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Assemblée nationale: un colloque tire la sonnette d'alarme sur les connexions du Polisario avec les groupe extrémistes dans l'espace sahélo-saharien


Vendredi 23 Novembre 2018 modifié le Mardi 27 Novembre 2018 - 07:54




Assemblée nationale: un colloque tire la sonnette d'alarme sur les connexions du Polisario avec les groupe extrémistes dans l'espace sahélo-saharien
Jeudi dernier, la salle Victor Hugo de l'Assemblée nationale a abrité un colloque consacré à l’espace Sahélo-Saharien et ses enjeux sécuritaires sur la scène internationale, en présence notamment d’experts en géopolitique et de spécialistes de la question. L'occasion de tirer la sonnette d'alarme sur les connexions du Polisario avec les groupe extrémistes dans cette région trouble du monde.

L’événement, à initiative du président de l’association Maroc Devoirs & Droits Karim Britel, a réuni un public composé du monde de la politique, de la diplomatie et de représentants de la société civile, et avait pour objectif d’alerter sur les enjeux majeurs de la bande sahélo-saharienne considérée comme sensible et à risques par la communauté internationale.

A travers leurs différentes interventions, ces experts ont expliqué comment cet espace est devenu au fil du temps une zone de non-droit qui a vu se développer une véritable multinationale du terrorisme alimentée par le business du crime, l’industrie du kidnapping, le narcotrafic, la traite des êtres humains et les trafics en tout genre.

Les enjeux de la crise humanitaire, sanitaire et sécuritaire dans cette partie du monde interpellent sur la nécessité d’une vigilance toute particulière, ont-ils souligné, relevant les énormes défis qui attendent la communauté internationale dans cette région en termes d’impacts associés aussi bien pour le continent africain que pour l’Europe.

La question sahélo-saharienne et son lot de déstabilisation et d'insécurité est une problématique cruciale en raison de la prolifération des trafics en tous genres, a souligné M. Britel, indiquant que « drogue, armement et traite humaine constituent un danger non seulement pour l'Afrique, mais également pour l'Europe et particulièrement la France attaquée de plein fouet par le terrorisme ».

« Le Sahel, une région compliquée de par son immensité, souffre d'un vide politique. Une situation qui a favorisé la prolifération de crimes et de trafics de tous genres et donné lieu à des connexions dangereuses entre bandes de trafiquants et groupes terroristes et extrémistes », a-t-il poursuivi, notant que cette zone est devenue un terrain fertile pour Daech.

Pour les intervenants notamment Emmanuel Dupuy, président de l’Institut Prospective et sécurité de l’Europe, et Brahim Rachidi, avocat au barreau de Casablanca, Rodolphe Andrieu, expert en sécurité et géopolitique, et Youssef Chiheb, professeur à l’université Paris VII-Sorbonne, la zone du Sahel et du Sahara est devenue une zone de non droit et un passage privilégié pour de nombreux crimes, regrettant au passage l'absence d'une stratégie antiterroriste sur le continent africain.

Ils ont dans ce contexte tiré la sonnette d'alarme sur le danger de la régionalisation de la lutte contre le terrorisme, qui, au lieu de l'éradiquer ne fait que favoriser ''un fusionnement'' des groupes extrémistes.

A ce business du crime, s'ajoute un autre tout aussi crapuleux celui que les spécialistes appellent ''l'industrie du kidnapping''. En effet, ont souligné les intervenants, les enlèvements d'occidentaux dans ce No man's land alimente en financements les activités criminelles et celles de groupes extrémistes et séparatistes.

Connexion Mujao-Polisario

Les intervenants ont illustré leurs propos par la connexion entre le groupe Mujao et le Polisario, outre la complicité de ce groupe séparatiste dans le rapt d'otages occidentaux dans la région.

Ils ont également tiré la sonnette d'alarme sur la radicalisation des jeunes des camps de Tindouf qui, désespérés, sont de plus en plus séduits par l'idéologie extrémiste.

Ces jeunes, à la recherche d'une vie meilleure que celle à laquelle ils sont acculés dans les camps du désert, commencent d'abord à s'adonner à des trafics de tous genres (immigration, drogue, armes...), avant de tomber entre les mains des groupes terroristes qui vont les endoctriner facilement en raison de leur fragilité psychologique et sociale.

C'est cette même fragilité psychologique qui est mise à profit dans l'endoctrinement des jeunes en crise identitaire des banlieues en France. Ces jeunes sont devenues la proie facile des groupes radicaux qui les manipulent et les utilisent pour commettre des attentats sur le sol français ou ailleurs en Europe, ont-ils souligné.

Certes, la lutte contre le terrorisme jihadiste est de longue haleine et nécessite une coordination entre les services sécuritaires des pays de la région ainsi qu'une volonté politique, ont souligné les intervenants avant d’appeler à la mutualisation des efforts pour faire face à l'insécurité dans la région sahélo-saharienne tout en s'interrogeant sur la volonté de l'Algérie pour pacifier la région en adhérant à la résolution du conflit du Sahara.

En guise de conclusion, les conférenciers ont souligné l'importance du développement de la zone sahélo-saharienne. Car c'est bel et bien ''le sous-développement qui fait le lit du terrorisme'', ont-ils averti.

Témoignage de Maria Sandra Mariani

Par ailleurs, le colloque a été marqué par le témoignage d'une ex-otage d'Al-Qaida au Maghreb Islamique (Aqmi), l'Italienne, Maria Sandra Mariani, enlevée en 2011 à Djanet en Algérie par un groupe armé comptant parmi ses membres un activiste du Polisario.

Face au public, Sandra Mariani a raconté l'enfer qu'elle a vécu et le calvaire qu'elle a enduré durant 440 jours de captivité, affirmant qu'elle passait ses jours avec la hantise d'être exécutée à tout moment. Elle a confié également la difficulté de renouer avec la vie libre : ''ma vie n'est et ne sera jamais comme auparavant. Certes, j'ai repris ma vie, mais les séquelles demeurent à jamais'', a-t-elle confié.

La conférence a été précédée par la projection du documentaire « Sahel et Sahara Connexions » de son réalisateur Hassan El Bouharrouti, qui retrace l’histoire des mouvements terroristes et extrémistes dans l’espace Sahélo-Sahélien et montre comment l’Europe est directement affectée.

Vendredi 23 Novembre 2018 - 19:15





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