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Les musulmans de France exigent un référentiel "halal" unique pour faire face aux tromperies


Jeudi 14 Octobre 2010 modifié le Dimanche 17 Octobre 2010 - 21:51




Les musulmans de France exigent un référentiel "halal" unique pour faire face aux tromperies
La diffusion par Canal+ le 11 octobre au soir d'un documentaire sur les dessous du business halal, qui dénonce les dérives et les abus sur un marché en pleine explosion, a mis en émoi la communauté musulmane de France.

Au lendemain de cette diffusion, une pétition intitulée "Halal en danger" demandant aux instances musulmanes de reprendre en main la certification de produits conformes à la loi islamique a recueilli plus de 4 500 signatures.

L'un des rédacteurs de la pétition et responsable au sein du Conseil français du culte musulman (CFCM) du dossier "halal", le recteur de la mosquée de Lyon, Kamel Kabtane, affirme, face "aux tromperies à répétition", pouvoir créer un référentiel unique "d'ici à la fin de l'année" pour contrer l'émergence "d'une certification halal laïque".

"Il y a une volonté d'aboutir", assure-t-il, à l'unisson du président du CFCM, Mohammed Moussaoui, qui souhaite que l'ensemble des organismes de certification s'engagent sur cette charte.

Il est "urgent de définir une véritable norme halal parce qu'il y a trop de flou sur le sujet", a indiqué le président du CFCM, qui le même jour a annoncé préparer une "charte du halal".

Ce document, qui doit fixer les règles de production que les organisations de certification halal s'engageront à respecter, devrait être prêt à la fin de l'année.

Selon l'Association de Sensibilisation, d’Information et de Défense de Consommateurs Musulmans (ASIDCOM), la prise de conscience des consommateurs musulmans autour des fraudes au halal, ainsi que les régulières déclarations officielles de leurs représentants religieux, ont amené certaines enseignes de la grande distribution et quelques industriels profitant de la manne du halal (5 milliards d'euros) à contre-attaquer dans le but de supplanter les autorités religieuses et d’imposer leur vision du halal.

Ces acteurs économiques souhaitent en effet en devenir les clercs ou les « mouftis », pour continuer à jouir du très prometteur marché halal sans en respecter les exigences et les spécificités, déplore l'association.

Pour l'ASIDCOM, "seule une autorité religieuse telle que le CFCM est compétente pour définir le halal et en préciser les modalités de contrôle et de certification. Il n’est donc pas admissible que des opérateurs privés tentent pour des raisons mercantiles de déposséder les musulmans et leurs représentants de la légitimité à déterminer le caractère islamique des produits qu’ils consomment".

Les consommateurs musulmans qui, depuis quelques années, ont compris le poids économique qu’ils représentent aussi bien en France qu’en Europe "n’accepteront pas que les acteurs économiques puissent s’ingérer dans la pratique de leur religion en leur imposant une nouvelle conception des règles du rituel islamique", souligne-ton de même source.

"Nous appelons les musulmans à réagir en refusant de cautionner ces pratiques et en affirmant leur volonté de ne pas voir le rituel islamique évoluer au gré des intérêts de tous ceux qui tentent de nous imposer une conception du halal totalement éloignée de notre tradition et de nos rites religieux", poursuit l'ASIDCOM, indiquant que "C’est aux seuls musulmans qu’il appartient de s’accorder sur la définition du halal et sur les procédures de contrôle et de certification, qui renvoient à la notion de témoignage « shahâda » en islam".

L'association appelle le CFCM à agir au plus vite, dans un esprit de concertation, pour un référentiel de certification halal respectueux de la tradition musulmane et des règles émises par les savants contemporains.

A l'heure actuelle, trois mosquées, Paris, Lyon et Evry, agréent les sacrificateurs et une quinzaine d'organisations décernent les certificats halal aux produits mis sur le marché. Mais le processus de réglementation n'est pas unifié : certains organismes de certification se placent sous l'autorité de mosquées, tandis que d'autres sont plus ou moins autoproclamés.
Jeudi 14 Octobre 2010 - 23:13

Hasna Daoudi




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