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Maroc : le bureau de la chambre des Conseillers perd son unique femme


Lundi 22 Octobre 2018 modifié le Lundi 22 Octobre 2018 - 16:24

Narjis Rerhaye (A Rabat)




Les dés sont jetés. Le bureau de la chambre des Conseillers ne sera plus composé que d’hommes. La seule femme qui y était présente, désignée au poste de première vice-présidente depuis 3 ans, vient d’en être évincée et remplacée par… un homme.

Neila Tazi, conseillère élue sur la liste de la CGEM, vient d’en faire l’amère expérience. Au cours d’une réunion expéditive et non prévue de son groupe parlementaire, tenue une heure après l’élection au perchoir de Hakim Benchemass, cette entrepreneure apprend qu’elle n’est plus au bureau de la chambre haute. C’est désormais Abdelhadi Souiri, l’homme d’affaires proche de Salaheddine Mezouar qui lui succède à la vice présidence. Neila Tazi a du mal à cacher sa stupeur. En juillet dernier, il a été convenu que sa mission au bureau sera reconduite, la décision du représentant du groupe au sein de la Chambre ayant été définitivement tranchée.

Dans les coulisses du Parlement, on parle volontiers d’un coup d’Etat qui ne dit pas son nom. L’organisatrice du festival des gnaouas d’Essaouira, elle, remet en cause les méthodes utilisées. « La méthode employée est entachée d’absence totale de transparence, de rigueur et de rectitude, ce qui m’a conduit à quitter la réunion que vous avez convoquée d’urgence à cet effet », écrit Neila Tazi dans la correspondance adressée au président du groupe parlementaire de la CGEM et dont Atlasinfo détient copie.

La réunion a bel et bien lieu. Elle est houleuse. Les candidatures fusent dans tous les sens. « Au regard de la confusion dans le débat j’ai demandé 24h de réflexion et le report de cette réunion pour l’organiser dans des conditions de transparence et d’égalité », explique Mme Tazi. Chose qui lui a été refusée.

Réputée proche de Meriem Bensalah, l’ex Présidente du patronat, Neila Tazi fait-elle les frais de cette proximité ? Le nouveau patron de la CGEM est-il en train de faire table rase de l’héritage « Bensalah », voulant à tout prix placer ses hommes et ses femmes ? Mezouar assure en tout cas être complètement étranger à la décision prise par le groupe parlementaire de la CGEM de mettre fin à la mission de Neila Tazi au sein du bureau de la chambre. « Le groupe parlementaire est souverain. Lui seul décide, » fait-on savoir dans l’entourage du nouveau patron des patrons.

Au sein du groupe parlementaire de la CGEM, on est prompt à parler de rotation dans les responsabilités, de démocratie interne et de transparence. Faux, rétorque N. Tazi qui parle plutôt de « petites manœuvres et pratiques indignes d’un président de groupe ». Ce dernier, rappelle-t-elle à convoquer les élus de la CGEM de la chambre des conseillers dans l’urgence avant de leur faire signer une feuille de présence.
Aujourd’hui, le bureau de la chambre des conseillers est un haut lieu de la masculinité. L’égalité et la parité ne sont que du discours. «Les calculs étriqués ont commencé. La politique politicienne va avoir raison de la CGEM », prédit un entrepreneur avant de rappeler que « Mezouar est d’abord un politique et qu’il a été à la tête d’un parti, le Rassemblement national des indépendants (RNI), avant d’être élu président du patronat ».

L’affaire aura-t-elle des suites ? La CGEM qui avait annoncé apporter un nouveau souffle à la chambre haute est-elle en train de perdre son âme ? Neila Tazi dit se réserver « le droit d’entreprendre toutes les démarches pour contester une telle situation », mettant le président de la CGEM et celui de la chambre des Conseillers face à leurs responsabilités. .


Lundi 22 Octobre 2018 - 14:59





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