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France: un automobiliste fonce sur des passants au cri d'"Allahou Akbar" et blesse 11 personnes


Lundi 22 Décembre 2014 modifié le Lundi 22 Décembre 2014 - 01:10

Un automobiliste, probablement déséquilibré, a foncé dimanche sur des passants au cri d'"Allahou Akbar", blessant onze personnes à Dijon (centre de la France), au lendemain d'une attaque contre des policiers également au cri de "Dieu est le plus grand" en arabe.




Le conducteur de la voiture a été interpellé au terme d'une course-poursuite. Deux des blessés l'ont été grièvement, selon des sources policières.

Le Premier ministre Manuel Valls, a aussitôt réagi en exprimant sur son compte Twitter sa "solidarité" à l'égard des blessés, alors que le premier incident survenu samedi avait suscité une grande émotion dans le pays, la France ayant été désignée comme cible par le groupe jihadiste Etat islamique pour des attaques contre les "infidèles".

Vers 20H00 (19H00 GMT) dimanche, dans le centre-ville de Dijon, l'homme a foncé à cinq endroits différents sur des passants, au volant d'une voiture. La scène a duré au total près d'une demi-heure. "Neuf personnes ont été légèrement blessées et deux autres sérieusement mais leur pronostic vital ne semble pas engagé", a expliqué une des sources policières.

Selon les témoignages recueillis par la police, "l'homme a crié +Allahou Akbar+ et a dit avoir agi pour les enfants de Palestine". Des témoins ont décrit un homme portant une djellaba, selon une source policière.

"L'homme, né en 1974, présente le profil d'un déséquilibré et serait suivi en hôpital psychiatrique", a cependant déclaré à l'AFP une source policière, estimant que "pour l'heure ses revendications semblent encore floues".

L'homme est aussi connu de la police pour des faits de droit commun remontant aux années 1990, selon des sources policières.

Samedi après-midi c'est au même cri d'"Allahou Akbar" qu'un jeune d'une vingtaine d'années a attaqué au couteau des policiers du commissariat de Joué-lès-Tours (centre-ouest), blessant trois d'entre eux avant d'être abattu par les forces de l'ordre.

- 'Radicalisation' -


Ce Français né au Burundi et converti à l'islam, Bertrand Nzohabonayo, "n'était pas connu autrement que pour des faits de délinquance", a déclaré le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve, tandis que son frère était fiché pour ses positions radicales et pour avoir, un temps, envisagé de partir en Syrie.

Il avait néanmoins "manifesté sa radicalisation" il y a quelques jours, en affichant sur son compte Facebook "un drapeau" du groupe jihadiste Etat islamique (EI) actif en Syrie et en Irak, selon M. Cazeneuve.

L'EI encourage les candidats au jihad à lancer des attaques contre les "infidèles", militaires, policiers ou même civils. Ces appels sont régulièrement relayés par des vidéos de propagande sur des sites jihadistes, la dernière ayant été diffusée cette semaine. La France avait été nommément citée comme cible par l'organisation jihadiste après le début des frappes françaises en Irak cet été.

La section antiterroriste du parquet de Paris s'est saisie de l'enquête sur l'attaque du commissariat, qui s'oriente vers l'islamisme radical.

S'exprimant dimanche soir sur la chaîne de télévision TF1, le ministre de l'Intérieur a estimé que l'agresseur de Joué-lès-Tours, qui avait choisi le prénom de Bilâl depuis sa conversion, semblait "à la fois très mystérieux et très déstabilisé, peut-être aussi par des circonstances familiales". "L'enquête révélera quel était son état psychologique", a souligné le ministre.

Dans un communiqué, l'Union des mosquées de France (UMF) a condamné cette agression. Elle a appelé "les jeunes Français à ne pas se tromper d'ennemi et de combat".

Le risque d'attentats islamistes commis en France, notamment par des jihadistes de retour de Syrie ou des individus isolés autoradicalisés, est pris très au sérieux par les services français.

Depuis l'été 2013, cinq "projets d'actions terroristes" jihadistes ont été déjoués en France, selon le gouvernement. Alors que plus de 1.200 Français ou personnes résidant en France sont impliqués dans les filières jihadistes vers la Syrie ou l'Irak, un chiffre qui "a doublé depuis le début de l'année", les autorités craignent notamment que certains, à leur retour, ne déclenchent des opérations. A l'instar du Français Mehdi Nemmouche, soupçonné d'avoir perpétré la tuerie du Musée juif de Bruxelles qui avait fait quatre morts fin mai.

En mars 2012, l'islamiste radical de 23 ans Mohamed Merah avait tué sept personnes dont trois enfants dans la région de Toulouse (sud) en se réclamant du jihad, avant d'être abattu dans son appartement.

Un an plus tard, fin mai 2013, un Français de 22 ans converti à l'islam et radicalisé avait blessé à la gorge un militaire dans le quartier d'affaires de la Défense, près de Paris.
Lundi 22 Décembre 2014 - 01:08

AFP




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