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Irak: le gouvernement enfin au complet après des semaines de blocage


Samedi 18 Octobre 2014 modifié le Samedi 18 Octobre 2014 - 19:56

Le Parlement irakien a finalement approuvé samedi les nominations à la tête des ministères clés de l'Intérieur et de la Défense, mettant fin à plusieurs semaines de blocage au moment où le pays fait face à une vaste offensive jihadiste.




Le nouveau gouvernement, dans lequel la communauté internationale place des espoirs pour sortir le pays de la crise, est finalement au complet, avec aussi la confirmation de la nomination d'un vice-Premier ministre et de six autres ministres, dont un ministre d'Etat.

Répartissant deux portefeuilles-clés essentiels pour lutter contre le groupe Etat islamique (EI) qui s'est emparé de larges pans de territoire en Irak et tenter d'enrayer la vague d'attentats meurtriers, le Parlement a approuvé la nomination de Khaled al-Obaidi à la Défense, et de Mohammed al-Ghabbane à l'Intérieur.

La nomination de M. Ghabbane, du bloc chiite Badr, place en fait le ministère de l'Intérieur, en charge de la grande majorité des forces de sécurité, sous le contrôle effectif du commandant de la milice, Hadi al-Ameri. Ce dernier avait affirmé son intérêt pour le poste, mais son nom avait été repoussé.

La milice Badr, soutenue par l'Iran, est l'un des principaux groupes armés combattant au côté de l'armée régulière les jihadistes de l'EI qui ont lancé début juin leur offensive fulgurante en Irak.

Elle fut l'une des parties du violent conflit confessionnel qui déchira l'Irak dans les années 2006-2007, faisant des dizaines de milliers de morts.

M. Obaidi, député de la coalition des Forces nationales sunnites, était de son côté officier dans l'armée de l'air du président Saddam Hussein, renversé dans la foulée de l'invasion américaine en 2003. Il est originaire de Mossoul (nord), première ville irakienne à tomber entièrement aux mains de l'EI le 10 juin.

- Réduire les divisions -

Après des mois difficiles tractations et de crise politique, le Parlement a approuvé le 8 septembre le nouveau gouvernement de Haïdar al-Abadi, après l'accord de son prédécesseur Nouri al-Maliki, de céder le pouvoir.

M. Abadi avait demandé un délai d'une semaine pour pourvoir certains portefeuilles, notamment ceux de la Défense et de l'Intérieur, dont il assurait l'intérim. Mais le Parlement avait rejeté les deux noms proposés au départ.

Durant l'intégralité de son second mandat, M. Maliki, un chiite, avait assuré l'intérim de ces deux ministères, ce qui lui avait valu notamment d'être accusé d'accaparer le pouvoir.

M. Maliki avait aussi été accusé d'avoir contribué à la montée en force de l'EI dans ce pays majoritairement chiite en menant une politique autoritaire excluant la minorité sunnite.

M. Abadi, également chiite, a ainsi été soumis à une pression internationale -notamment de la part de l'allié américain- pour former un gouvernement d'union pouvant réduire les profondes divisions ethniques et religieuses.

- Vers une réconciliation nationale? -

Ce nouveau gouvernement n'est certes pas une révolution en termes de composition confessionnelle ou ethnique par rapport au précédent. Et ce sont ses politiques qui détermineront l'avancée de l'Irak sur le chemin de la réconciliation nationale.

Il est notamment fondamental pour le nouveau gouvernement d'obtenir le soutien de la minorité sunnite -méfiante à l'égard des forces armées et du gouvernement dirigé par un chiite- pour parvenir à repousser l'offensive jihadiste.

Sur le terrain, les forces irakiennes peinent à reprendre le terrain perdu face aux combattants de l'EI qui ont enregistré de nouveaux succès dans la province majoritairement sunnite d'Al-Anbar (ouest) contrôlée à plus de 80% par les jihadistes.

Une coalition internationale menée par les Etats-Unis mène des raids aériens contre l'EI en Irak et en Syrie où le groupe jihadiste s'est emparé également de vastes territoires.

Samedi 18 Octobre 2014 - 19:54





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