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Migrants: le ministre de l’Intérieur français se dit "obligé" de faire un tri


Dimanche 11 Février 2018 modifié le Lundi 12 Février 2018 - 09:57




Le ministre de l'Intérieur Gérard Collomb a estimé ce dimanche qu'il était "obligé de faire" un tri parmi les migrants, entre réfugiés politiques et migrants économiques, et que la France ne pouvait continuer à les accueillir "de manière exponentielle".

"L'année dernière, on a eu 100.000 demandes d'asile, c'était +7% par rapport à l'année précédente qui elle-même était en augmentation de +23% par rapport à l'année précédente", a déclaré Gérard Collomb à Questions politiques sur FranceInter/Francetvinfo/Le Monde. "Depuis 2012, le dispositif d'asile a été multiplié par deux (...) Les centres d'hébergement d'urgence ont été multipliés par deux. (...) On ne peut augmenter cela de manière infinie", a-t-il insisté, soulignant les coûts de ces dispositifs, de deux milliards d'euros chacun.

"Nous ne pourrons pas donner un avenir à tout le monde". "On ne peut faire de manière exponentielle un accueil vis-à-vis de tout le monde, comme un certain nombre de gens le voudraient. Ils disent 'on n'a pas besoin de faire un tri, on ne doit pas choisir entre ceux qui ont besoin de l'asile et les migrants économiques'. Si! On est obligé de le faire parce qu'à un moment donné, nous ne pourrons pas donner un avenir à tout le monde", a-t-il ajouté.

"Extrémisation des esprits". Prenant l'exemple de l'Allemagne, le ministre a souligné la nécessité de "faire respecter la loi" face à la menace d'une "extrémisation des esprits". "Quel est le problème de l'Allemagne? Vous avez (92, NDLR) députés d'extrême droite. Donc si vous ne réglez pas un certain nombre de problématiques en faisant respecter la loi, en étant accueillant d'une part mais en expulsant ceux qui n'ont pas droit à être accueillis, vous avez un mouvement qui conduit à l'extrémisation des esprits."

Évoquant une circulaire controversée prévoyant un recensement des migrants dans les centres d'hébergement d'urgence, le ministre a souligné que, outre "des réfugiés qui mériteraient de sortir de ces centres" et des "déboutés du droit d'asile (...) qui auraient dû être éloignés", "il y a aussi beaucoup de gens qui sont dans le 'ni-ni' parce qu'on n'a pas fait ce qu'il fallait dans les années passées et on a stocké des gens qui ne sont ni acceptés ici et qu'on ne peut pas éloigner non plus".

Présenté le 21 février en conseil des ministres, le projet de loi asile et immigration prévoit notamment un doublement à 90 jours de la durée maximale de rétention (voire 135 dans certains cas) pour les étrangers en attente de leur reconduite et une réduction des délais d'appel pour les déboutés de l'asile.

Dimanche 11 Février 2018 - 16:32





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