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Printemps arabes: le Maroc donne l’exemple en matière de modernisation et de démocratisation (Laurent Fabius)


Mercredi 27 Juin 2012 modifié le Jeudi 28 Juin 2012 - 09:56




Laurent Fabius à Sciences Po Paris @Atlasinfo
Laurent Fabius à Sciences Po Paris @Atlasinfo
Le chef de la diplomatie française Laurent Fabius a estimé mercredi que si les changements portés par les printemps arabes sont "spectaculaires, l’avenir apparaît donc fragile et incertain".

"En France et en Europe, cette incertitude provoque, dans l’opinion, des sentiments mélangés. L’aspiration démocratique inspire une vague de sympathie ; mais les risques d’instabilité politique, leurs conséquences économiques et la montée des intolérances suscitent pour le moins des interrogations", a-t-il souligné dans son intervention en clôture du Colloque international " Le monde arabe à l’âge des révolutions", organisé à Sciences Po Paris.
"Il y a à l’évidence un « nouveau monde arabe » et la France doit se situer par rapport à lui", a poursuivi le ministre des Affaires étrangères.
Pour Laurent Fabius, "Ce vent de liberté a rendu notre voisinage arabe et méditerranéen souvent méconnaissable, le paysage dessiné par le ou les « printemps arabes » frappant par ses contrastes et ses incertitudes", notant qu'" Au-delà des différences traditionnelles – le Maghreb n’est pas le Moyen-Orient, lequel n’est pas la péninsule arabique -, une nouvelle cartographie se dessine."

M. Fabius a estimé qu'en Tunisie, en Egypte, en Libye, au Yémen, les régimes sont tombés et les dictateurs chassés grâce à une alliance inédite entre la jeunesse, les classes moyennes et les militaires. "Pour ces pays, après la tempête, l’enjeu est maintenant de bâtir un ordre politique, économique et social plus juste et plus stable."
Dans d’autres pays, a relevé le ministre, la résonance du printemps arabe a conduit les autorités à un mouvement de modernisation et de démocratisation. "Le Maroc donne l’exemple de cette voie, que la Jordanie tend plus ou moins à suivre. En Algérie, les attentes de la population sont voisines de celles du reste du monde arabe, et on doit espérer que le nouveau parlement mettra rapidement en œuvre les réformes attendues", a-t-il dit.
Quant à la Libye, Laurent Fabius a indiqué que la "situation reste instable, et le gouvernement peine à s’affirmer".

Pour le ministre, la France partage avec les pays du Maghreb une responsabilité particulière. "Par notre proximité, nous devons être avec eux des acteurs de la construction d’un espace de coopération et d’échanges entre les deux rives. Mais il est aussi essentiel que l’Europe dans son entier s’implique dans le partenariat avec le monde arabe", a-t-il poursuivi, ajoutant que la France portera avec conviction cette priorité méditerranéenne auprès de ses partenaires de l’Union Européenne, selon l’esprit original de la conférence de Barcelone de 1995.
"Pour y travailler, nous devons aussi être des acteurs déterminés de l’intégration régionale car nous savons, en tant qu’Européens, les bénéfices que la paix peut en tirer. L’Union du Maghreb Arabe peut retrouver vie, à la faveur d’un réchauffement algéro-marocain et d’un fort volontarisme tunisien", a dit le ministre.

Quant l’Union pour la Méditerranée, le ministre a rappelé ses objectifs de qui partait d’une "ambition généreuse, mais maladroite". "Il n’était probablement pas réaliste de vouloir inclure les deux rives de la Méditerranée dans un même ensemble rigide, en prétendant passer outre aux divergences, aux différences et même aux conflits qui peuvent exister sur les deux rives".
"Le choix de MM. Moubarak et Ben Ali comme arcs-boutants ne traduisait pas une fulgurante clairvoyance. L’ambition de l’UpM n’a pas survécu aux premières difficultés. Mais il nous faut utiliser son secrétariat, qui a montré son utilité, et gérer des projets concrets de coopération", a-t-il souhaité.

Plutôt que de rouvrir dès maintenant le dossier institutionnel, le ministre croit plutôt à la méthode des coopérations « à géométrie variable », susceptibles de regrouper des pays volontaires pour des projets précis. "Nous avons besoin de formats différenciés pour répondre à la diversité des situations et mettre en œuvre sans attendre des coopérations concrètes. Nous devrons veiller à ce que soient tenues les promesses du Partenariat de Deauville : celle de soutenir financièrement le développement économique et social des pays en transition".



Mercredi 27 Juin 2012 - 19:48

Par Hasna Daoudi




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