Atlasinfo.fr: l'essentiel de l'actualité de la France et du Maghreb
Rubriques
Atlasinfo.fr Atlasinfo.fr

atlasinfo.fr
 








#BalanceTonPorc : Khadijatou Mahmoud dénonce son viol par le chef du Polisario, Brahim Ghali


Dimanche 22 Octobre 2017 modifié le Mardi 24 Octobre 2017 - 09:08

Par Hasna Daoudi




Sous le hashtag «balance ton porc», lancé dans le sillage de l'affaire Harvey Weinstein, de nombreuses femmes victimes de harcèlement sexuel et d'agression sexuelle ont décidé de briser l'omerta et de témoigner. Khadijatou Mahmoud a décidé, elle aussi, de témoigner à visage découvert pour dénoncer son viol par l’actuel "président" du Front Polisario, Brahim Ghali, ainsi que les agressions sexuelles dont sont victimes les femmes sahraouies dans les camps de Tindouf en territoire algérien.

Lors d’une conférence sur les violations des droits de l’homme commis par le Polisario, organisée samedi à Paris par AIDE Fédération, une ONG d’action et d'aide humanitaire, Khadijatou Mahmoud a courageusement pris la parole pour raconter son calvaire et son combat après avoir dénoncé son viol par Brahim Ghali devant les tribunaux espagnols.

Silhouette frêle, voix chevrotante, la jeune femme raconte son agression sexuelle et celles de bien d’autres femmes sahraouies des camps de Tindouf. « Quand on est violé. La famille choisit de se taire par peur des représailles, par honte. Mais si par malheur la femme tombe enceinte, elle est tout de suite jetée en prison jusqu’à son accouchement », s'insurge-t-elle. « Moi, j’ai décidé de dénoncer mon viol malgré l’opposition de ma famille », poursuit Khadijatou, qui vit actuellement à Séville en Espagne où elle a déposé plainte en 2013 devant l’Audience nationale, la plus haute juridiction pénale en Espagne.

Son calvaire commence en 2010. Travaillant comme traductrice au cabinet du "premier ministre" du Polisario, elle est désignée comme accompagnatrice d’une ONG italienne lors d’un « Sahara Marathon » à Tindouf. Pour la remercier, l’ONG l’invite en Italie. Partie chercher son visa au consulat d'Italie à Alger, Khadijatou devait d’abord passer par l'« ambassade » du Polisario à Alger pour obtenir une autorisation de sortie.

« Je me présente à 9 heures du matin mais on me fixe un rendez-vous pour 19:00. J’arrive avec une amie que le concierge refoule à la porte », raconte-t-elle. « Il n’y avait personne. Je passe directement au bureau de Brahim Ghali. Je présente mes documents qu’il met de côté, et commence tout de suite à me toucher en répétant +laisse-moi faire après je te donne le visa, de l’argent. Tout ce que tu veux+. Je crie, je me débats », poursuit la jeune femme les larmes aux yeux, avant d’évoquer son viol d’une voix tremblante. « Il me viole avec une telle brutalité que j’ai commencé à saigner abondamment. Il me jette une Melhfa (habit traditionnel de la femme sahraouie sous forme d’un large bout de tissu qui enveloppe le corps, ndlr). La mienne était souillée ».

"Briser la loi du silence dans les camps de Tindouf"

« J’ai compris par la suite que tout était préparé et qu’il avait l’habitude d’abuser des filles des camps de passage à Alger », dit-elle en colère, dénonçant la complicité de l'Algérie. "Les hauts responsables algériens sont responsables. Ils savent tout ce qui se passe dans les camps de Tindouf qui sont sous leur autorité. C'est eux qui soutiennent le Polisario et ses exactions."

Bouleversée et en larmes, Khadijatou retrouve son amie devant la porte. Elle sera son témoin plus tard. « J’appelle ma mère au téléphone. Elle m’intime l’ordre de me taire et de régler cela en famille », se remémore la jeune femme avec douleur. Chose qu’elle refuse. Avec le soutien et l’aide de son frère Brahim qui venait de rentrer de Cuba, elle parvient à partir en Espagne en 2013.

« J’ai été accueillie par une famille espagnole que je connaissais depuis 1997. C’était une nouvelle naissance pour moi. J’ai été complètement perdue. J’ai été brisée. Mais J’ai été consolée, épaulée et soutenue par ma nouvelle famille », ajoute-t-elle.

Khadijatou Mahmoud décide alors de porter plainte contre son agresseur, Brahim Ghali, devant l’Audience nationale, la plus haute juridiction pénale en Espagne. Mais elle ne s’arrête pas là. Elle témoigne devant les Nations unies et d’autres tribunes internationales.

« Je l’ai fait pour dénoncer mon violeur et pour encourager les autres femmes de faire de même. Je ne suis pas la seule à avoir été violée. Il faut briser la loi du silence qui règne dans les camps de Tindouf», lance-t-elle dans un sanglot avant de quitter la salle.

Outre la plainte de Khadijatou Mahmoud pour viol, Brahim Ghali est également visé par une plainte pour génocide et actes de torture, déposée en 2012 par l'Association sahraouie de défense des droits de l'homme (ASADEH), basée à Barcelone.

En novembre 2016, le magistrat de l'Audience nationale, José de la Mata, avait émis un mandat de ramener à l’encontre du chef du Polisario, qui devait participer à une conférence de soutien aux séparatistes du Polisario à Barcelone. Brahim Ghali avait alors annulé son déplacement.

Au total, ils sont 28 responsable du Polisario, dont Brahim Ghali, à être poursuivis en Espagne pour crimes, assassinats, disparitions forcées et actes de torture.


Dimanche 22 Octobre 2017 - 14:17






1.Posté par Rabbaâ le 22/10/2017 19:58 | Alerter
Utilisez le formulaire ci-dessous pour envoyer une alerte au responsable du site concernant ce commentaire :
Annuler
Comme ça on viole en toute impunité sous la parapluie algérien et du tonton boutef . Honte à vous tous, le Polisario et vos protecteurs algériens. on séquestre une jeune fille dans son buraeu et on la viole tranquilement. Après on lui jette une melhfa pour cacher son crime. que font les juges espagnols encore ? qu'attendent-ils pour l'arrêter ?

2.Posté par BIMO le 22/10/2017 20:15 | Alerter
Utilisez le formulaire ci-dessous pour envoyer une alerte au responsable du site concernant ce commentaire :
Annuler
BANDE DE VIOLEURS . TFOU

3.Posté par Muriel Paz le 22/10/2017 20:25 | Alerter
Utilisez le formulaire ci-dessous pour envoyer une alerte au responsable du site concernant ce commentaire :
Annuler
@rabbaaa je suis d'accord avec vous. Les femmes ne doivent plus se taire sur leurs agresseurs. Cette jeune a été violée dans une représentation diplomatique. les faits sont connus mais que fait alors la justice algérienne. La justice est pour protéger pas pour camoufler les viols et autres impunités.

4.Posté par Muriel Paz le 22/10/2017 20:28 | Alerter
Utilisez le formulaire ci-dessous pour envoyer une alerte au responsable du site concernant ce commentaire :
Annuler
@rabbaa Je suis d'accord avec vous

5.Posté par Cathy le 26/10/2017 18:49 | Alerter
Utilisez le formulaire ci-dessous pour envoyer une alerte au responsable du site concernant ce commentaire :
Annuler
Que fera la justice espagnole ? les agresseurs sexuels ne doivent plus jouir de l'impunité . cette jeune femme a été violée. Il faut que les juges espagnols fassent leur travail correctement . Elle dit avoir déjà déposé plainte. Q'attend l'Espagne ?

Nouveau commentaire :
Twitter