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Présidentielle au Panama: courte victoire du candidat social-démocrate


Lundi 6 Mai 2019 modifié le Mardi 7 Mai 2019 - 07:50




Le social-démocrate Laurentino "Nito" Cortizo a remporté dimanche de justesse l'élection présidentielle au Panama face au candidat de droite Romulo Roux, qu'il devance de seulement 2 % des voix.

Après plusieurs heures de suspense, le tribunal électoral du Panama a proclamé l'élection du social-démocrate pour un mandat unique de cinq ans.

Avec les bulletins dépouillés dans 92,51 % des bureaux, le tribunal électoral a estimé que la tendance était "irréversible", en dépit de l'écart de moins de 40.000 voix entre les deux candidats de tête. Le social-démocrate a recueilli 33,08 % des voix, contre 31,06 % pour son adversaire de droite.

Les deux hommes étaient loin devant le candidat indépendant Ricardo Lombana (19,34 %), qui avait fait de la lutte contre la corruption son cheval de bataille.

"Nous avons gagné", avait déclaré auparavant M. Cortizo en sortant d'une réunion avec son adversaire et les juges du Tribunal électoral. De son côté, M. Roux n'avait pas concédé sa défaite, prolongeant d'une bonne heure l'attente de la proclamation des résultats.

Il s'agit d'une élection à un seul tour: le vainqueur est le candidat arrivé en tête, quel que soit le nombre de voix et le pourcentage du corps électoral qui le soutient, pour prendre la tête de ce petit pays centraméricain marqué par le scandale des "Panama Papers" et une corruption endémique.

Sur les sept candidats en lice pour un unique mandat de cinq ans à la présidence, "Nito" Cortizo, 66 ans, candidat du Parti révolutionnaire démocratique (PRD), faisait figure de favori.

M. Cortizo était ministre de l'ancien président Martin Torrijos (2004-2009), et avait démissionné pour cause de désaccord sur le Traité de libre-échange avec les Etats-Unis. Il promet de porter ses efforts sur l'amélioration de l'éducation, la réforme de l'Etat, la dynamisation de l'économie et la lutte contre la pauvreté et les inégalités.

"Panama Papers"

Trois ans après la révélation des "Panama Papers", le pays n'a toujours pas réussi à se défaire de son image sulfureuse de paradis fiscal, et n'a pas été épargné par le scandale des pots-de-vin distribués par le groupe brésilien de travaux publics Odebrecht.

Romulo Roux, du parti Changement démocratique (CD, droite), a été ministre des Affaires étrangères de l'ex-président Ricardo Martinelli (2009-2014), qui lui a apporté son soutien depuis la cellule où il est incarcéré.

Le résultat de dimanche soir lui octroie davantage que les 26,2 % d'intentions de vote que le dernier sondage lui accordait.

M. Cortizo succèdera à Juan Carlos Varela, dont la popularité est affectée par la baisse de l'activité économique, l'augmentation du coût de la vie, des scandales de corruption et la crise des secteurs de la santé et de la justice.

Ricardo Lombana, le troisième homme, avait fait campagne sur le thème de la lutte contre la corruption. Il avait reçu dans les derniers jours de la campagne le soutien du chanteur panaméen Ruben Blades, une des légendes de la salsa.

La campagne électorale sans relief, raccourcie pour la première fois à deux mois, n'a manifestement pas découragé les électeurs qui ont été près de 73 % à participer au scrutin présidentiel.

Le nouveau président devra arbitrer entre les ambitions du géant chinois dans la région et les Etats-Unis, qui veillent jalousement sur leur traditionnelle sphère d'influence et un canal interocéanique stratégique.

Même si les Américains ont rendu au Panama la souveraineté sur le canal le 31 décembre 1999, ses 80 km constituent toujours pour Washington un enjeu essentiel.

On estime que 5 % du commerce maritime mondial passe par les écluses du canal de Panama: 403 millions de tonnes de cargaison en 2017, dont 166 millions de tonnes des Etats-Unis et 44 millions de Chine.

Outre le président, les électeurs ont élu 71 députés, 81 maires et 700 autres élus locaux dans une ambiance empoisonnée par des scandales de corruption présumée impliquant des députés, dont des partisans des candidats Cortizo et Roux.
Lundi 6 Mai 2019 - 08:23

Atlasinfo (AFP)




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