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Lettre virulente de Bernard Debré à Moncef Marzouki


Mardi 3 Janvier 2012 modifié le Mardi 3 Janvier 2012 - 18:55




Lettre virulente de Bernard Debré à Moncef Marzouki
Monsieur le Président,

Nous avons eu le devoir et je dirai la joie de vous accueillir dans notre pays pendant que vous n’étiez pas « persona grata » dans le vôtre. Il est vrai que, pendant longtemps, la Tunisie a été dirigée par un potentat qui s’est largement servi sur les deniers de l’État. Il est vrai qu’il n’y avait pas de liberté en Tunisie. Le système policier était hypertrophié, les gens sur écoute, l’opposition muselée.

Vous avez pu, de la France, mener votre combat. J’imagine que vous avez pu regarder autour de vous dans notre pays ce qui se passait. Liberté religieuse aussi bien pour les catholiques, les juifs que les musulmans. Vous avez vu la tolérance qui régnait chez nous, État laïque acceptant toutes les religions à partir du moment où elles ne sont ni agressives, ni vindicatives, ni totalitaires. Nous avons plus de musulmans en France qu'il n'y en a en Tunisie !

Certes, quand le printemps arabe s’est développé en Tunisie, nous avons commis quelques erreurs. Du moins, la Ministre des Affaires étrangères a hésité et n’a pas vu la profondeur de ce mouvement, de cette aspiration à la liberté. A part elle, la totalité des Français était derrière le peuple tunisien pour son émancipation.

Voici maintenant que le système démocratique a été mis en place. Mais quelle ne fut pas ma surprise, Monsieur le Président, de vous entendre parler de colonialisme en évoquant l’action des Français comme si les maux qui traversaient la Tunisie étaient dus à l’attitude des Français une cinquantaine d'années auparavant, comme si le président Bourguiba, puis son successeur, le Président Ben Ali, étaient des « fantoches », pilotés par la France.

J’ai trouvé, mais beaucoup de mes concitoyens ont également la même opinion, qu’il était un peu trop facile de votre part d’accuser les Français, ficelles souvent utilisées pour minimiser les problèmes intérieurs et focaliser l’attention de vos concitoyens sur autre chose !

Mais là où véritablement la coupe est pleine, c’est quand, il y a quelques jours, vous avez dit aux Français de stopper leur islamophobie ! De quoi voulez-vous parler Monsieur le Président ? La France serait islamophobe alors que les mosquées se multiplient, l’État est laïc et garantit par là, la liberté de culte, alors que dans votre pays, une poussée de l’islamisme conduit les femmes à rentrer dans leur foyer, imposer progressivement la Burqa et, peut-être, prendre le coran, telle la Libye, comme base politique.

J’espère de tout mon cœur que la Tunisie n’évoluera pas vers ce système pour tomber dans un autre totalitarisme. Monsieur le Président, je dirais la même chose à propos de tous les intégrismes. Les pays auraient tout intérêt à disposer d'une législation laïque plutôt que de dépendre d’une seule religion pour leurs lois.

Monsieur le Président, que deviennent les chrétiens dans les pays arabes ? Ne voyez-vous pas qu’ils sont massacrés, leurs églises brûlées et que beaucoup sont forcés d’immigrer ? Alors, il est indispensable de surveiller vos propos !

La France - terre d’asile n’est pas une vaine expression. La Tunisie s’est libérée du carcan du totalitarisme mais comprenez bien qu’il ne faudrait pas qu’elle tombe de nouveau dans l’obscurité ou l’obscurantisme.



Pr. Bernard DEBRÉ
Ancien Ministre
Député de Paris (UMP)


Cette lettre ouverte a été publiée le lundi 2 janvier 2012 sur le site personnel de M. Debré.
Mardi 3 Janvier 2012 - 17:20






1.Posté par stt51 le 03/01/2012 18:00 | Alerter
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merci Monsieur Debré ,
les français ainsi que les tunisiens de la France ont pu élever au sommet de l' Etat tunisien Monsieur MARZOUKI qui ne sait plus sur quelle planète est entrain de réver , pas pour longtemps . Juste une année le temps que Ennahdha se serve de lui pour l'éffacer de la manière la plus humble et le ramener à son état initial .
ça s'appelle de l'ingratitude . Monsieur MARZOUKI oublie qu'il y a plus de 600 000 tunisiens en france , plus de 30 000 français en tunisie , plus de 1200 entreprises frnaçaises en tunisie qui font travailler plus de 100 000 tunisiens voire familles.
l'euphorie aura une fin .
M.STT51 universitaire franco-tunisien .

2.Posté par ayebin le 03/01/2012 20:56 | Alerter
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Grande Gueule et fleur de nave
Cher Monsieur, je vous demanderai poliment de vous occuper intelligemment de votre Gaule, au lieu de vous prendre pour un as, avec des réprimandes infondées. Cela ne saurait être que tout bénéfice pour vous, et vos semblables.
Vous vous en prenez à Marzouki alors qu’en fait dans son interview, il n’avait formulé que «le vœu à ce que certains politiciens n'utilisent pas trop la carte de l'islamophobie ». Où voyez-vous la moindre accusation faite aux Français dans cette déclaration ? Si ce n’est votre animosité, qui vous a commandé de partir en croisade contre lui.
Vous déclarez qu’il avait dit aux Français de stopper leur islamophobie ? Dois-je vous signaler Cher Monsieur, que vous avez dépassé Pinocchio en son art, sachez que les Tunisiens ne sont pas dupes, et ils comprennent aisément, que sur base de ce mensonge, vous vous ouvrez la porte pour l’usage à tire-larigot, et pêlemêle des mots comme : religions, lois, mosquées, laïque, liberté de culte, islamisme, Burqa, Coran, Libye, intégrismes, églises brûlées, obscurantisme, totalitarisme…. Et j’en passe.
Vous voulez nous la jouer tolérant à la sauce France terre d’asile, alors que vous vous appelez Debré, un nom de famille devenu tristement célèbre en xénophobie, de grand père à petits fils.
Pouvez-vous me dire qui a ordonné l'expulsion des 300 étrangers occupant l'Eglise Saint-Bernard à Paris, le 23 août 1996, dont la plupart avaient de fortes attaches en France, ce qui rendait illégale toute mesure d'éloignement avec un cynisme inégalé, en déclarant, que l’opération sera faite « avec humanité et cœur ». Cela, vous ne pouvez ni le cacher ni le nier, que ce fut l’œuvre d’un Debré.
Pour ces propos malveillants, et illégitimes, vous méritez de prendre pour votre grade de vieille baderne, espèce d’ours mal léché.

3.Posté par Sémir le 03/01/2012 22:10 | Alerter
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Mr Bernard Debré,

Je me permets de vous dire que vous dites n'importe quoi et, croyez-moi, Monsieur, je parle de France et donc je connais le sujet !!!

La France, un pays que je connais bien, que je respecte et que j'aime.

Il faut dire d'abord qu'il y a eu des Français FORMIDABLES qui ont aidé les opposants tunisiens pendant la période de la toute puissance de Ben Ali.

Mr Marzouki le dit lui-même mais il dit aussi que pendant 10 ans d'exil, il n'a jamais été invité par aucun officiel français...

Cela en dit long sur l'attitude non pas du peuple français mais de certains hommes politiques qui, à mon avis, sur la question de la Tunisie, ont été indignes ou en dessous de tout !

En effet,
- Les Tunisiens n'oublient pas les mots de Jacques Chirac qui affirmait que le 1er des droits de l'homme c'est de manger !
- Les Tunisiens n...'oublient pas les propos de Frédéric Mitterrand qui affirmait je cite que "la Tunisie n'est pas une dictature univoque" !
- Les Tunisiens n'oublient pas les propos de Michèle Alliot Marie qui affirmait que la France était prête à faire profiter de "son savoir faire en matière de maintient de l'ordre" !
Cette même Michèle Alliot Marie qui pendant les répressions s'achetait un bien immobilier avec la complicité de son père et de sa mère de 92 et 94 ans... (sans commentaire)
- Les Tunisiens n'oublient les propos du ministre Lemaire qui affirmait que "souvent Ben Ali était mal jugé" !
- La liste est longue, Mr Debré, si on pense à Eric Raoult qui était je cite "la passerelle" entre Ben Ali et Sarkozy... et même à feu Philippe Séguin, qu'on ne peut pas accuser pourtant de détester la Tunisie...

Oui, les Tunisiens ont été tristes et déçus qu'il ait eu des connivences, de l'aveuglement et même de la complicité.

Oui Moncef Marzouki n'a pas tord lorsqu'il dit que les élites en France sont prisonnières d'une doxa sur l'Islam.

En effet, qui a mis en avant pour gagner les voix de certains électeurs Français tels que les pieds noirs, les électeurs de Le Pen etc.. :
- le débat sur la Burka (qui ne concerne pourtant que quasiment 200 personnes sur 60 000 000 d'habitants)
- le débat sur l'identité nationale sous entendu menacée
- le débat sur l'islam en général et sa place dans la France
- les phrases assassines sur les "immigrés"

Comment expliquez-vous que le Président Obama ait félicité IMMEDIATEMENT le peuple tunisien et "son courage" alors que Sarkozy a attendu le lendemain après une réunion de plusieurs heures pour affirmer dans un communiqué lapidaire et laconique que "la France prend acte de ce qui s'est passé en Tunisie".

"La France prend acte" : c'est tout. Et après, comme message d'amitié, nous avons eu droit à l'ambassadeur Boillon et de son "sang froid"...

Le débat sur la laïcité est devenue indigne en France de telle sorte que la laïcité est devenue synonyme d'athéisme et de racisme même anti-musulman. A cause de ce débat, les Tunisiens rejettent la laïcité.

Mais ne vous inquiétez pas. Les Tunisiens sont un peuple sage, un peuple qui regarde l'avenir et qui ne vit pas dans la haine ou le ressentiment.

Le peuple tunisien ne déteste pas la France et est par définition ouvert au monde et non un peuple fermé sur lui-même.

Mr Debré,
Mr Marzouki dit, à mon avis, souvent ce qu'il pense et très souvent il n'a pas tord. Sur cette affaire d'une élite française, ou plus exactement d'une classe politique qui s'est DESHONNOREE, je lui donne raison...

Sémir
(un électeur qui votera aux élections Présidentielles françaises)

4.Posté par ayebin le 04/01/2012 22:51 | Alerter
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Faux jeton.

Après qu'il se soit aujourd'hui "expliqué" à sa manière sur les ondes d’Express FM, je voudrai lui répéter à ce Monsieur ce qu’il ne veut pas entendre, ou vouloir absolument déformer, et qui est pourtant la stricte vérité en cet épisode :
C’est que Marzouki n’avait formulé que «le vœu à ce que certains politiciens n'utilisent pas trop la carte de l'islamophobie » et rien de plus.

A mon sens, les seuls Français capables de traduire autrement ces propos, et faire semblant de se sentir peinés, sont ceux qui appartiennent à la frange des profaneurs de tombes d'anciens combattants musulmans, aux cimetières de France, comme cela vient de se passer à Carcassonne à deux reprises, et ce, en quatre mois d’intervalle.

Même si Monsieur Debré, sait qu’il s’agit de valeureux, et courageux musulmans tombés sur les champs de batailles pour la bannière tricolore, et que s’attaquer aux sépultures de ces braves soldats, qui ont payés de leurs vies pour la dignité de la France et des Français, représente les sommets de la misère, et de la honte…
Il n'avait pas ouvert son bec à cette occasion à ce propos, il avait observé un mutisme, dans une indifférence totale, ce qui porte à croire, qu’il doit très vraisemblablement appartenir à cette frange.

Quand on fouille un peu dans son passé, on s'aperçoit que ses gènes de colonialiste, et de xénophobe, il les a pas volés, c'est un authentique héritage, qui lui avait légué par son papa Michel, (ancien premier ministre qui avait démissionné en avril 1962, à la suite d'un désaccord avec De Gaulle concernant l'indépendance de l’Algérie française).

A partir de ce moment, on comprend mieux son attitude conquérante, et l’arrogance des propos haineux et malintentionnés envers Monsieur Marzouki. Au point de penser que nous avons à faire soit à quelqu’un d’atteint dans sa raison, ou alors qu'il cherche à pousser mémé dans les orties. Ceci pour être gentil avec lui, et ne pas lui dire autre chose qui le fâche.

Quant à au diplôme de médecin spécialiste de Marzouki, ce n’est certainement ni le Sieur Debré, ni quiconque, qui le lui aurait offert en guise de cadeau, c’était bien le pur fruit de son labeur, et qu’il l’a amplement mérité me semble-t-il.

A la France, il avait rendu largement ce pseudo « service » en travaillant dans les campagnes, là où ses collègues Français ne voulaient pas s’y rendre.

Aujourd’hui Monsieur Marzouki est Président que ça plaise à Monsieur Debré ou pas, et qui à contrario de celui qui l’avait précédé, se refuse ouvertement d’être le Président d’une république bananière.

Ceci étant son droit et son devoir envers ses compatriotes, en démontrant qu’il les a bien accrochées, et c’est bien là le vrai reproche de Monsieur Debré.

Je lui dirai enfin, que la Tunisie est petit territoire certes, mais il faut savoir que ses habitants ont arrachés une partie de leur dignité, et j’espère qu’ils conduiront le mouvement jusqu’à son terme.

A partir de dorénavant, c’est à aux pays étrangers d’être lucides, et d’avoir les sens de l’équité, et du respect mutuel dans les échanges.

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