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Au Maroc, les médecins du privé manifestent contre l’exercice illégal de la médecine et réclament un Ordre dédié


Mercredi 10 Janvier 2018 modifié le Jeudi 11 Janvier 2018 - 10:58

Narjis Rerhaye (A Rabat)




Au Maroc, les médecins du secteur libéral sont en colère et tiennent à le faire savoir. Pour ces blouses blanches, le tocsin de la mobilisation a sonné. Et l’organisation de leur sit in prévu le 19 janvier à 10 heures devant le ministère de la santé, à Rabat, va bon train. Plusieurs organisations syndicales, en plus des médecins non affiliés, ont rejoint le syndicat national des médecins du secteur libéral qui a lancé l’appel à la mobilisation devant le département de la santé. L’objectif est affiché haut et fort : les médecins du secteur libéral sont décidés à faire entendre leur voix et, surtout, leurs revendications.

Depuis plusieurs semaines, le tableau noir des doléances des médecins marocains exerçant dans le secteur privé est au centre des réunions du syndicat national des médecins du secteur libéral. C’est après avoir épuisé tous les recours, déposé une dizaine de mémorandums y compris à la primature, à l’adresse du chef de gouvernement, rencontré les ministres de tutelle –quand ils étaient encore en fonction- que les blouses blanches du secteur libéral ont décidé d’investir l’espace public et de sortir manifester. Vendredi 14 janvier 2018, ils battront le pavé pour dire non à l’exercice illégal de la médecine à travers le temps plein aménagé, à l’injustice fiscale, à l’élection par scrutin universel des membres du conseil de l’ordre et à la criminalisation de l’erreur médicale.

Pour le vice président du syndicat national des médecins du secteur libéral, la coupe est pleine. « Nos attentes sont multiples et procèdent d’une volonté de rendre justice à tous ces médecins, à tous ces spécialistes qui exercent la médecine libérale souvent dans des zones où l’Etat est défaillant voire absent. Parmi nos revendications, l’exercice illégal de la médecine et le temps plein aménagé, TPA, figurent en bonne place. Aucun ministre n’a encore réussi à faire respecter la loi tout en gérant cette question de manière claire et transparente en laissant l’ordre des médecins faire son travail. Nous réclamons également la révision de la tarification nationale de référence. La nomenclature est bloquée depuis 2006 avec une consultation fixée à 80 dhs pour le médecin généraliste et 150 dhs pour le spécialiste. A cela, il convient d’ajouter la justice fiscale que nous demandons en tant que médecins du secteur libéral. Nous sommes imposés comme des commerçants sans en avoir les mêmes droits alors que nous sommes considérés comme personne physique. Nous n’avons ni retraite, ni assurance maladie et le taux d’imposition pour les médecins libéraux est de 38% alors que pour la SARL, il est de l’ordre de 10% », a déclaré à « Atlasinfo » Dr Abderrahim Chab, le vice président du syndicat national des médecins du secteur libéral.

Reste enfin l’ordre des médecins dont le mandat arrive à terme dans quelques mois. L’élection de nouveaux membres devrait en principe avoir lieu en juin prochain. Les médecins du secteur libéral sont unanimes à réclamer un ordre dédié, regroupant les blouses blanches du privé. « C’est la raison pour laquelle le syndicat national des médecins du secteur libéral rejettent le vote universel des membres du conseil de l’ordre. C’est un tel vote qui consacre la suprématie des médecins de la santé publique au sein de l’ordre. Dans ce sens, nous demandons la création d’un ordre des médecins du secteur libéral », conclut Dr Chab

Mercredi 10 Janvier 2018 - 15:34





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