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Algérie: Bouteflika soupçonné de vouloir se présenter pour un 5e mandat


Vendredi 18 Janvier 2019 modifié le Samedi 19 Janvier 2019 - 16:07




Détenteur du record de longévité à la tête de l'État algérien, "Boutef", comme l'appellent familièrement ses compatriotes, a été élu pour la première fois chef de l'Etat en 1999.

L'homme, qui n'apparaît plus que rarement en public depuis un accident vasculaire cérébral (AVC) en 2013, n'a toujours pas annoncé s'il serait candidat à sa réélection, bien que ses partisans l'appellent à se représenter depuis plusieurs mois.

"Pour peu que Dieu lui prête vie, M. Bouteflika briguera à coup sûr un 5e mandat", assurait néanmoins l'an dernier à l'AFP Mohamed Hennad, ancien professeur de sciences politiques à l'université d'Alger, résumant l'opinion de nombreux observateurs.

Celui qui fut à 26 ans le plus jeune ministre des Affaires étrangères du monde, apparaît désormais mutique et tassé dans un fauteuil roulant depuis son AVC.

Un contraste saisissant avec le début de son mandat en 1999, où il s'affiche en orateur volubile et en dirigeant hyperactif sillonnant son pays et le monde.

"Je suis l'Algérie toute entière, je suis l'incarnation du peuple algérien", lance-t-il à son arrivée au pouvoir.

Né le 2 mars 1937 à Oujda (Maroc), dans une famille originaire de Tlemcen, dans le nord-ouest algérien, Abdelaziz Bouteflika rejoint à 19 ans, l'Armée de libération nationale (ALN) qui lutte contre la France, alors puissance coloniale en Algérie.

A l'indépendance du pays en 1962, il devient, à seulement 25 ans, ministre des Sports et du Tourisme, avant d'hériter un an plus tard du portefeuille convoité de la diplomatie, qu'il conserve jusqu'en 1979.

En 1965, il soutient le coup d'Etat de Houari Boumédiène --alors ministre de la Défense et dont il est proche-- qui dépose le président Ahmed Ben Bella et s'empare du pouvoir.

S'affirmant comme le dauphin de Boumédiène, qui décède en 1978, il est pourtant écarté de la succession par l'armée, puis progressivement de la scène politique.



Après un exil à Dubaï et Genève, M. Bouteflika, imposé par l'armée, remporte la présidentielle d'avril 1999, seul en lice après le retrait de ses six adversaires qui dénoncent des fraudes.

L'Algérie est en pleine guerre civile depuis 1992 contre la guérilla islamiste --un conflit qui fera officiellement quelque 200.000 morts en dix ans-- et le nouveau président s'emploie à rétablir la paix.

En septembre 1999, l'Algérie vote massivement "oui" au référendum sur la loi qui amnistie les islamistes armés n'ayant pas commis de crimes de sang et de viols qui acceptent de déposer les armes. S'ensuit la reddition de milliers d'islamistes, qui se poursuivra en 2005, avec un nouveau référendum qui amnistie aussi les actes des forces de sécurité durant la "décennie noire".

Accusé par ses détracteurs d'être une marionnette de l'armée, M. Bouteflika travaille à desserrer l'emprise de cette puissante institution sur le pouvoir, promettant qu'il ne sera pas un "trois quarts de président".

Il est réélu à chaque fois au premier tour en 2004 (85% des voix) puis en 2009 (90%), après la suppression de la limitation constitutionnelle des mandats présidentiels à deux.

En 2011, alors que le Printemps arabe balaie plusieurs dirigeants de la région, il achète la paix sociale grâce à la manne pétrolière, dont les cours sont au plus haut.



Son hospitalisation durant trois mois à Paris en 2013, après son AVC aux importantes séquelles, fait naître le doute sur sa capacité à gouverner. Mais contre toute attente et malgré des oppositions affichées jusqu'au sein de l'appareil sécuritaire, il brigue et conquiert (81,5% des voix) un 4e mandat en 2014.

Affaibli physiquement, cet homme invariablement vêtu d'un costume trois-pièces-cravate, n'en renforce pas moins ses pouvoirs en dissolvant début 2016 le tout-puissant Département du Renseignement et de la sécurité (DRS, services secrets), après avoir congédié son chef qui paraissait jadis indéboulonnable, le général Mohamed Médiène dit Toufik.

Mais son 4e mandat se déroule sur fond de dégringolade des prix de l'or noir que l'économie algérienne, très dépendante des hydrocarbures, subit de plein fouet. Et l'incertitude autour de sa volonté de briguer un 5e mandat et de son éventuelle succession paralyse le pays.

Pour le politologue Rachid Tlemçani, M. Bouteflika "aurait dû quitter ses fonctions à la fin de son second mandat après avoir réalisé la réconciliation nationale et conquis le coeur d'une grande partie de la population".
Vendredi 18 Janvier 2019 - 17:02

Atlasinfo (AFP)




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