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Elections législatives : "Un raz-de-marée des islamistes marocains du PJD est exclu" (Alexandre Adler)


Mardi 22 Novembre 2011 modifié le Dimanche 29 Juillet 2012 - 10:21

Normalien et agrégé d’histoire, Alexandre Adler, considéré en France comme une référence en matière de géopolitique et de conflits internationaux, estime mardi dans un entretien à atlasinfo.fr qu’un raz-de-marée du PJD lors des législatives du 25 novembre est exclu. Selon lui, toute poussée du PJD relèverait plus d’un affaiblissement d’un Parti de l’Istiqlal en crise que d’une adhésion à ce parti islamiste.




ALEXANDRE ADLER
ALEXANDRE ADLER
Atlasinfo : Des observateurs, qui surfent sur l’arrivée du parti islamiste tunisien Ennahda au pouvoir, pronostiquent la victoire du parti islamiste marocain Justice et Développement aux élections législatives du 25 novembre prochain. Croyez-vous à la fatalité en politique ?

Je ne crois pas à la fatalité quant à une supposée victoire des islamistes marocains aux élections législatives du 25 novembre. Les islamistes tunisiens ont occupé tous les espaces après l’effondrement du régime de Ben Ali. Au Maroc, rien de tel ne s’est produit. Il y a eu plutôt une adhésion massive en faveur d’une réforme. Le PJD depuis plusieurs années joue avec le palais en se présentant comme une force constructive. La seule chose dont on peut être certain est que l’actuelle modération observée par Ennahda va servir de propagande pour le PJD.
La situation du Maroc n’est pas comparable aux autres pays du Maghreb. Le Maroc a fait l’expérience d’un pluralisme politique important et pratiquement sans interruption depuis l’indépendance. Depuis , il existe des partis politiques organisés et un débat politique qui a donné lieu à l’existence d’analyses différentes de la société. C’est un aspect très important de l’héritage marocain. Dans ces conditions, un raz de marrée du PJD comme celui qu’Ennahda a réussi à réaliser en Tunisie me semble exclu au Maroc. En revanche, il n’est pas impossible que le PJD apparaisse à l’issue de ces élections comme l’un des partis importants. Mais il n’aura certainement pas la situation qu’Ennahda s’est acquise en Tunisie et que les frères musulmans égyptiens, au moins jusqu’aux derniers évènements de la Place Tahrir au Caire, espéraient aussi acquérir.

Peu-t-on parler d’un retour en force de l’islamisme politique et gestionnaire ?

Le phénomène islamiste dans le monde musulman n’est un phénomène positif. Les islamistes ont des idées négatives en matière notamment des droits de la femme, du statut des minorités de toute nature, des relations internationales. Le développement de la démocratie va permettre à des forces qui refusent la logique de l’islamisme de l’emporter. Le peuple marocain a cette chance.

La fragmentation du champ politique marocain peut-elle présenter une opportunité pour le PJD ?

La reconstitution de la Koutla ou la formation d’autres coalitions représentent à l’opposée de la Tunisie une véritable force face au parti d’Abdelilah Benkirane. Encore une fois, la situation au Maroc n’est comparable à la Tunisie. Puis n’oublions pas l’importance du Mouvement berbère qui dispose de réserves de voix importantes. La poussée du PJD pourrait être forte en raison de la crise que traverse l’Istiqlal et de son expérience à la tête du gouvernement, mais elle ne sera pas décisive.
Le Maroc a toujours intégré des forces politiques très différentes. Il ya une tradition marocaine de compromis car le Maroc est un véritable Etat qui est inscrit dans la durée historique. J’espère que l’islamisme marocain suivra cette tradition de sagesse.

La réforme de la Constitution et la tenue d’élections législatives anticipées annoncent-elles une nouvelle ère au Maroc ?

La nouvelle ère a commencé avec la réforme constitutionnelle et la transformation du pouvoir monarchique. A certains égards, c’est un tournant aussi important que l’a été l’indépendance du Maroc. Le Maroc rentre dans une nouvelle phase de son histoire et si on y ajoute le fait que le Maghreb tout entier va maintenant basculer dans une phase beaucoup plus active et qu’à l’intérieur de ce Maghreb, le Maroc est le seul Etat puissant disposant d’une légitimité et d’un débat politique plus ancien, c’est évidemment un surcroit de responsabilité sans commune mesure avec ce que le Maroc a connu dans le passé.

Y-a-t-il une corrélation entre ces réformes et le Printemps arabe ?

Il y a évidement une corrélation. Mais depuis son avènement, le roi Mohammed VI a mené des réformes. La plus emblématique est celle de la Moudawana. Il y a aussi l’amélioration considérable du climat d’expression, de la liberté de presse et celle d’entreprendre. C’est la raison pour laquelle le Maroc n’a pas connu l’explosion tunisienne. La Tunisie était une véritable cocotte-minute. Le Maroc n’a pas cessé d’élargir les espaces d’expression de telle sorte que la majorité de la population s’y retrouvait dans la démarche monarchique. Depuis la mort du roi Hassan II, la monarchie a été réformée de manière importante même si le roi défunt n’a jamais tenu une dictature exclusive comme l’a fait Ben Ali de manière totalement absurde.

A l’issue de ce scrutin, le futur chef de gouvernement sera tenu responsable de ses actes et de ceux de son gouvernement..

Pour les Marocains, le premier ministre n’a été qu’une sorte de rouage administratif. Aujourd’hui les choses vont aller différemment. Dans l’état actuel des choses, lorsqu’on voit ce qui se passe en Tunisie, en Lybie, au Caire, en Syrie, le monde arabe a plus besoin d’être dans l’action. Il faut absolument que le Maroc donne le sentiment d’aller de l’avant. Beaucoup de choses dépendent de lui, d’abord pour le peuple marocain, mais aussi pour l’ensemble du Maghreb, voire pour le monde arabe. Aujourd’hui, le Maroc est en train de rentrer par la grande porte dans l’Histoire. A certains égards, le prestige du Maroc est comparable à celui dont a bénéficié le roi Mohammed V à l’indépendance et qui a été contesté par une Algérie révolutionnaire. L’histoire revient en arrière et donne au Maroc une opportunité d’être un leader en matière de réformes dans le monde arabe.

Mardi 22 Novembre 2011 - 14:49

Propos recueillis par Hasna Daoudi





1.Posté par Nawal de Casablanca le 22/11/2011 22:19 | Alerter
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Alexandre Adler a raison sur tout ce qu'il a dit. Le PJD profite un peu de la victoire d'Ennahda en Tunisie pour se mettre en avant. Mais le Maroc n'est pas la Tunisie, ce sont 2 pays diffrénts avec 2 situations différentes. Comme il l'a bien dit Mr Adler, la nouvelle ère au Maroc a commencé avec la réforme constitutionnelle et la transformation du pouvoir monarchique. Les islamistes où qu'ils soient, profitent de la misère des gens pour arriver au pouvoir. Que deviendrait la femme avec les islamistes? un objet, peut-etre.?? . Il ne faut pas tomber dans le piège des islamistes. Les femmes marocaines doivent bien réflechir avant de voter. Elles doivent penser à l'avenir de leurs enfants surtout si c'est des filles. Avec les islamistes la femme ne sera jamais égale à l'homme. Avec Mohammed VI, la femme a retrouvé sa dignité et sa place dans la sociéte. Vive la libérté, vive la démocratie et vive le Maroc.

2.Posté par Younès le 22/11/2011 22:34 | Alerter
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Très bonne analyse de Mr Adler. je pense que le Maroc a besoin de dirigeants pour progresser dans la vie politique, économique, sociale.. et non pas pour régresser. Les PJD n'ont aucune chance de gagner grâce à l'intélligence du peuple marocain.

3.Posté par Fouad et ses amis le 23/11/2011 00:57 | Alerter
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Nous sommes un groupe de jeunes qui voudraient passer ce message: le Maroc d'aujourd'hui n'a pas besoin des barbus. On est des musulmans, on a l'islam dans nos coeurs mais on veut un pays moderne, ouvert sur les autres cultures. Pour avancer, il faut aller plus loin dans ses pensées. Il ne faut pas se limiter uniquement aux idées du 7è siècle. Le monde change, alors au Maroc on a besoin aussi de changement tout en gardant notre identité et nos valeurs.

4.Posté par Zouhair le 23/11/2011 01:14 | Alerter
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ADLER A RAISON. LA SITUATION DU MAROC N'EST PAS LA MEME. TANT MIEUX POUR LA TUNISIE QUI SORT DE LA DICTATURE ABSURDE DE BEN ALI ET QUI VOTE POUR LES BARBUS, LA NOUVELLE DICTATURE RELIGIEUSE. AU MAROC, ON VA DIRE MERCI LES ISLAMISTES MAIS REPASSEZ PLUS TARD; J'ESPERE QUE LES GENS IRONT VOTER RIEN QUE POUR CA.

5.Posté par Fatima d'Alger le 23/11/2011 08:54 | Alerter
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Les marocains ont de la chance d'avoir un roi qui fait tout pour améliorer la vie des citoyens. J'ai visité le Maroc il y a 6 mois, j'ai pu constaté que le Maroc a beaucoup changé. On touve tout au Maroc et le chômage a diminué. Nous en Algérie, on ne sait pas où le pays va? les algériens ne profitent pas de la richesse de leur pays. Le roi du Maroc est très intélligent, il a fait des réformes et essaie de répondre au besoin de peuple. J'aimerai que Bouteflika bouge, d'ailleurs on ne l'entend plus. est-il toujours en Algérie ou a t-il quitter le pays ?? j'attends votre réponse

6.Posté par mezrari mahjoub le 23/11/2011 10:31 | Alerter
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Adler est trés connu ,en France son analyse est tout a juste
le PJD , commence à perdre sur le térrain , et il n'est pas sur que le nouveau premier ministre sortira de ses rangs .
le Pjd disons par rapport au nahda tunisien (un Zèbre mal rayée


7.Posté par lahibfes le 23/11/2011 15:42 (depuis mobile) | Alerter
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Les marocains murissent lentement mais surement,les partis politiques doivent se regrouper en 3 partis ou 4 presentant la même idéologie ,2 partis principaux et 2 à 3 complémentaires,afin que la population puisse sentir le changement,en cas de basculement du parlement et donc du douvernement,comme cela permettrez de sanctionner un tel ou autre parti pour incompétence.c'est aux partis de faire des efforts en vue d'un regroupement,de rapprocher leur programme des réalités du pays ,et surtout faire un bilan annuel des réalisations opérés conformément au programme annoncé, le bilan doit être chiffré et confirmé par des instances specialisees.en attendant ces ajustements,le Maroc reste l'un des rares pays ayant opté pour des améliorations en un temps record en matière de la démocratie,nous saluons haut et fort ces changements,le reste appartient aux partis politiques aux ong et aux citoyens de participer aux élections massivement