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Les primaires pour François Hollande, obligation ou stratégie ?




Et voilà qu'on reparle des primaires à gauche. On croyait la polémique éteinte. Entre silence compassé de François Hollande, postures excitées de ses adversaires à gauche, louvoiements de ses propres amis au gouvernement, les primaires à gauche était une sorte d'arlésienne dont on croit percevoir l'ombre avant qu'elle ne s'évapore devant les certitudes du locataire de l'Elysée.

Par Mustapha Tossa




François Hollande avec le premier secrétaire du PS Jean-Christophe Cambadélis
François Hollande avec le premier secrétaire du PS Jean-Christophe Cambadélis
Aujourd'hui, cette idée des primaires à gauche est relancée par le premier secrétaire du PS devant un conseil national restreint aux derniers alliés du parti, le PRG et les écologistes pro-gouvernement. Si Jean Christophe Cambadélis franchit la ligne, il le fait avec l'assentiment du président de la République. Mais dans sa proposition, il prend bien soin d'écarter une primaire de toute la gauche pour une primaire de la gauche de gouvernement. Et dans ce cas, les primaires seraient une stratégie présidentielle pour revenir dans le jeu mais avec un risque pour François Hollande de tout perdre si les militants de gauche appelés à voter lui dénient la confiance.

Les primaires pour François Hollande ont toujours incarné le grand désaveu de sa propre famille à son égard. Lui demander de redescendre dans l'arène pour remettre son titre de candidat "naturel" de la gauche souligne la chute d'estime dont il est l'objet même au sein de la machine électorale censée lui apporter le soutien indispensable pour sa reconquête d'un second mandat. Cela souligne aussi que son bilan est violemment contesté comme le montre la tournure que prennent les manifestations de plus en plus violentes sur le pavé parisien. Et comme le montre le désamour persistant de l'opinion à l'encontre de François Hollande.

Il est clair aujourd'hui qu'à travers ces primaires, François Hollande cherchera un second souffle et une légitimation de sa démarche. Tous les instituts de sondages le donnent éliminé dès le premier tour. Et pour justifier son acceptation, François Hollande a eu cette interrogation pleine de bon sens politique: "Si je ne suis pas en mesure de remporter la primaire, comment pourrais-je espérer remporter la présidentielle ?".

Une des grandes inconnues de ces primaires demeurent l'identité des compétiteurs. Un homme comme Emmanuel Macron dont l'ambition présidentielle brûle le papier glacé des magazines osera-il se lancer dans ce défi ? Sans parler du premier ministre Manuel Valls, qui dans l'état actuel de sa relation avec François Hollande, n'osera jamais le challenger sur une primaire dont l'enjeu principal est de procéder à une évaluation du bilan de la gauche au gouvernement dont il est aussi comptable.

Le gain politique pour François Hollande dans cet exercice est de pouvoir démontrer qu'il n'y a personne à gauche capable de dépasser les clivages. Jean Luc Mélenchon, le chef du Front de gauche que les sondages gratifient de meilleurs résultats que le président, avait refusé ces primaires et a décidé de se lancer tour seul dans la course des présidentielles. Les écologistes dont certains leaders ont développé une rancune tenace à l'encontre du couple Hollande/Valls menacent de voler de leurs propres ailes. Et la question qui doit tarauder l'Elysée: qui au sein de cette gauche, déçue et frondeuse, est capable de réaliser la grande synthèse des alliances susceptible de le porter à la magistrature suprême?

En tous cas l'annonce faite autour de cette primaire semble ravir les frondeurs de gauche. Leur chef de file Christian Paul a eu cette réaction :" On considère à ce stade que c'est une avancée, mais il faut que cette primaire soit irréversible, loyale, ouverte.". Les primaires étaient une demande constante des frondeurs. Pour eux, c'est l'occasion de redonner la parole la base et aux militants pour réécrire le projet de campagne et de gouvernement et choisir le candidat qui doit le porter. Une chose est certaine. François Hollande est convaincu que ça ne peut être que lui, alors que ses détracteurs aiguisent leurs arguments pour l'en écarter.

Samedi 18 Juin 2016 - 15:44



Samedi 18 Juin 2016 modifié le Dimanche 19 Juin 2016 - 00:14

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