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De plus en plus de jeunes du Polisario rejoignent les terroristes au Mali, Alger joue l'attentisme (presse)


Dimanche 7 Octobre 2012 modifié le Dimanche 7 Octobre 2012 - 14:42




De plus en plus de jeunes du Polisario rejoignent les terroristes au Mali, Alger joue l'attentisme (presse)
Le magazine +Jeune Afrique+ s'interroge sur l'attitude de l'Algérie qui reste dans "l'attentisme" et "l'expectative" devant la menace terroriste au Sahel sur fond de la crise malienne, en s'obstinant à empêcher notamment une intervention militaire au nord du Mali, occupé par les islamistes d'Aqmi et du Mujao qui continuent à recruter parmi les jeunes sous le contrô le du Polisario à Tindouf en territoire algérien.

"Pourquoi, alors que rien de ce qui se passe au sein du Polisario ne lui échappe, ce grand pays laisse-t-il à ce point se déliter la situation, alors que la direction du Polisario semble avoir perdu tout contrô le sur sa base ?", s'interroge le directeur de la rédaction de l'hebdomadaire dans le numéro qui sort lundi en France.

Dans un éditorial sous le titre "Tempête de sable", François Soudan revient sur la situation précaire qui prévaut dans les camps de Tindouf et les raisons qui poussent "ces nouveaux jihadistes sur les sentiers de la guerre" qui "sont les mêmes que celles qui animent les émigrés clandestins entassés dans les pateras en Méditerranée: la misère sociale et l'espoir d'un eldorado".

Selon un document de synthèse des services de renseignements européens et maghrébins sur la situation au Sahara, cité par Jeune Afrique, la mainmise de groupes islamistes sur le nord du Mali a "créé un formidable appel d'air dans lequel s'engouffrent chaque jour, depuis plus de six mois, des centaines de jeunes recrues" du Maghreb, dont un grand nombre en provenance de Tindouf pour "une prime d'embauche versée à l'arrivée à Gao, Kidal ou Tombouctou de 4.000 euros". Le voyage se fait de nuit à bord de véhicules 4X4, "via les filières rodées par les trafiquants de drogue et de cigarettes".

"Cette absence d'avenir, cet horizon opaque générateur de toutes les folies, nul ne le ressent plus que les jeunes Sahraouis des camps du Front Polisario de la région de Tindouf, qui toute leur vie n'ont eu pour toit que les tentes de leurs campements, dressés dans le désert algérien. C'est la raison pour laquelle on les retrouve de plus en plus nombreux dans les rangs d'Aqmi ou du Mujao", relève l'éditorialiste.

"Formés au maniement des armes, endoctrinés par des imams salafistes qui prô nent ouvertement dans les camps la création d'un Etat islamiste au +Sahara occidental+, ces combattants sont accueillis à bras ouverts par leurs frères algériens", ajoute-il.

Si, selon lui, l'histoire des Katibas islamistes du Sahara est depuis des années "aussi faite de captures, de rançons, d'affrontements fratricides sur fond de partage des fruits impies du trafic des otages ou de celui du haschich, "l'irruption récente au coeur de cette nébuleuse terroriste, qui a désormais trouvé son sanctuaire, de desperados issus des rangs de la dernière guérilla d'Afrique ajoute encore à la dangerosité ambiante".

L'éditorialiste considère que "ni le Maroc û qui a renforcé ses mesures de sécurité dans le sud par crainte des attentats -, ni la Mauritanie û qui fait ce qu'elle peut, avec détermination-, ni l'Algérie n'ignorent cette nouvelle donne", ce qui explique, selon lui, "l'incompréhension" manifestée par les partenaires d'Alger, tant africains qu'européens.

Au-delà du silence observé sur ce qui se passe dans les camps de Tindouf, l'éditorialiste s'interroge notamment "pourquoi Alger qui détient l'une des clés majeures de la solution, essentiellement militaire, à la menace terroriste saharienne refuse-t-elle de s'en servir?" ou encore "pourquoi le Comité d'état-major opérationnel conjoint (Cemoc), mécanisme conçu à Alger pour faire face au péril d'Aqmi et qui regroupe plusieurs Etat sahéliens, est-il étrangement paralysé, comme en état d'hibernation, depuis le début de la crise malienne?".

"Sauf à susciter, un jour ou l'autre, des réponses désagréables à ces questions, il est temps de sortir de l'attentisme et de l'expectative. Chaque jour qui passe rapproche un peu plus de celui où le Nord-Mali ne sera plus récupérable", prévient l'éditorialiste.

Dimanche 7 Octobre 2012 - 12:07





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