en référence aux divergences entre Paris et Berlin sur la création d'un fonds européen de garantie bancaire. « La France est bien accueillie, mais la France n'est pas écoutée. La France est poliment accueillie, mais la France ne pèse pas », a regretté le patron des Républicains.

« Un alignement de la diplomatie française sur les demandes américaines »

« Le pari initial » d'Emmanuel Macron de « charme » et de « séduction » envers Donald Trump « n'a pas fait bouger d'un iota les grands sujets », a déploré mercredi l'ancien ministre socialiste Matthias Fekl. « Le pari initial du président Macron qui était de dire on déploie un maximum de charme, un maximum de séduction pour le président américain en le recevant le 14 juillet sur les Champs-Élysées [...] et ensuite en allant en visite d'État, pour l'instant, n'a pas fait bouger d'un iota les grands sujets », a regretté l'ancien ministre de l'Intérieur sur RFI.

« Sur l'Iran, nous assistons purement et simplement, semble-t-il, à un alignement de la diplomatie française sur les demandes américaines. Ce qui est très grave », a-t-il affirmé. Défendant un « accord fondamental pour la paix », Matthias Fekl, chargé des questions internationales au PS, a plaidé pour « une initiative européenne forte », jugeant que « l'accord iranien pourrait perdurer, y compris en cas de retrait des États-Unis, si l'Union européenne était crédible sur la scène internationale. »

Mardi 24 avril au soir sur Franceinfo, l'ancien candidat à la présidentielle Benoît Hamon avait, lui aussi, estimé que la « méthode diplomatique » d'Emmanuel Macron était « aujourd'hui en question ». « Il y avait, dans les milieux français, l'espoir que la gentillesse d'Emmanuel Macron, la manière dont il jouait la proximité avec Donald Trump, l'emporterait. Il semblerait que cette tradition issue de Versailles n'a pas eu beaucoup de succès », a-t-il critiqué. Emmanuel Macron « est obligé de s'aligner sur la position des États-Unis qui dénoncent l'accord » iranien, a déploré Benoît Hamon, jugeant qu'il fallait « s'inquiéter de la faible résistance qu'aura opposée Emmanuel Macron à cette stratégie de la force qui vise à démolir méthodiquement tout ce qui faisait accord jusqu'ici ».

Ni connivence ni complicité

Le député LREM de Paris Gilles Le Gendre a, lui, défendu la visite d'État d'Emmanuel Macron aux États-Unis, objet de critiques aussi bien à droite qu'à gauche, assurant que « la France est aujourd'hui le seul interlocuteur sérieux que reconnaissent les États-Unis ». « Est-ce que ça veut dire qu'on est d'accord sur tout ? Évidemment non », a déclaré Gilles Le Gendre sur Sud Radio. Soulignant le « caractère imprévisible » de Donald Trump, le député a affirmé que « la force du président de la République, c'est d'avoir su d'emblée nouer une relation avec ce partenaire disons difficile, un peu éruptif, et d'être à peu près le seul dirigeant occidental, et même le seul dirigeant mondial, à avoir su construire cette relation ».

« Alors, ça n'est pas de la connivence, ça n'est pas de la complicité, il y a des divergences sur des points extrêmement importants, le climat, le nucléaire iranien, les questions commerciales, le multilatéralisme... La nouveauté, c'est que nous avons un dialogue qui va permettre d'avancer », a-t-il poursuivi. « Est-ce que nous aurons des résultats sensibles à l'issue de ce voyage d'État ? Peut-être pas, mais est-ce que ce voyage va permettre d'avancer, de marquer des étapes ? Certainement », a-t-il jugé. Interpellé sur l'épisode où l'on voit Donald Trump épousseter, avec une sollicitude affichée, l'épaule d'Emmanuel Macron, vêtu d'un costume noir, de « ses quelques pellicules », Gilles Le Gendre a ironisé : « En matière de coiffure et de chevelure, je crois qu'en effet le président américain a pas mal de leçons à donner au président français, sûrement. »

Pour le président des Patriotes, Florian Philippot, cette visite « met fin au mythe jupitérien ». « On doit noter que le président Trump n'aura pas hésité à plusieurs reprises à humilier publiquement Emmanuel Macron », relève-t-il dans un communiqué.
Mercredi 25 Avril 2018 - 19:07

Avec afp




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