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Entretien téléphonique entre Aujjar et Beloubet après la cascade de convocations des journalistes par un tribunal français


Mardi 4 Septembre 2018 modifié le Jeudi 6 Septembre 2018 - 00:43




La ministre française Nicole Beloubet
La ministre française Nicole Beloubet
Après une cascade de convocations d'éminents journalistes marocains et du président de la chambres des députés, Habib El Malki suite à une plainte pour diffamation déposée par l’ex-capitaine Mustapha Adib, les ministres de la justice, Mme Nicole Beloubet, et M. Mohamed Aujjar, ont eu un entretien téléphonique ce mardi après-midi, a appris Atlasinfo de sources judiciaires françaises.

Selon nos informations, le ministère français de la Justice a reconnu un « dysfonctionnement » et un « non-respect de la convention d’entraide pénale ».

Dans cette affaire, « nous avons fait le constat que les conventions entre les deux pays et les procédures n’ont été ni appliquées ni respectées », ajoute-t-on de mêmes sources.

Déjà sur le plan de la procédure, nous explique-t-on, le juge d’instruction devait transmettre les convocations au ministère français de la Justice, lequel les transmet à son homologue marocain. Et c’est ce dernier qui informe les convoqués via le parquet. Or, les quatre journalistes, Narjis Rerhaye, Naim Kamal, Jamal Berraoui et Kamal Lahlou, ont reçu leurs convocations par simple voie postale, ainsi que le président de la chambre des députés, M. Habib El Malki.

Les poursuites engagées contre la troisième personnalité marocaine seraient justifiées par le fait que M. El Malki était directeur du quotidien « Libération » dans lequel l’article incriminé était paru en 2014.

« Maintenant qu’un constat a été établi, il faut voir comment cette affaire va évoluer sur le fond. Il est évident qu’il y a eu une atteinte claire à la convention judiciaire entre Rabat et Paris », nous confie un juriste français au fait de la coopération judiciaire entre Rabat et Paris.

D’après nos informations, le juge de liaison près de l’ambassade du Maroc en France a rencontré à deux reprises une haute responsable du ministère français de la Justice.

« La justice marocaine accepterait-t-elle de se départir de ses pouvoirs ? Nous osons croire que non », se sont interrogés dans un communiqué Le directeur de publication du site Quid.ma, Naïm Kamal, et la journaliste free lance, Narjis Rerhaye, précisant qu’à l'inverse, "peut-on imaginer un directeur de publication français et un journaliste français vivant en France, convoqués par un juge d'instruction marocain qui les mettrait en examen pour diffamation ?"

Quant au chroniqueur Jamal Berraoui, il déplore que "la justice française veuille étendre son champ d’action pour réguler la liberté de la presse" dans des pays tiers, rappelant que la convention judiciaire entre le Royaume et la France "permet un procès au Maroc par un simple transfert de dossier".

"Je ne suis pas au-dessus des lois, mais je suis un citoyen libre d'un Etat indépendant n’ayant commis aucun délit en France, ni ailleurs", a fait savoir le journaliste marocain, ajoutant rejeter "cette convocation cavalière qui porte atteinte à l’indépendance" du Maroc.

Mardi 4 Septembre 2018 - 19:05

Par Hasna Daoudi




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