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Espagne : Vox, le parti d'extrême droite qui espère créer la surprise


Jeudi 25 Avril 2019 modifié le Jeudi 25 Avril 2019 - 15:27




Santiago Abascal, leader du parti Vox, en décembre 2018.
Santiago Abascal, leader du parti Vox, en décembre 2018.
Marginal jusqu'à son irruption récente lors d'élections régionales dans le sud de l'Espagne, le parti d'extrême droite Vox espère entrer en force au parlement national dimanche en tirant profit de la colère des électeurs.

Il y a moins de six mois, l'Espagne était l'un des rares pays européens où l'extrême droite était absente du paysage. Mais tout a changé depuis le séisme provoqué par Vox en décembre en Andalousie.

Obtenant 12 députés régionaux, la formation ultra-nationaliste a permis aux conservateurs du Parti populaire (PP) et aux libéraux de Ciudadanos de prendre le pouvoir dans ce fief socialiste.

Et Vox espère désormais rééditer cette performance au niveau national.

"Vox a réussi à réveiller l'espoir de nombreuses personnes qui (...) ne se sentaient pas représentées", a déclaré mercredi son leader Santiago Abascal, ancien militant du PP au Pays basque. "Une Espagne silencieuse" qui va, selon lui, "renverser" la situation dimanche.

Se méfiant des médias traditionnels, Vox a choisi de faire campagne massivement sur les réseaux sociaux, s'inspirant de la stratégie des présidents américain Donald Trump et brésilien Jair Bolsonaro.

Les sondages créditent Vox de plus de 10% des voix et d'une trentaine de sièges sur 350. Evoquée pendant plusieurs mois par des sondages, une majorité PP-Ciudadanos-Vox au niveau national semble finalement improbable, selon les dernières enquêtes .


- "Crise identitaire" -


Fondé en 2013, Vox a prospéré sur sa virulence à l'égard des indépendantistes catalans qui ont tenté en octobre 2017 de faire sécession.

"Vox est une réponse à ce qui faisait tant rire une grande partie des Espagnols avant la rébellion catalane: que l'Espagne se brise", souligne John Müller, coordinateur du livre "La surprise Vox".

Prônant l'interdiction des partis séparatistes, Vox veut recentraliser l'Espagne et chasser du pouvoir le socialiste Pedro Sanchez, qualifié d'"ennemi de l'Espagne" pour s'être hissé à la tête du gouvernement en juin grâce aux voix de la gauche radicale et des séparatistes catalans.

Avec la bénédiction de Steve Bannon, l'ancien conseiller de Donald Trump, le parti tient aussi un discours très dur sur l'immigration, l'islam ou les féministes et a rompu le consensus autour de la loi contre les violences sexistes en affirmant qu'elle "criminalise" les hommes.

Vox, qui compte parmi ses candidats des généraux à la retraite défenseurs du franquisme, s'oppose également au mariage homosexuel, à l'euthanasie ou à l'avortement.

Pour Jorge del Palacio, professeur d'histoire des idées politiques à l'université Rey Juan Carlos de Madrid, Vox "est capable de capitaliser (sur la colère des gens) parce que la crise est identitaire" quand Podemos avait été capable de le faire lors des élections de 2015 et 2016 car "la crise était économique".

Parmi ses cibles prioritaires, figurent les chasseurs et le monde rural. Le parti, fervent défenseur par ailleurs de la corrida, a eu son stand -et une pluie d'éloges- lors d'un récent salon de la chasse à Madrid.

"Vox est un parti qui monte car il s'adresse au coeur des traditions", a déclaré à l'AFP Angel Lopez Maraver, président de la fédération espagnole des chasseurs et candidat du parti aux européennes. Mais "ils ont tout à prouver".

- Déçus par droite et gauche -


Vox, dont des dirigeants et nombre de sympathisants viennent du PP, veut aussi séduire les déçus de la gauche comme David Garcia, dirigeant du parti à San Vicente del Raspeig près d'Alicante (sud-est).

"Nous avons travaillé toute notre vie. Ça, ce ne sont pas des mains de politicien", dit, en montrant ses mains calleuses, cet ancien électeur socialiste de 38 ans qui a travaillé depuis ses 16 ans comme vigile, responsable de logistique ou ouvrier agricole.

Adela Marquez, chômeuse de 43 ans et victime de violences conjugales, milite à ses côtés. Ancienne sympathisante de Podemos, elle affirme avoir connu "des femmes qui font de fausses plaintes" pour violences, ce qui "fait beaucoup de mal à nous qui avons été maltraitées".

Un argument phare de Vox dénoncé par l'ensemble de la classe politique et balayé par la justice espagnole. Mais, pour John Müller, ces critiques renforcent un parti qui profite du "ras-le-bol" des électeurs vis-à-vis des partis traditionnels.
Jeudi 25 Avril 2019 - 10:38

Atlasinfo (AFP)




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