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Une famille française capturée à Mossoul, un casse-tête diplomatique et judiciaire pour Paris


Mardi 18 Juillet 2017 modifié le Mercredi 19 Juillet 2017 - 02:09

Partie en 2015 avec son compagnon pour faire le djihad en Irak, une Française de 27 ans originaire de Seine-et-Marne a été capturée avec ses quatre enfants par l'armée irakienne à Mossoul, le 8 juillet. Un casse-tête diplomatique et judiciaire pour Paris.




Une famille française capturée à Mossoul, un casse-tête diplomatique et judiciaire pour Paris
Une jeune femme de 27 ans et ses quatre enfants, âgés de cinq mois à six ans, ont été capturés à Mossoul par l'armée irakienne le 8 juillet, rapporte France Info. D'après William Bourdon, son avocat, elle aurait été interceptée avec ses enfants alors qu'elle se cachait dans la vieille ville, prisonnière des combats pour la reprise du bastion djihadiste en Irak, qui finira par tomber le lendemain. Son compagnon, combattant de l'Etat islamique, reste introuvable.

Lors de son interrogatoire filmé en vidéo, elle assure : « Mon mari ne voulait pas être un combattant. (…) Il ne faisait rien dans l’EI. » Sur sa disparition, elle déclare : « Il était sorti chercher de l’eau [quelques heures plus tôt] et n’est jamais revenu. »

Depuis le début de la bataille de Mossoul, en octobre 2016, peu de djihadistes étrangers, pas plus que leurs familles, ont été capturés vivants. Le profil exceptionnel de cette famille décide le général Falah Al-Obeïdi, des forces antiterroristes, à la garder une nuit et un jour, dans sa maison en lisière de Mossoul, pour l’interroger avant son transfert aux officiers du renseignement de son unité.

Dans les deux téléphones que M. avait sur elle, celui de son mari et le sien, de nombreux contacts ont été retrouvés, en plus de photos et d’une carte de la bataille mise à jour dans l’après-midi du 8 juillet.

"Si les autorités considéraient après avoir fait un certain nombre d'interrogatoires (...) qu'il n'y a pas lieu de la garder, son sort serait celui de tous ceux qui reviennent en France. Elle passerait forcément par la case de la section antiterroriste de Paris, et vraisemblablement, elle serait mise en examen", explique Me Bourdon. "Mais on n'en est pas là", souffle l'avocat, qui reconnaît "la difficulté de la situation, y compris pour les autorités françaises", qui risquent de faire face à des situations similaires à mesure que le territoire de l'EI se réduit.

"L'urgent pour nous, c'est le sort des quatre gamins, qui sont, on le rappelle, en très bas âge", martèle l'avocat. "De ce que nous savons, ils sont très bien traités", affirme l'avocat, précisant que les mineurs, dont le plus jeune est né en Irak, sont "soignés et nourris" et connaissent "un début de retour vers la vie".

"Ce qui nous semble le bon sens, c'est que ces quatre enfants et leur mère reviennent vers la France, parce qu'il est normal que cette jeune femme s'explique devant un juge, et un juge français paraît plus approprié qu'un juge irakien. Tout cela peut se résoudre d'un coup de téléphone strictement politique entre Paris et Bagdad", a-t-t-il ajouté.

La porte-parole du ministère des Affaires étrangères a fait savoir, le 13 juillet, que la justice irakienne avait toute autorité pour poursuivre les Français impliqués dans des organisations terroristes présentes en Irak. Reste posée la question du sort des enfants de djihadistes.


Mardi 18 Juillet 2017 - 19:11





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