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Marée humaine à Paris pour une marche historique contre le terrorisme


Dimanche 11 Janvier 2015 modifié le Dimanche 11 Janvier 2015 - 18:59

La place de la République à Paris, "capitale du monde" contre le terrorisme et pour la liberté, était bondée dimanche pour une marche historique après les attentats jihadistes qui ont bouleversé la France et pris une dimension planétaire incarnée par la participation d'une cinquantaine de dirigeants étrangers.




"Paris est aujourd'hui la capitale du monde. Le pays tout entier va se lever vers ce qu'il a de meilleur", a proclamé le président français François Hollande peu avant de rejoindre les manifestants.

Alors que plus d'un million de personnes étaient attendues sous un froid soleil d'hiver, des milliers de manifestants entonnaient à la République l'hymne national français, applaudissaient et scandaient "Charlie!", et "Charlie, Liberté!", mais aussi "Vive la France", en frappant dans leurs mains.

"C'est la première fois de ma vie que je manifeste. Si on ne va pas manifester, on est des citoyens de seconde zone! On ne peut pas rester les bras croisés. Il faut montrer qu'on est solidaire, qu'on place une frontière entre la barbarie et l'obscurantisme et les valeurs que nous avons depuis des siècles", estimait Olivier Jabas, 49 ans, antiquaire parisien.



- Sommet contre l'extrémisme en février -

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Trois attaques jihadistes sans précédent en France ont fait cette semaine dix-sept morts, dont douze au siège du journal satirique Charlie Hebdo mercredi au cri d'"Allah Akbar", une policière dans une fusillade jeudi, et quatre otages dans un supermarché casher vendredi.

Les trois tueurs français se revendiquant d'Al-Qaïda et du groupe Etat islamique ont été abattus vendredi par les forces de l'ordre lors d'interventions simultanées.

A l'issue d'une conférence sur le terrorisme tenue en urgence à Paris, les ministres de l'Intérieur européens et américain ont appelé à renforcer les contrôles des mouvements aux frontières extérieures de l'Union européenne. Un sommet pour combattre l'extrémisme se tiendra le 18 février aux Etats-Unis, a annoncé le ministre américain de la Justice, Eric Holder

Fait sans précédent, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu et le président palestinien Mahmoud Abbas ont annoncé l'un et l'autre leur présence au côté du président François Hollande, de même que l'Allemande Angela Merkel, le Britannique David Cameron, le roi de Jordanie et plusieurs chefs d'Etat africains, dans une communion révélatrice de l'onde de choc provoquée par ces attentats.

Le cortège, familles des victimes en tête et sous haute protection policière avec des tireurs d'élite postés le long du parcours, devait s'étirer sur au moins deux tracés jusqu'à la Place de la Nation. Plus de 5.500 policiers ont été mobilisés dans Paris et sa banlieue.

Plus de 700.000 personnes avaient déjà manifesté samedi en province, et la mobilisation s'annonçait exceptionnelle à nouveau dimanche partout en France.

- 'Je suis juif' -

François Hollande a reçu dans la matinée les représentants de la communauté juive, durement éprouvée par la prise d'otages meurtrière dans le supermarché casher.

Le président, qui devait se rendre à la Grande synagogue de Paris après la marche, leur a promis une meilleure surveillance des écoles juives et synagogues, "si nécessaire par l'armée".

"Il est essentiel également pour nous que, parallèlement à +je suis Charlie+, (...) nous entendions de façon équivalente, +je suis policier+, +je suis juif+", a déclaré à la sortie de l'entretien Joel Merghi, président du Consistoire israélite de France.

Le slogan "Je suis Charlie" a été décliné en textes, dessins et chansons, en France et dans le monde dès mercredi, et des stylos brandis par les manifestants sont devenus le symbole de la défense de la liberté d'expression.

Fait inédit, une revue catholique et un site juif ont tous deux publié des dessins de Charlie Hebdo, qui tournent en dérision Jésus et le pape pour le premier, la Shoah et les Juifs pour le second, en signe de soutien.

L'attaque meurtrière contre l'hebdomadaire satirique a été menée par deux frères d'origine algérienne, Saïd et Chérif Kouachi, les deux autres par un jihadiste d'origine malienne, Amedy Coulibaly, lié aux deux premiers depuis un séjour en prison.

A l'initiative de François Hollande, la classe politique, de la gauche au pouvoir à l'opposition de droite, a affiché une "union nationale" face au terrorisme, toutefois entachée par une polémique sur l'éventuelle présence du parti d'extrême droite Front national.

- 'Pas d'amalgame' -

La famille du jihadiste Amedy Coulibaly, suspecté en outre de l'agression d'un joggeur mercredi, a condamné publiquement les attentats. "Nous ne partageons absolument pas ces idées extrêmes. Nous espérons qu'il n'y aura pas d'amalgame entre ces actes odieux et la religion musulmane", a-t-elle affirmé.

Un homme ressemblant à Coulibaly s'est réclamé du groupe Etat islamique et a affirmé avoir synchronisé ses actions avec les auteurs de l'attentat contre Charlie Hebdo, dans ce qui apparaît comme une vidéo posthume dimanche sur internet et qui n'a pas été authentifiée dans l'immédiat.

Depuis mercredi, Paris et sa région sont soumis à une alerte maximale contre le terrorisme, avec la mobilisation de milliers de policiers et gendarmes qui patrouillent dans les rues, les transports en commun et les principaux lieux publics et touristiques.

"La France n'en a pas terminé avec les menaces", a averti vendredi le président français, alors que le gouvernement a reconnu "des failles" dans la sécurité du pays engagé sur plusieurs théâtre d'opération contre les mouvements jihadistes.

Dans une vidéo diffusée le même jour, un responsable religieux d'Al-Qaïda dans la péninsule arabique (Aqpa), Harith al-Nadhari, a menacé de nouvelles attaques: "Vous ne serez pas en sécurité tant que vous combattrez Allah, Son messager et les croyants".
Dimanche 11 Janvier 2015 - 14:53

Avec AFP




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