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Tunisie: les anti-islamistes victorieux mais sans majorité avant la présidentielle


Jeudi 30 Octobre 2014 modifié le Jeudi 30 Octobre 2014 - 17:44




es résultats diffusés jeudi consacrent une nette victoire du parti anti-islamiste Nidaa Tounès aux législatives en Tunisie, à quelques semaines de la présidentielle, mais aucune majorité claire pour diriger le pays référence du printemps arabe n'a émergé.

Nidaa Tounès, formation hétéroclite réunissant aussi bien des personnalités de gauche, de centre-droit que d'anciens dignitaires du régime de Zine El Abidine Ben Ali, s'est d'ailleurs défendu de tout "triomphalisme", d'autant qu'elle a les yeux rivés sur la présidentielle du 23 novembre, son chef, Béji Caïd Essebsi, faisant figure de favori face à 26 candidats, dont le président Moncef Marzouki.

"La question du gouvernement sera tranchée après la présidentielle", martèle sans cesse Mohsen Marzouk, un des chefs du parti, au sujet de ce scrutin qui ne s'achèvera que fin décembre en cas de deuxième tour.

Si avec 85 députés Nidaa Tounès devance les islamistes d'Ennahda de 16 sièges, il lui en manque 24 pour atteindre la majorité absolue de 109 élus nécessaire pour former un gouvernement, selon les résultats diffusés dans la nuit de mercredi à jeudi par l'instance ayant organisé les élections (Isie).

'Pas de chèque en blanc'

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Aucune alliance naturelle ne s'impose, ni avec le 3e du scrutin, l'inclassable Union patriotique libre (UPL) du richissime et nébuleux patron de l'équipe de foot Club Africain, Slim Riahi (16 sièges), ni avec le 4e, la coalition de gauche Front populaire (15 sièges).

Les 32 sièges restants se partagent entre 15 partis, si bien qu'une grande coalition Nidaa-Ennahda fait l'objet de nombreuses spéculations.

"La partie n'est pas encore jouée (...) la configuration de l'assemblée du peuple ne se dessinera pas avec la facilité qu'on pourrait croire", note le quotidien Le Temps.

Le journal La Presse estime que le résultat des législatives du 26 octobre n'est pas "un chèque en blanc (...) les Tunisiens (ayant) voté pour qu'on leur trouve de solutions à leurs problèmes, sans perte de temps, sans s'embourber".

Nombre de Tunisiens se disent désabusés, près de quatre ans après la révolution, le pays étant toujours miné par de profonds problèmes économiques et confronté à l'émergence de groupes jihadistes.

Le pays a aussi été paralysé pendant l'essentiel de l'année 2013 par une profonde crise politique provoquée par l'assassinat de deux opposants de gauche à Ennahda, alors au pouvoir. Ces tensions ont pesé sur la croissance de l'économie, alors que la pauvreté et le chômage étaient au coeur des causes de la révolution.

Ce n'est qu'après de longues tractations qu'une Constitution a été adoptée début 2014 et que les islamistes ont accepté de passer la main à un cabinet apolitique chargé d'organiser les élections de la fin d'année.

- Espoirs économiques -

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Malgré cette transition chaotique, la communauté internationale n'a eu de cesse de saluer les progrès de la Tunisie, dont le parcours tranche avec le chaos régnant chez son voisin libyen ou encore la répression sans merci des islamistes après la reprise en main de l'Egypte par l'armée.

Les législatives du 26 octobre consacrent par ailleurs le deuxième scrutin libre de l'histoire du pays, après l'élection de la Constituante en octobre 2011 remportée par Ennahda.

Dans ce contexte, la Banque centrale tunisienne a estimé jeudi que la réussite des élections du 26 octobre allait contribuer à remettre en selle l'économie.

"Le passage avec succès de cette étape importante du processus transitionnel devrait (...) envoyer des messages rassurants aux opérateurs économiques, notamment les investisseurs locaux et étrangers et contribuer, ainsi, à la réussite de la phase décisive de transition sur le plan économique", a-t-elle souligné.

Jeudi 30 Octobre 2014 - 10:48

AFP




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