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Des chercheurs belges découvrent que l’oxygène est une arme contre le cancer


Jeudi 18 Août 2016 modifié le Vendredi 19 Août 2016 - 00:09

Des chercheurs belges de l’université catholique de Louvain ont découvert que le manque d’oxygène des cellules dope la croissance des tumeurs cancéreuses et qu’en rétablissant une alimentation normale des cellules en oxygène, on leur redonne leur capacité originelle de lutter contre la croissance des tumeurs.




L’équipe des professeurs Diether Lambrechts et Bernard Thienpont a commencé à travailler « au lit du patient » en analysant les tumeurs de plus de 3.000 patients. Ce travail leur a permis de constater que c’est l’environnement direct de la tumeur qui détermine sa capacité à croître ou à régresser.

« Notre étude montre que des altérations épigénétiques (NDLR : l’expression des gènes) sont causées par l’environnement de la tumeur, et plus précisément par le manque d’oxygène, que nous appelons hypoxie » , explique Diether Lambrechts, cité mercredi par le journal « le Soir ».

L’étude prouve que le maintien d’une alimentation en oxygène adéquate dans les tumeurs inhibe ces soi-disant aberrations épigénétiques, ajoute-t-il .

Ces conclusions pourraient directement mener à l’élaboration de nouveaux médicaments contre le cancer qui ciblent les vaisseaux sanguins ou les aberrations épigénétiques. Elles montrent que le mécanisme est non seulement constaté avec les tumeurs du sein, mais qu’il s’applique également aux tumeurs de la vessie, du côlon, de la tête et cou, du rein, du poumon et de l’utérus, soit une série de cancers parmi les plus fréquents.

Pour le professeur Bernard Thienpont, « ces nouvelles idées peuvent avoir un impact potentiellement énorme sur la gestion du cancer. Tout d’abord, nous pourrions utiliser les aberrations épigénétiques pour surveiller l’alimentation en oxygène d’une tumeur, ce qui nous permet de prendre des décisions de traitement plus éclairées. Deuxièmement, il jette un éclairage nouveau sur les vaisseaux sanguins ciblant les thérapies existantes. Ils inhibent de nouvelles aberrations épigénétiques. Cela pourrait contribuer à rendre les rechutes moins agressives », explique-t-il .

L’équipe se concentre maintenant sur le développement de thérapies de normalisation des vaisseaux sanguins.

«Nous voulons savoir s’il est non seulement possible d’inhiber, mais peut-être même d’inverser certaines de ces aberrations épigénétiques. Ces pistes nous donnent une grande confiance dans l’avenir de la recherche sur le cancer » , conclut le professeur Lambrechts.


Atlasinfo (avec MAP)
Jeudi 18 Août 2016 - 11:21





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