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Inauguration officielle du premier cimetière public musulman de Strasbourg


Lundi 6 Février 2012 modifié le Lundi 6 Février 2012 - 19:38

Très attendu par la communauté musulmane de Strasbourg, le premier cimetière musulman public de France a été inauguré lundi par le sénateur-maire socialiste de Strasbourg Roland Ries, le président du Conseil Français du Culte Musuman (CFCM), le président sortant du CRCM d'Alsace Driss Aychour, ainsi que les représentants des cultes catholique, protestant, orthodox, juif et boudhiste.




Inauguration officielle du premier cimetière public musulman de Strasbourg
Le premier cimetière musulman d'Alsace –et le deuxième de métropole après celui de Bobigny construit dans les années 1930- compte quelque mille sépultures, tournées vers la Mecque, avec une possible extension en cas de besoin.

Situé sur un terrain d'un hectare au sud de Strasbourg, le cimetière musulman jouxte l'un des plus grands cimetières de la ville. Il est équipé de salles pour les ablutions aménagées dans un petit bâtiment à l'entrée et d'un espace couvert prévu pour les prières;

Aménagé sur un terrain de plus d'un hectare dans le sud de la ville, ce cimetière pourra accueillir près d'un millier de sépultures, avec une extension déjà prévue si nécessaire.

Si la loi française du 14 novembre 1881 interdit de créer des cimetières confessionnels, des circulaires ministérielles de 1975 et de 1991 autorisent le regroupement des tombes d'une même confession dans des espaces spécifiques.

Le droit local d'Alsace et de Moselle, mélange de droit français d'avant 1871 et de droit allemand, ne connait pas cette interdiction.

Cette inauguration est un événement "historique pour la communauté musulmane d'Alsace et celle de tout l'Hexagone", s'est réjoui le président du Conseil français du culte musulman (CFCM) Mohammed Moussaoui.

"Certaines municipalités n'ont hélas pas encore complètement intégré le fait que de plus en plus de musulmans souhaitent être inhumés en France", alors que "cette tendance est un signe fort d'appartenance à une communauté de destin", a expliqué M. Moussaoui.

Soulignant qu'il s'agissait d'une "première" en France, le maire socialiste de Strasbourg Roland Ries a relevé que l'ouverture de ce nouveau cimetière s'inscrivait en même temps dans la "tradition de coexistence harmonieuse des différentes communautés religieuses" de la ville.

"Mon souci est de faire en sorte que l'ensemble des citoyens soit sur un pied d'égalité, quelle que soit leur orientation religieuse (…) c'est ça l'objectif final, c'est l'intégration", a-t-il ajouté. Les collectivités locales se doivent de veiller "à ce que chacun puisse disposer d'un lieu d'inhumation particulier dans les communes où on professe plusieurs cultes", a rappelé Roland Ries.

Il s'est félicité que le projet, engagé il y a trois ans avec les représentants du culte musulman pour pallier la saturation prochaine des carrés existants, ait été approuvé à l'unanimité en juin 2010 par le conseil municipal, toutes tendances politiques confondues.

"Certains nous reprochent de favoriser le communautarisme", a noté pour sa part Pernelle Richardot, adjointe au maire chargée de l'état-civil et l'une des chevilles ouvrières du projet.

"L'intégration ne se décrète pas, elle se construit pas à pas, petit à petit et sur le long terme", a-t-elle répondu. "Permettre à un gamin de venir demain parler à son grand-père enterré ici et non au loin, c'est aussi donner à ce gamin la possibilité de se construire un avenir."

Fruit de longues discussions qui se sont finalisées par la signature le 7 octobre 2009 d’une convention sur la création du cimetière confessionnel musulman qui avait rassemblé à l’hôtel de ville plusieurs personnalités notamment Roland Ries, le président du CFCM Mohammed Moussaoui, le président du Conseil régional du culte musulman (CRCM) Alsace Driss Ayachour, les adjoints au maire Olivier Bitz et Anne-Pernelle Richardot.

Situé à Bobigny, le premier cimetière musulman en France date de 1937. Sa création répond moins d’un besoin de la population que d’une réponse à un événement historique. Alors que l’on célébrait le centenaire de la conquête de l’Algérie furent inaugurés tour à tour la Grande Mosquée de Paris, l’hôpital franco-musulman de Bobigny (baptisé plus tard du nom du savant musulman Avicenne) et le cimetière musulman qui en dépendait.

Seul cimetière musulman en France jusqu’en 1996, le cimetière de Bobigny devient le « carré musulman » du cimetière intercommunal des villes d’Aubervilliers, de Bobigny, de Drancy et de La Courneuve, lorsque sa gestion est transférée à un syndicat intercommunal.

Lundi 6 Février 2012 - 14:51





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