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François Hollande reçoit Vladimir Poutine à Paris


Vendredi 2 Octobre 2015 modifié le Vendredi 2 Octobre 2015 - 22:59

Les deux chefs d'État doivent s'entretenir sur le conflit en Syrie, où l'aviation russe a mené des frappes jeudi contre des cibles qui font polémique.




Les Russes ont affirmé vendredi avoir frappé le fief du groupe État islamique (EI) en Syrie, juste avant des discussions entre le président Vladimir Poutine et les dirigeants français et allemand sur les raids aériens menés par Moscou, dont les objectifs suscitent la controverse. Selon le ministère russe de la Défense, des bombardiers tactiques Soukhoï-34 ont frappé notamment un « poste de commandement qui était camouflé à Kasrat Faraj, au sud-ouest de Raqa ». Les bombardements ont également visé les provinces d'Alep et d'Idleb. « Les frappes russes ont visé jeudi soir la périphérie ouest de la ville de Raqa et la région où se trouve l'aéroport militaire de Tabqa, plus au sud-ouest, tuant au moins 12 djihadistes », a confirmé à l'AFP Rami Abdel Rahmane, directeur de l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH).

Cette annonce intervient alors que Washington et ses alliés soupçonnent la Russie de s'en prendre surtout aux opposants de son allié Bachar el-Assad, dans le nord-ouest du pays où l'EI est peu présent. Moscou, de son côté, affirme lutter contre l'EI et « tous les autres groupes terroristes ». Ces différends doivent être au coeur de discussions bilatérales vendredi entre le maître du Kremlin et le président François Hollande, puis avec la chancelière allemande Angela Merkel, en amont d'un sommet sur l'Ukraine. Vladimir Poutine est arrivé souriant à 12 heures à l'Élysée, où il a échangé une poignée de main cordiale avec le chef de l'État français. La veille, ce dernier avait réclamé à Moscou de se concentrer sur l'EI en Syrie. « C'est Daesh (acronyme arabe de l'EI) qu'il faut viser et pas d'autres », avait dit le président Hollande.

Sort du président syrien


Le président français est opposé à son homologue russe sur le sort à réserver au président Bachar el-Assad. Paris l'accuse d'être le principal responsable du chaos en Syrie et veut le voir partir au plus vite, Moscou qui le soutient juge au contraire qu'il faut l'aider à lutter contre l'EI. La Russie reproche pour sa part à la France d'avoir lancé dimanche des frappes aériennes sur la Syrie au nom de la « légitime défense », estimant n'avoir « pas de preuves » que des attentats contre Paris se préparent depuis la Syrie.

Déclenché en mars 2011, le conflit syrien, déjà très complexe, a pris un tournant avec l'implication des Russes. Une coalition d'une cinquantaine de pays pilotée par les États-Unis, et à laquelle la Russie ne participe pas, a effectué depuis un an des milliers de frappes contre l'EI en Syrie et en Irak. Mais sans en venir à bout. De ce fait, le ciel syrien est encombré par les missions de la coalition, les raids de l'aviation syrienne et désormais les Russes qui ont déployé plus de 50 avions et hélicoptères.

La campagne de frappes aériennes russes va durer « trois à quatre mois » et s'intensifier, a précisé vendredi le président de la commission des Affaires étrangères de la Douma (chambre basse du Parlement russe), Alexeï Pouchkov. Afin de se coordonner et d'éviter des incidents entre leurs aviations, Washington et Moscou ont eu jeudi, par vidéoconférence, une première réunion entre militaires. Rien n'en a filtré jeudi soir et « aucun nouveau rendez-vous » n'a été fixé, selon le ministère américain de la Défense.

Les États-Unis en peine de stratégie

Le secrétaire d'État américain John Kerry, à New York, a annoncé d'autres discussions militaires russo-américaines « dans les prochains jours ». Prise de court par l'action russe, l'administration américaine démocrate s'attire les foudres des républicains. Le sénateur John McCain a même accusé les Russes d'avoir bombardé des rebelles syriens formés par la CIA. De fait, un groupe soutenu par Washington, Souqour al-Jabal, a affirmé avoir été visé par des missiles russes.

D'après une source de sécurité syrienne, les avions de Moscou ont ciblé à Idleb et Hama « l'Armée de la conquête », une coalition regroupant le Front Al-Nosra (branche syrienne d'Al-Qaïda) et des groupes islamistes et qui combat à la fois Damas et l'EI. L'EI est absent à Idleb, sa présence est marginale à Hama, et à Homs il ne se trouve que dans la région désertique et à Palmyre.

Selon des experts, Moscou tente de réduire la pression rebelle sur les territoires tenus par le régime syrien dans l'ouest et le centre du pays. Parallèlement à son action militaire, la Russie a distribué au Conseil de sécurité de l'ONU un projet de résolution antiterroriste qui associerait Damas à une coalition internationale élargie contre les djihadistes. Washington est de son côté en peine de stratégie pour régler un conflit qui a fait plus de 240 000 morts, détruit la Syrie et provoqué une crise migratoire sans précédent depuis plus d'un demi-siècle.
Vendredi 2 Octobre 2015 - 14:26

Source AFP




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