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Maroc : Agressés par leurs élèves, les enseignants manifestent contre une violence devenue ordinaire


Lundi 4 Décembre 2017 modifié le Mardi 5 Décembre 2017 - 10:13

En danger et craignant pour leur intégrité physique, les enseignants sont sortis manifester dimanche 3 décembre 2017, à Rabat. Des femmes et des hommes de l’enseignement ont battu le pavé pour crier leur colère face aux agressions d’élèves dont ils sont régulièrement victimes.

Narjis Rerhaye (A Rabat)




La vague du « tcharmyl », ces violences commises par de jeunes urbains reconnaissables à leur coupe de cheveux aurait-elle déferlé sur les établissements scolaires du Maroc ? En tout cas, c’est la peur au ventre que des professeurs vont à leurs cours. Des collèges et lycées sont en passe de transformer en zones de non droit. Des élèves y font la loi. L’agression de leurs professeurs est l’ultime passage à l’acte.
«C’est le ras-le-bol des enseignants qui sont physiquement attaqués par les élèves. La violence atteint des sommets. L’irréparable finira par se produire », explique à Atlasinfo un professeur de l’enseignement secondaire.

« Assez », « Trop c’est trop », « ça suffit », « l’enseignant marocain est en danger » : C’est à l’appel de trois centrales syndicales (la Fédération nationale des fonctionnaires de l’enseignement, la Fédération nationale de l’enseignement et la Fédération libre de l’enseignement) que les enseignants ont scandé leurs slogans alors qu’ils se dirigeaient devant le ministère de l’éducation nationale, à proximité de Bab Rouah.

Une marche de la colère qui vise à tirer la sonnette d’alarme devant la multiplication des agressions- parfois à l’intérieur même des classes- dont le corps enseignant est l’objet. « Nous demandons une implication forte de la justice. Nous revendiquons l’élaboration d’une loi qui puisse protéger les enseignants dans l’exercice de leur fonction. Il faut aussi que l’école soit un espace de sécurité aussi bien pour l’élève que l’enseignant « , clame un enseignant affilié à la fédération libre de l’enseignement.

Depuis plusieurs semaines, réseaux sociaux et médias marocains révèlent les attaques que subissent les professeurs. Les agresseurs sont systématiquement des élèves. A Ouarzazate, Fès, Mehdya, Rabat, des enquêtes ont été ouvertes, des poursuites ont été engagées et des élèves placés en détention provisoire. Le récit des enseignants victimes de ces agressions de ces jeunes de leurs classes est toujours le même, celui d’une violence scolaire presque ordinaire. Des élèves mécontents d’une note ou d’une remarque et tout dérape. La violence explose. L’enseignant, qu’il soit homme ou femme, est attaqué. Certains élèves n’hésitent pas à avoir recours à l’arme blanche . C’est ce qui s’est passé, il y a quelques jours, à Sidi Bennour lorsque un élève âgé de 20 ans, armé d’un tournevis, s’est attaqué au directeur de son lycée. Des coups et blessures qui ont coûté 20 jours d’arrêt maladie au directeur de l’établissement scolaire et conduit l’agresseur en garde à vue.

Devant cette recrudescence de la violence en milieu scolaire, les autorités publiques marocaines ont décidé de délivrer un message fort. Zéro impunité pour les agresseurs d’enseignants et l’agression d’un prof conduit directement à la case prison.


Lundi 4 Décembre 2017 - 13:36





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