Sarkozy: « Réallouez les moyens mis sur moi sur les terroristes »

Nicolas Sarkozy, dont les téléphones ont été géolocalisés en 2013 dans le cadre de l’enquête sur l’affaire Air cocaïne, a estimé mercredi qu’"on pourrait peut-être allouer les moyens" mis sur lui à la surveillance des "terroristes" ou de ceux qui "mettent en cause la sécurité des Français".

"J’ai découvert que j’avais été géolocalisé, c’est-à-dire que par satellite, on regardait où je m’étais trouvé (…) que mes téléphones avaient été écoutés, que mes factures de téléphone avaient été étudiées, qu’on a comparé les téléphones que j’appelais avec les téléphones appelés par des trafiquants de drogue. Pourquoi se donner tant de mal? Je suis suivi toute la journée par des journalistes, on peut me pister assez facilement", a affirmé l’ex-chef de l’Etat sur RTL.

Le Premier ministre "Manuel Valls disait – d’ailleurs avec raison – s’agissant des gens fichés S, suspectés de terrorisme, qu’on n’a pas assez de moyens" et qu’"on on peut pas surveiller tout le monde. Peut-être qu’on pourrait réallouer une partie des policiers et des moyens considérables mis sur moi sur les terroristes ou sur les gens qui mettent en cause la sécurité des Français", a-t-il ajouté. "Je ne mets en cause personne. Je veux simplement savoir (si) les procédures ont été respectées et je veux comprendre pourquoi le contribuable doit payer (…) uniquement pour me surveiller parce que je représenterais un danger pour la République", a poursuivi le président du parti Les Républicains.

Selon M. Sarkozy, "si ca s’était passé dans une autre démocratie, le scandale que le chef de l’opposition soit géolocalisé, que ses téléphones soient surveillés, qu’il soit écouté, qu’il y ait un rapport de tout ça qui atterrisse naturellement sur le bureau de la garde des Sceaux, qui peut en douter?" "Des questions seront posées. Nous verrons la suite à donner en fonction des réponses qui seront apportées", a-t-il réaffirmé.

Selon des informations publiées dimanche dans le JDD, le téléphone de l’ancien chef de l’État a été géolocalisé et les factures détaillées de ses communications demandées par la juge marseillaise chargée de l’enquête sur un vaste trafic de drogue transatlantique. Manuel Valls a assuré mardi à l’Assemblée nationale que le ministère de la Justice n’avait pas été informé de cette géolocalisation.

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