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Le roi d'Espagne invoque la primauté du droit, en plein procès des indépendantistes


Mercredi 20 Février 2019 modifié le Jeudi 21 Février 2019 - 08:12




Le roi d'Espagne Felipe VI a jugé mercredi "inadmissible d'en appeler à une supposée démocratie au-dessus du Droit", alors que les indépendantistes en jugement pour la tentative de sécession de la Catalogne invoquent le mandat de leurs électeurs.

"Cela n'a pas de sens et c'est inadmissible d'en appeler à une supposée démocratie au dessus du Droit, car sans respect des lois, il n'existe pas de coexistence ni de démocratie, mais l'insécurité, l'arbitraire et en définitive, la faillite des principes moraux et civiques de la société", a déclaré le souverain dans un discours prononcé en clôture d'un congrès mondial de juristes.

Dans ce texte publié sur le site de Palais royal, Felipe VI ne fait aucune référence explicite au procès des douze anciens dirigeants indépendantistes catalans qui s'est ouvert le 12 février devant la Cour suprême à Madrid, mais la presse espagnole a immédiatement établi le lien entre les deux.

Les prévenus invoquent la démocratie et "le mandat" des électeurs qui ont donné la majorité aux indépendantistes aux élections régionales de 2015 contre la Cour constitutionnelle qui interdisait le référendum d'autodétermination organisé le 1er octobre 2017.

"Je crois que la Cour constitutionnelle espagnole souffre d'un important déficit d'autorité morale", a ainsi déclaré mercredi l'ex-ministre régional du Territoire Josep Rull. Par contre, en organisant le référendum, les dirigeants en jugement ont "rempli leur mandat démocratique", a-t-il affirmé.

Des peines allant de 7 à 25 ans ont été requises contre les douze accusés pour leur participation au processus ayant conduit à la tenue du rédérendum et la proclamation d'une "république catalane" indépendante le 27 octobre 2017.

M. Rull a par ailleurs présenté cette proclamation comme une simple "déclaration politique, formelle, solennelle". "Quand il y a une déclaration politique d'indépendance d'une partie du territoire, sans qu'on n'utilise la violence - et la violence n'a pas été utilisée - ça ne peut pas faire l'objet de reproche pénal", a-t-il soutenu.

Mardi, l'ex-porte-parole de l'exécutif catalan, Jordi Turull, avait déclaré devant les juges: "ce n'est pas du tout anormal d'essayer, par la voie pacifique et démocratique, de faire ce que l'on s'est engagé à faire devant les citoyens de Catalogne".

Ce procès historique, qui doit durer trois mois, est retransmis intégralement en direct à la télévision et sur internet.
Mercredi 20 Février 2019 - 19:36

afp




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