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Les juifs de Marseille incités à enlever la kippa


Mardi 12 Janvier 2016 modifié le Mercredi 13 Janvier 2016 - 10:55




Le président du Consistoire israélite de Marseille, Zvi Ammar, a "incité" mardi les juifs de la ville à "enlever la kippa dans cette période trouble, jusqu'à des jours meilleurs", au lendemain de l'agression à la machette d'un professeur juif.

"Aujourd'hui, devant la gravité des évènements (...) il faut prendre des décisions exceptionnelles, et, pour moi, la vie est plus sacrée que tout autre critère", a déclaré M. Ammar à l'AFP. Face aux évènements, "on est obligé de se cacher un petit peu", a déploré M. Ammar, qui dit n'avoir "pas le choix" et que cet appel lui fait "mal au ventre".

"Malheureusement pour nous, on est ciblés: dès qu'on est identifiés, qu'on est juifs, on peut être agressés et même risquer la mort. Là, on a franchi un pas d'une extrême gravité", a ajouté ce responsable communautaire. L'État fait "tout pour nous assurer le maximum de protection", a tenu à souligner M. Ammar, mais "on ne peut pas demander plus. On ne va pas mettre un policier, un gendarme ou un militaire derrière chaque juif".

La communauté juive de Marseille compte quelque 70.000 membres sur une population de 855.000 habitants, selon le Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif), ce qui en fait la deuxième plus importante de France, derrière Paris et sa région, et une des plus nombreuses d'Europe également. Interrogée sur la décision du président du consistoire, la présidente régionale du Crif, Michèle Teboul a dit penser que "sur le plan personnel, (...) il faut vivre normalement".

"Mais je ne peux pas ne pas me plier (à cette décision) si c'est pour assurer la sécurité des juifs", a-t-elle ajouté. Un enseignant juif de 35 ans, portant la kippa, se rendait lundi matin dans l'établissement privé marseillais où il enseigne quand il a été attaqué à la machette par un adolescent turc d'origine kurde de 15 ans. Le professeur s'est défendu et n'a été blessé que légèrement. L'auteur des faits, qui a dit aux policiers avoir agi "au nom d'Allah" et du groupe État islamique, était en garde à vue mardi, dans le cadre d'une enquête pour "tentative d'assassinat aggravé en raison d'une appartenance religieuse" et d'"apologie du terrorisme", pour laquelle le parquet antiterroriste de Paris est saisi.
Mardi 12 Janvier 2016 - 22:21

Source AFP




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