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En France, une "maison de retraite" pour les poules sauvées de l'abattoir


Dimanche 15 Avril 2018 modifié le Dimanche 15 Avril 2018 - 15:06




En France, une "maison de retraite" pour les poules sauvées de l'abattoir
Soleil, herbe fraîche et nourriture à volonté dans un parc sécurisé de 16 hectares: la première "maison de retraite" pour poules pondeuses vient d'accueillir 600 pensionnaires dans une ferme française, propriété d'une start-up qui veut sauver les poules de l'abattoir en produisant des oeufs autrement.

"L'oeuf qui ne tue pas la poule", tel est le slogan choisi par la société "Poulehouse", créée début 2017 à Coussac-Bonneval, à 40 km au sud de Limoges (centre-ouest), et déjà presque à l'équilibre financier.

"C'est en devenant végétarien que je me suis intéressé aux oeufs, une source de protéines animales a priori (obtenue) sans souffrance. Et j'ai découvert que l'immense majorité des poules, y compris celles issues des élevages bio, sont envoyées à l'abattoir à seulement 18 mois" alors qu'elles peuvent vivre bien plus longtemps, explique Fabien Sauleman, co-fondateur de Poulehouse.

"D'autant qu'une poule peut pondre tout au long de sa vie, elle est juste un peu moins productive" quand elle vieillit, souligne son associée Elodie Pellegrain, ingénieur agronome de profession.

D'où l'idée d'un "système de retraite" pour les poules.

"Notre pari était que des gens étaient prêts à payer plus cher pour un oeuf éthique, avec une traçabilité complète, mais également pour que les éleveurs soient rémunérés au juste prix et que les poules ne soient pas tuées", explique Sébastien Neusch, en charge du numérique et du marketing chez Poulehouse, dont il est cofondateur et directeur général.

Pari tenu: "Les premiers tests sur Facebook on été si concluants qu'une communauté était née autour du projet avant même que la société ne soit créée!", raconte-t-il.

Le concept est similaire au système de retraite par répartition à la française: les poules actives travaillent pour payer la retraite de leurs aînées.

Poules aux oeufs d'or

De jeunes poules, au plus haut de leur potentiel de ponte, sont au travail chez des éleveurs bio, partenaires de la marque. Ces derniers, au nombre de quatre pour l'instant, s'engagent à ne pratiquer aucune mutilation du bec, à commercialiser les oeufs sous la marque "Poulehouse" et à remettre les pondeuses à la start-up plutôt qu'à l'abattoir quand elles atteignent 18 mois.

En échange, les éleveurs perçoivent quelques centimes de plus pour chaque oeuf.

Vendus un euro pièce - environ deux fois plus cher qu'un oeuf bio classique -, les oeufs Poulehouse financent non seulement le confort des poules retraitées à Coussac-Bonneval mais aussi toute la partie recherche et développement de l'entreprise.

"A terme, notre projet est que des agriculteurs bio s'installent sur le même modèle et gardent les poules âgées chez eux, car nous aurons prouvé qu'au prix de l'oeuf éthique que nous proposons le business model fonctionne", résume Fabien.

Selon cet entrepreneur parisien, "une vingtaine d'agriculteurs souhaitent même rejoindre le réseau, mais pour l'instant nous n'avons pas assez de débouchés."

Depuis la commercialisation des premières boîtes en septembre 2017, 400.000 oeufs ont déjà été écoulés dans 300 points de vente, supermarchés bio (Biocoop, Naturalia) ou conventionnels (Franprix, Monoprix et bientôt Carrefour).

Cet automne, Poulehouse prévoit d'accueillir 3.000 gallinacées supplémentaires dans sa ferme de Coussac-Bonneval, capable d'héberger jusqu'à 18.000 pensionnaires au total.

Et pour les futures retraitées, une levée de fonds est en cours sur une plateforme de financement participatif dédiée aux placements innovants (myoptions.co) pour réunir 100.000 euros et construire de nouveaux hangars.

Outre une sensibilisation du public au sort des poules, la ferme limousine sera également dédiée à la recherche, avec pour objectif de réunir des données sur la mortalité, la productivité et l'état sanitaire des poules au-delà des 18 mois fatidiques. Un tâche dévolue à la scientifique de l'équipe, Elodie Pellegrain, en coordination avec un vétérinaire homéopathe.

Dimanche 15 Avril 2018 - 07:23

afp




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