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France: un policier tué dans un attentat sur les Champs-Elysées, en pleine présidentielle


Vendredi 21 Avril 2017 modifié le Samedi 22 Avril 2017 - 06:01

Un policier a été tué et deux autres blessés jeudi soir lors d'une fusillade sur la célèbre avenue des Champs-Elysées à Paris, dont l'auteur a été abattu, à trois jours d'une élection présidentielle française sur laquelle plane la menace jihadiste.




"A 21h précisément (19H00 GMT), sur les Champs-Élysées, une attaque est intervenue visant des policiers et le car qui les abritait. Un policier a été tué, deux autres ont été blessés. Une passante a également été touchée. L'assaillant a été neutralisé lui-même par d'autres policiers", a déclaré jeudi soir le président François Hollande, en affirmant que la piste était "d'ordre terroriste".

Le groupe jihadiste Etat islamique (EI) a revendiqué l'attaque, qui s'est déroulée sur les très touristiques Champs-Elysées, surnommée "la plus belle avenue du monde", au coeur de la capitale française.

Le groupe Etat islamique a revendiqué la fusillade qui a coûté la vie à un policier et en a blessé un autre jeudi sur les Champs-Elysées à Paris, dans un communiqué publié par son organe de propagande Amaq.

"L'auteur de l'attaque des Champs-Elysées dans le centre de Paris est Abu Yussef le Belge, et c'est un des combattants de l'Etat islamique", a écrit l'EI.

La justice antiterroriste s'est aussitôt saisie de l'enquête. L'assaillant présumé était visé par une enquête antiterroriste pour avoir manifesté son intention de tuer des policiers, selon des sources proches de l'enquête. Son domicile présumé, en banlieue parisienne, a été perquisitionné.

"L'agresseur est arrivé en voiture, est sorti. Il a ouvert le feu sur le car de police à l'arme automatique, a tué l'un des policiers et a essayé de s'en prendre aux autres en courant", a rapporté une source policière.

Une touriste a été "légèrement blessée par balle" au cours des échanges de tirs, selon une autre source policière.

Choukri Chouanine, gérant d'un restaurant dans une rue adjacente, a raconté à l'AFP avoir entendu une "fusillade brève" mais avec "beaucoup de tirs". "On a dû cacher nos clients dans nos sous-sols", a-t-il dit.

Le quartier commerçant, en plein coeur de Paris, a été bouclé et d'importantes forces de police ont été déployées. Un hélicoptère survolait la zone dans la soirée.

Le président américain Donald Trump a rapidement réagi à l'annonce de l'attentat de Paris. "C'est une chose vraiment, vraiment terrible qui se passe dans le monde aujourd'hui", a-t-il déclaré lors d'une conférence de presse conjointe avec le Premier ministre italien Paolo Gentiloni à la Maison Blanche.

Cela "ne s'arrête tout simplement jamais", a ajouté M. Trump. "Nous devons être forts et vigilants, et je répète cela depuis longtemps".

L'Allemagne se tient "de façon ferme et déterminée aux côtés de la France", a indiqué le ministère allemand des Affaires étrangères.

"Nouvelles choquantes de Paris. Nous pleurons les victimes et nous tenons de façon ferme et déterminée aux côtés de la France", a indiqué le ministère allemand sur son compte Twitter.

Cette fusillade intervient à trois jours du premier tour d'une élection présidentielle très indécise et sous très haute surveillance, alors que la France a subi en 2015 et 2016 une vague inédite d'attentats qui ont fait 238 morts, et ont visé à plusieurs reprises forces de l'ordre et militaires.


Déjà une alerte à Marseille


En début de semaine, un nouvel attentat a été déjoué selon les autorités avec l'arrestation mardi de deux hommes soupçonnés de préparer "une action violente" et "imminente".

Clément Baur, 23 ans, et Mahiedine Merabet, 29 ans, ont été interpellés à la sortie d'un appartement de Marseille (sud-est), où les enquêteurs ont retrouvé un arsenal important, composé d'armes et de trois kilos d'explosif artisanal, du TATP.

Les photos des deux suspects avaient été distribuées avant le week-end dernier aux services de sécurité des candidats.

L'attaque de jeudi soir est intervenue pendant le dernier grand oral télévisé des onze prétendants, tous décidés à convaincre les nombreux indécis et abstentionnistes, avant la clôture officielle, vendredi à minuit, d'une campagne riche en rebondissements et à l'issue très incertaine.

Quatre candidats sont en position de se qualifier pour le second tour, le 7 mai: la chef de file de l'extrême droite Marine Le Pen, le centriste Emmanuel Macron, le conservateur François Fillon et le héraut de la gauche radicale Jean-Luc Mélenchon.

M. Macron et Mme Le Pen sont à l'heure actuelle donnés en tête des intentions de vote, suivis de près par M. Fillon et M. Mélenchon,.

Mme Le Pen et le conservateur François Fillon ont annoncé jeudi soir l'annulation de leurs derniers déplacements prévus vendredi, à la lumière des événements de jeudi.

M. Macron a réagi en direct jeudi soir en témoignant sa "solidarité à l'égard de nos forces de police". Ses rivaux ont également manifesté leur émotion sur les réseaux sociaux.

Marine Le Pen a musclé ces derniers jours son discours sur les thématiques traditionnelles de son parti, l'immigration et la sécurité. Elle a répété jeudi soir qu'elle serait "d'une fermeté absolument totale" face au risque terroriste, en dénonçant le "laxisme" des autorités françaises.

"La lutte contre le terrorisme doit être la priorité absolue du prochain président", a quant à lui conclu M. Fillon.

(Avec AFP)

Vendredi 21 Avril 2017 - 00:26





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