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Jihad et narcotrafic : Drogue, une Arme de Destruction Massive


Lundi 5 Novembre 2012 modifié le Lundi 5 Novembre 2012 - 16:59

Nombreux sont ceux qui n’arrivent pas à comprendre le contraste entre une cause censée être sainte, à savoir la Jihad, et un interdit comme la vente de substances hallucinantes (cocaïne et cannabis). C’est ignorer qu’au – delà de son caractère très lucratif, la drogue est une pièce essentielle dans le dispositif de combat chez les jihadistes.




Jihad et narcotrafic : Drogue, une Arme de Destruction Massive
La drogue est une bombe, une Arme de Destruction Massive pour les fous « dits de Dieu » qui écument le septentrion malien depuis bientôt dix ans. De sources proches d’Aqmi, nous apprenons : «Dieu recommande de détruire le khafr (mécréant) par tous les moyens, c’est ce que nous faisons. Nous n’avons pas encore de B25, nous n’avons pas, non plus, de F117A Stealth dit le « Furtif », nous ne disposons pas de Patriote pour nous protéger contre les attaques des drones. Mais inlassablement, nous menons la guerre contre ceux-là qui ont détruit les pays musulmans avec des engins de guerre construits avec l’argent et le pétrole des Arabes. Nous allons décimer leur population élite avec la drogue, une substance dont elle raffole. » Certes le Sahel sert de base-arrière pour mener cette guerre, mais ce combat est dirigé contre l’occident. Il semble vrai aussi que les narcotrafiquants auraient pour objectif de contrôler une bande du Sahel depuis la façade Atlantique (le nord-mauritanien et les rives de l’océan) jusqu’au Soudan. Le trafic d’armes, de drogues, et de crimes organisés sert à financer leur guerre contre l’occident.

Drogue, finalement tout le monde en profite !

Si Aqmi est reconnu comme étant le plus grand cartel du Sahel, il faut reconnaître que son implantation en 2002 a été tolérée par ATT et facilitée par Iyad Ag Ali qui avait ses entrées à Koulouba à cette époque. Ainsi, tout le monde trouve son usufruit (Maliens, Algériens, Mauritaniens, Sahraouis…).
Les politiques et autres officiers supérieurs exploitent à fond le filon dans le lointain désert sans trop se gêner. Les nombreux appareils suspects détectés par les tours de contrôle à Gao, Tombouctou, Kidal et signalés aux autorités maliennes n’auront aucune réponse jusqu’à l’affaire du Boeing calciné, non loin de Tarkint dans la région de Gao, bourré de cocaïne.
Entre 50 et 60 tonnes de cocaïne par an transitent dans le Sahel. La Mauritanie, le Mali, le Niger, le Tchad et le Soudan sont les principales plateformes. Les armes et minutions accompagnent les transports de drogue. Pour une valeur de marchandise de 1,6 milliard d’euros (1049 600 000 000 FCFA), il serait versé aux groupes armés qui en assurent la protection, 310 millions d’euros (203 360 000 000 CFA).
ATT et son entourage en profiteront. Sidhamed (Mohamed OuldAwainat à l’état civil) l’un des barons de la drogue de l’affaire « Air Cocaïne » a été libéré par ATT en échange du recrutement de milices maures qui ont combattu aux côtés de l’armée malienne à Tessalit.
Baba OuldAchouekh, maire de la commune de Tarkint aurait été contacté par un des bras droits du président ATT, Ben Maouloud. OuldAchouekh serait le véritable cerveau des relations entre Koulouba et le milieu du crime. Le 22 janvier 2009, il enlève 4 otages européens au Niger, puis négocie leur libération avec Aqmi (sauf le britannique Edwin Dyer qui sera assassiné). C’est lui qui négocie de nouveau avec OuldAwainat, les renforts de milices maures, en échange de la promesse d’un siège d’élu de Bourem au Haut Conseil des Collectivités en mai 2012, histoire de se mettre à l’abri de la justice. OuldAwainat est aussi le cousin d’Ahmed Boufalja, acteur de l’enlèvement à Niamey des deux jeunes français. Il pourra ainsi continuer ses trafics dans le Nord Mali en toute liberté.

A. K Dramé

Lundi 5 Novembre 2012 - 16:27

Source: Le Challenger du 5 novembre 2012.




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