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SIEL: le CCME débat de la "Diversité culturelle des Marocains du monde"


Jeudi 15 Février 2018 modifié le Vendredi 16 Février 2018 - 07:06




SIEL: le CCME débat de la "Diversité culturelle des Marocains du monde"
"Diversité culturelle des Marocains du monde" est le thème de la troisième table-ronde organisée, mercredi 18 février 2018 au stand du Conseil de la communauté marocaine à l'étranger (CCME) au Salon du livre de Casablanca (SIEL).

MM. Mustapha Jlok, anthropologue, Mohamed El Medlaoui, linguiste, Chouaib Halifi, écrivain, romancier et professeur universitaire marocain, Mohammadi Laghzaoui, professeur de linguistique et littérature anglaise aux Pays-Bas et Tijani Boulaouali, professeur de religion islamique, de la pédagogie et des sciences didactiques en Belgique ont animé cette table-ronde modérée par M. Aziz Rifki, charge de mission au CCME.

Présentant cette rencontre, M. Rifki a fait référence à la Constitution marocaine qui a concrétisé la diversité culturelle dès son préambule que l’identité marocaine est « forgée par la convergence de ses composantes arabo-islamique, amazighe et saharo-hassanie » et « s’est nourrie et enrichie de ses affluents africain, andalou, hébraïque et méditerranéen ».

M. Rifki a également mis en avant les travaux et publications du CCME qui ont eu « pour objectif premier de mettre en valeur cette diversité et de préserver la mémoire nationale collective ».

M. Boulouani : le pluralisme est l'essence de la civilisation

Dans son intervention, M. Boulouani a expliqué que « nous ne pouvons exister dans une société sans connaitre l’Autre » : « je suis installé en Europe depuis deux décennies mais je n’ai réellement découvert l’Occident que depuis quelques années et il est déplorable de constater que beaucoup de mes concitoyens dans les pays européens n’ont toujours pas entrepris cette découverte ».

Pendant que la première génération d’immigrés marocains « ont développé une phobie de l’Autre dans l’absence de mécanismes lui permettant d’entrer en échange avec son prochain », « l’Occident a identifié le besoin d’interlocuteurs dans cette communauté à même de relever le défi du vivre-ensemble et de la citoyenneté ».

Et au moment où le fossé se creuse entre l’Islam et l’Occident, « toutes les composantes de la société occidentale, dont les Musulmans, doivent s’imprégner de la philosophie du pluralisme qui leur permettra de vivre ensemble dans le même espace malgré les différences culturelles et religieuses car le pluralisme est l'essence de la civilisation ».

Pour mieux rapprocher entre les éléments de la société occidentale, il est important, selon M. Boulouani de faire la distinction entre l'idéologie et la civilisation occidentale : « la civilisation occidentale est porteuse de progrès technologique, de richesse culturelle et de théories philosophiques alors que l’idéologie est le produit des chocs et des conflits d’individus et de courants ».

Enfin, M Boulouani a appelé les Musulmans à ne plus rester en marge de la société car « l’Islam en Europe n’est plus une religion immigrée mais une religion citoyenne », précisant que « le vrai défi à relever est de représenter la diversité et la richesse de la culture d’origine » sans laquelle « les Marocains seront toujours prisonnier d’une identité déchirée et d’un isolement psychosocial ».

M. Laghzaoui : la langue est porteuse de valeurs culturelles

M. Laghzaoui a expliqué lors de son intervention que « le pluralisme linguistique et culturel sont étroitement liés car la langue est porteuse de valeurs culturelles », déplorant « les déclarations politiques de certains responsables européens qui sont discriminantes envers les langues d’origine sous prétexte que dernières sont limitées ».

Il a également déploré l’absence « d’un lobbying du Maroc en faveur des langues d’origine » qui constitue la cause directe du déséquilibre linguistique chez l'enfant immigré » et invité tous les acteurs « à faire valoir la langue d'origine qui est une vraie valeur ajoutée pour la société d'accueil ».

M. Laghzaoui a également pointé du doigt la faiblesse d’une production académique « qui puisse exposer cette problématique » et dont « le peu qui est produit est en difficulté d’exister quand il ne va pas au même sens que la volonté politique en place ».

Halifi : les Marocains du monde doivent avoir une connaissance plus précise de leur culture d’origine

Pour M. Halifi qui a participé à la réalisation du coffret publié par le CCME sur la personnalité marocaine, « les Marocains du monde souffrent d’un malaise identitaire parce qu’ils n’ont pas les mécanismes nécessaires pour défendre leur culture d’origine », ajoutant qu’il faut se comprendre soi-même avant de comprendre l’autre.

« La diversité culturelle est un trésor humain qui ne peut se réaliser pour les Marocains du monde sans connaître les composantes de cette diversité et le CCME a mené beaucoup d’actions en ce sens », a-t-il affirmé.

Le jeunes marocain à l’étranger « ne connaissent malheureusement pas un certain Hassan Al Wazzan, Léon l’africain ou un certain Zemmouri pour qui on a érigé une statue au Texas qui enrichissent son histoire et le rend fier de sa culture d’origine », a-t-il ajouté « annonçant que le coffret sur la personnalité marocaine sera traduit dans les langues d’accueil pour rendre cette connaissance plus accessible ».

Enfin, M. Halifi a déploré « le visage sauvage de la mondialisation, pointé dans un rapport récent de UNESCO, qui écrase les cultures minoritaires et donne le droit de rester au plus fort » et appelle « à plus d’interaction entre les cultures dans les pays d’accueil ».

Jlok : le Maroc est un modèle historique de la diversité cul

M. Jlok a quant à lui mis en avant l’évolution « de la reconnaissance de la diversité culturelle comme composante essentielle de l’identité marocaine dans les Constitutions marocaines » : « parti d’une constitution uniformiste après l’indépendance, le Maroc a pu en 2011 consacrer un des fondements de l’identité marocaine qui la diversité culturelle ».

Une diversité qui, selon M. Jlok, qui « n’est pas forcément moins assimilée par la communauté marocaine à l’étranger que par les Marocain d’ici » car « l’on reste encore prisonnier du modèle français ».

Depuis l'antiquité, le Maroc a été une société multiculturelle et multilinguistique mais depuis le protectorat français, « nous avons hérité de la vision universelle de la France, ou tous les citoyens avaient les mêmes droits au niveau individuel mais pas au niveau des droits collectifs », ce qui « peut être considéré comme une régression », a-t-il expliqué.

M. Medlaoui : le Maroc est un carrefour de civilisations


Dans son intervention, M. Medlaoui a mis en valeur la richesse culturelle de Maroc qui est « de par sa géographie de pays se situant entre deux mers et deux continents est le fruit du pluralisme linguistique et culturelle à condition d’en avoir conscience ».

« Une valeur ajoutée qui doit être portée par les Marocains du monde comme l'ont auparavant fait Ibn battouta, Zemmouri et Hassan Al Wazzan », a-t-il poursuivi.

Il a ensuite présenté la nouvelle publication "les étrangers" qui racontent l'histoire de la migration marocaine affirme que « la difficulté de l'intégration est un point commun entre tous les parcours migratoires » et lu quelques passages de l’ouvrage de l’écrivain juif marocain Gabriel Sahnoune qui met en valeur cette difficulté : « entre deux chaises », se considérait-il, « un orientaliste pour les Israéliens et un écrivain d’expression française pour les Marocains ».

Jeudi 15 Février 2018 - 16:03





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