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Des proches de Hollande éreintent Valérie Trierweiler dans la presse : un jeu dangereux ?




La presse est pleine d'échos nourris par des proches de François Hollande très hostiles à Valérie Trierweiler. Sous le prétexte de rendre service au président, ces proches ne sont-ils pas plutôt en train de l'affaiblir ? Décryptage d'une machine infernale.

Par Bruno Roger-Petit, Chroniqueur politique




Heureusement que Bernadette Chirac a eu un mot gentil pour Valérie Trierweiler. Et pour François Hollande. Car si l'on devait rapporter ici tout ce que la rumeur colporte de propos ''off'' monstrueux, insupportables et odieux, sans aucun égard pour la dignité des personnes, il y aurait de quoi désespérer du genre humain en France.

L'épouse de Jacques Chirac, dont on dit souvent qu'elle manifeste peu d'empathie pour autrui, est venu offrir à François Hollande et Valérie Trierweiler, une occasion de desserrer l'étau dans lequel deux forces redoutables essaient de les enfermer : une partie des journalistes politiques et un courant de proches du président hostile au maintien de Valérie Trierweiler à ses côtés.

De l’Élysée, de l'entourage, de la cour, émane ce qui est dit pour être répété. La cohorte des procureurs se déploie d'autant plus aisément qu'ils sont tous assurés de l'anonymat...

Ainsi ce qui était rapporté ce mercredi matin sur Europe 1, ces propos de ''Hollandais'' qui prient pour que Valérie Trierweiler quitte la scène : "Si elle revient, j’arrête tout", "Elle le plombe politiquement, elle n’est pas populaire auprès des Français". Ou bien encore ces lignes, parues dans le JDD : ''Depuis le 10 janvier, la plupart des "spécialistes" du couple Hollande décrivent Valérie Trierweiler en femme "jalouse", "insupportable", et lui attribuent même avec son tweet contre Ségolène Royal une part de responsabilité dans le décrochage du Président dans les sondages.'' Et encore ces déclarations, derniers exemples puisés dans le Figaro : ''Quand je vais sur un plateau télé, j'aimerais qu'on me parle d'autre chose» dirait un dirigeant socialiste, tandis qu'un autre décréterait, sans ménagement : ''Si c'est stop, elle doit quitter la Lanterne, payée par le contribuable''.

Et l'on ne mentionne ici que ce qui peut être rapporté et répété. Pour le reste, les réseaux sociaux et les déjeuners en ville font le travail. Et certains observateurs de conclure : ''Plus largement, c’est toute la galaxie Hollande qui serre les rangs autour de son champion. Et en profite pour se venger de cette compagne qui les a tant malmenés pendant la campagne. Vae victis, malheur au vaincu…''

Le constat ne peut qu'être objectif : une partie de la ''Hollandie'', cette nébuleuse aux contours flous, tente d'instaurer, via des journalistes qui ne demandent que cela, surtout à droite, un rapport de force qui obligerait le président à trancher dans le sens qui les arrangerait, de leur point de vue.

En vérité, ceux qui se laissent aller à ces propos ''off'', alimentant une campagne dans le but d'aider François Hollande, ne font que l'affaiblir.

Car les stratèges ''Hollandais'' partisans de la ''clarification'' entretiennent la machine médiatique anti-Hollande. Tout ce qu'ils disent, propagent, répandent, génèrent une situation paradoxale, in fine nuisible pour le président. La majeure partie de la presse, fort de leur posture, s'en sert pour alimenter le feuilleton et le retourner contre Hollande. Plus elle a de prétexte à en parler, plus elle en parle. Et plus elle en parle, plus elle trouve là le moyen de nuire au président socialiste.

Une partie des journalistes n'a de cesse, grâce aux ''confidences'' et propos ''off'' de l'entourage hollandais, de faire de sa vie privée un objet politique pour le lui reprocher dans le même élan et exiger de lui une clarification. Les éditorialistes les plus critiques envers François Hollande ne manquent pas d'exploiter cette situation, à l'exemple de l'hydre LCD Christophe Barbier, qualifiant Valérie Trierweiler ''d'épée de Damoclès'', de "grenade dégoupillée dans la poche de Hollande", prête à se venger en cas de rupture, et qui trois jours plus tard se demande si Hollande est ''séducteur ou mufle'', le tout après avoir décrété, sur le plateau de Des Paroles et des actes que ''lorsque l'on va rue du Cirque, il faut être M. Loyal''.

Autrement dit, au lieu d'aider François Hollande, ceux de ses amis qui s'en prennent à Valérie Trierweiler contribuent à l'enfoncer, offrant sur un plateau la dague médiatique à ceux qui ne demandent qu'à frapper le président.

Au lieu de le laisser gérer, comme il convient, cette situation compliquée et sensible, loin de la pression des médias, loin de la curiosité des voyeurs, loin des tentations de l'UMP d'exploiter l'affaire, ils fournissent, clés en mains, l'occasion à tous les journalistes de France d'interpeller, dès que possible, le président au sujet de sa vie privée, et de sa relation avec Valérie Trierweiler, comme ce fut le cas durant le déplacement aux Pays-Bas.

Le récent livre de Cécile Amar, ''Jusqu'ici tout va mal'', dresse le portrait d'un président solitaire, qui ne fait confiance à personne, fait tout tout seul, tout le temps, et moque ses propres collaborateurs, qu'il a pourtant lui-même choisis. ''Ces deux là, ils servent juste à porter les chaises'' dit-il par exemple, de deux de ses conseillers en communication, Claudine Ripert et Christian Gravel (page 120). Hollande serait un président qui, à force de ne rien dire de clair, de mettre les uns et les autres en concurrence, de passer outre leur avis et conseil a fini par générer une cour immobile, où personne ne bouge de peur de perdre sa place, où tout le monde surveille tout le monde, et où les concurrences et conflits ne sont pas créateurs, comme ils l'étaient sous Mitterrand.

Ce qui se joue ces jours ci est la démonstration des dangers du système que le président a mis en place autour de lui. Pour se préserver, conforter et assurer leur place dans ce système en faisant en sorte d'éliminer l'élément qu'ils estiment dangereux pour leur survie, les enfants du système en viennent à jouer contre leur créateur, menaçant sa pérennité, donc, la leur. C'est une démarche suicidaire. L’Élysée est-il devenu un monde chaotique où Chronos est dévoré par ses enfants à mesure qu'ils les dévorent ?

Mercredi 22 Janvier 2014 - 13:05



Mercredi 22 Janvier 2014 modifié le Mercredi 22 Janvier 2014 - 13:21

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