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L'eurodéputé Pargneaux : "Les bateaux européens seront les premières victimes d’une invalidation de l’accord de pêche Maroc-UE"


Mercredi 10 Janvier 2018 modifié le Samedi 13 Janvier 2018 - 12:17




Après les conclusions de l’avocat général de la Cour de justice de l'Union européenne (CJUE), qui a estimé ce mercredi qu'un accord de pêche conclu entre l'UE et le Maroc était "invalide" au motif qu'il « bafoue » "le droit du peuple du Sahara occidental à l'autodétermination", Atlasinfo a interrogé l’eurodéputé Gilles Pargneaux qui « regrette profondément » cet avis qui risque de porter atteinte aux fondamentaux d’un partenariat fort et stratégique entre le Maroc et l’UE.

« Que ceux qui sont contre cet accord de pêche Maroc-UE sachent que les premières victimes seront les bateaux de l’Union européenne », avertit d’emblée l’eurodéputé.

Qualifiant les conclusions de l’avocat général de « dures » et de « radicales, Gilles Pargneaux estime qu’« il faut toutefois attendre l’arrêt de la Cour de justice de l'union européenne dont les termes pourraient être beaucoup plus mesurés que ceux de l’avocat général. »

« La volonté marocaine de développer le Sahara au bénéfice de sa population locale ne fait aucun doute. Que ce soit au niveau des infrastructures portuaires mais aussi, plus généralement, des infrastructures commerciales, culturelles, touristiques, industrielles, de retraitement des eaux, etc., que l’on peut constater en se rendant à Laâyoune ou à Dakhla, l’engagement des autorités marocaines de participer à l’amélioration du quotidien des habitants du Sahara est indéniable », tient à souligner l’eurodéputé Gilles Pargneaux.

Pour l’eurodéputé, le partenariat entre le Maroc et l’UE que ce soit au niveau de la pêche ou de l’agriculture, est un partenariat gagnant-gagnant. « Avoir ce genre de difficultés avec le Maroc, tout le monde y perdra », note-t-il, rappelant que « Le Maroc fait beaucoup pour la sécurité des Européens. Comme il fait beaucoup pour régler les problèmes de l’immigration illégale à sa seule charge financière. »

C’est à la demande d'un tribunal britannique que la CJUE est appelée à se prononce. Saisi par une association pro-séparatistes, Western Sahara Campaign (WSC), qui contestait l'application par le Royaume-Uni de l'accord de pêche avec le Maroc, il s’est tourné vers la Cour pour demander son avis.

Pour Gilles Pargneaux, « les cabinets des juristes qui sont à la manoeuvre pour le dépôt devant la Cour de justice de l’Union européenne sont très puissants et coûtent extrêmement chers ». « La question à se poser : qui paie les honoraires hors prix de ces cabinets ? Le Polisario, vous y croyez ? »

Il n’en demeure pas moins que cet avis de l’avocat général met à jour une dissonance de voix. D’un côté, des institutions et des Etats européens qui défendent un partenariat riche et diversifié avec le Maroc, et de l’autre côté, des parties qui font fi du droit international pour politiser un dossier et torpiller un partenariat qui profite d’abord à l’Europe.

Pour une source proche du dossier, « la non réaction du Royaume est la preuve que le Maroc est confiant et attend avec sérénité le délibéré de la Cour. Les conclusions de l’avocat général, qui n’est pas à sa première tentative, ne sont qu’un avis. »

Mercredi 10 Janvier 2018 - 19:14

Par Hasna Daoudi




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