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Un ministre marocain annonce à son insu le décès de Bouteflika


Jeudi 1 Février 2018 modifié le Vendredi 2 Février 2018 - 09:43

Narjis Rerhaye (A Rabat)




Un ministre, victime d’un fake tweet. Le tout nouveau ministre marocain de l’aménagement du territoire, de l’urbanisme, de l’habitat et de la politique de la ville, vient d’en faire la désagréable expérience. Abdelahad Fassi Fihri ne se doutait pas une seule seconde qu’un faux compte twitter allait être créé en son nom. le faux compte du responsable gouvernemental n’allait pas tarder à se rendre célèbre sur la twittosphère en annonçant, mercredi 31 janvier, le décès du président algérien Abdelaziz Bouteflika.

Alerté par la cellule de veille du parti auquel il appartient, Abdelahad Fassi Fihi est sous le choc. Ses équipes aussi. Le ministre PPS, successeur de Nabil Benabdallah à la tête de ce département tentaculaire, n’a jamais eu de compte Twitter. Plus encore, il n’est pas homme à tweeter des rumeurs sur les chefs d’Etat.

« Notre stupeur a été grande quand on a appris l’existence de ce faux compte qui a diffusé une telle fake news. M. Abdelahad Fassi n’est pas du tout présent sur les réseaux sociaux. Nous sommes d’ailleurs en train de travailler sur son positionnement sur les médias sociaux dans le cadre d’une stratégie de communication que nous sommes en train de préparer. A cela, il convient d’ajouter qu’il n’a aucune relation avec les décideurs algériens », a déclaré à Atlasinfo un membre du cabinet du ministre de l’aménagement du territoire, de l’urbanisme, de l’habitat et de la politique de la ville.

La nouvelle se répand comme une traînée de poudre. Les réseaux sociaux s’emballent d’autant que c’est un haut responsable gouvernemental qui annonce avoir appris de source gouvernementale algérienne l’information de la mort du président Bouteflika. Très vite, la riposte s’organise au ministère de l’habitat. Deux actions sont menées de manière concomitante. D’abord une procédure de réclamation pour que soit supprimé le faux compte twitter ouvert au nom de Abdelahad Fassi Fihri. Un communiqué est également diffusé pour informer l’opinion publique que ce ministre de gauche « ne dispose actuellement d'aucun compte sur les réseaux sociaux ». « Ainsi tout compte crée en son nom sur les réseaux sociaux ne lui correspond pas notamment le compte Twitter ( @AFassiFihri) qui n'est qu'un faux compte » précise le démenti émis par les services de M. Fassi Fihri.

Ce jeudi 1 er février, plus aucun compte twitter au nom de Abdelahad Fassi Fihri n’est fonctionnel.

Des responsables politiques et gouvernementaux aux comptes non certifiés

Pour quelle raison un tel faux compte a été créé ? Qui a intérêt à mettre dans l’embarras ce nouveau ministre connu pour sa discrétion en lui faisant diffuser, à son insu, une fake news « explosive » ? « Nous avons entamé nos investigations. Nous avons découvert que la création de faux comptes de personnalités publiques est monnaie courante. Souvent à des fins commerciales. Quand le nombre de followers est important, le faux compte qui contient de vraies informations est proposé à la vente à la personne concernée. C’est un commerce florissant et il y a des personnes qui se sont spécialisées dans cela. Ce qui est arrivé à Abdelahad Fassi Fihri est différent. Avec la diffusion en son nom d’une information totalement fausse concernant le soi-disant décès du président algérien, on est sur un tout autre registre », nous répond un membre du cabinet de M. Fassi Fihri.

Au Maroc, la quasi majorité des responsables politiques et gouvernementaux actifs sur Twitter n’ont pas pris la précaution de faire certifier leurs comptes, sachant que la « crédibilité » d’un compte est reconnaissable grâce à la fameuse petite pastille bleue qui estampille par exemple le compte du président français, Emmanuel Macron.

Saadeddine el Othmani, le chef de gouvernement , a fait de Twitter son mode de communication préféré. Il n’a pas pour autant fait certifier son compte. Une remarque qui vaut pour Mohamed Boussaïd, le ministre des Finances, Salaheddine Mezouar le président de la COP22 et ancien ministre des Affaires étrangères ou encore Mbarka Bouaida, la secrétaire d’Etat à la pêche et Mostafa El Khalfi, le ministre en charge des Relations avec le parlement.

Seul le très en vue ministre de l’industrie, de l’investissement, du commerce et de l’économie numérique, Moulay Hafid El Alamy a un compte twitter certifié et donc frappé de la pastille bleue. Celui qui est président du comité de la candidature marocaine à l’organisation du Mondial 2026 sait prendre ses précautions.


Jeudi 1 Février 2018 - 16:11





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