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Clan de la résurrection contre clan du coma


Mercredi 22 Mai 2013 modifié le Mercredi 22 Mai 2013 - 11:26




Clan de la résurrection contre clan du coma
A la fin, on a deux équipes : ceux qui disent qu'il se porte bien, va revenir, rajeunir, poursuivre et se réélire. Et ceux qui disent qu'il va mal, de plus en plus, ne peut plus signer, parler, bouger, dire, commander. Dans la première catégorie, on peut citer Bensalah le patron du sénat, Sellal l'intendant, Rezag Bara le conseiller, le Quai d'Orsay et Laurent Fabius le ministre des AE français. Dans l'autre camp, on peut ranger une partie du peuple, puis Enrico Macias qui a déclaré l'avoir visité sur son lit d'hôpital,

Hichem Aboud, l'ancien de Betchine, patron de deux journaux censurés, un ex-Premier ministre algérien anonyme qui aurait fait des déclarations lors d'un dîner à Paris. Et chaque jour augmente sa dose de brume puisque chaque jour l'une des deux équipes apporte sa révélation ou son anesthésie. Une véritable religion antique est en train de naître autour de Bouteflika : certains déclarent l'avoir vu, d'autres l'avoir entendu, d'autres disent qu'il ne meurt pas, mais se régénère, d'autres soutiennent qu'il n'existe plus depuis très longtemps que sous la forme de son frère. Et cela se complique avec le temps.

Et le temps passe. On ne sait pas comment cela va finir dans un pays qui a une seule télévision qui ne peut pas filmer son propre président sur son lit de malade. Dans le tas ? Nous sommes un tas de peuple déposé au fond de l'armoire. L'enjeu se fait doucement sans nous.

Le régime dépend du pétrole et donc il n'a pas à rendre compte sur la santé de son président, sur nos paniques ou sur nos interrogations. Vu dernièrement un clip d'un salafiste tunisien qui prêche étonné : « pourquoi faut-il consulter le peuple sur la Chaariâ ? On ne consulte pas un peuple sur le choix d'Allah ? La Chariaâ, on s'y soumet ou on est tué, c'est tout ! C'est quoi cette histoire de démocratie ? ». La même idée circule dans la tête du régime mais sur un autre intégrisme : celui de la clandestinité et du tutorat féodal:

On ne consulte pas le peuple sur l'Etat et l'état de santé ! C'est le choix des grands électeurs. En quoi le peuple doit-il être concerné par la santé d'un président ou un bulletin de santé ou même par la vérité ? Donc il s'agit de la même idée : la première avec barbe, la seconde avec moustaches. En quoi cela vous concerne que cela soit Benflis ? Hamrouche ou Fabius ou Bouteflika 4ème Calife, juste pour les prochaines années?

A la fin ? On connaît presque tous le titre de cette pièce de théâtre française : « le malade imaginaire » de Molière. Dans notre cas, le malade est réel. C'est nous qui sommes fictifs. Imaginaires. Aujourd'hui donc, l'équipe de la résurrection (équipe qui annonce qu'il va revenir) a moins de chance d'être crue car elle fait partie du régime qui ment. Celle de l'occultation définitive (équipe qui parle de coma) est plus proche de la conviction même quand elle est loin de la vérité. Quand un régime est trop clandestin, son peuple devient fictif et la vérité est un avis.

Kamel Daoud


Mercredi 22 Mai 2013 - 11:18

Source Le Quotiden d'Oran





1.Posté par fabien le 22/05/2013 11:48 | Alerter
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Il est inimaginable de voir une chose pareil dans un pays développé comme la france par exemple pourquoi les dictatures des pays sous développés ont besoin de cacher la maladie de leur présidents; en quoi c' est mal de dire que notre président est malade. cela ne fait que suscitez des rumeurs et des interrogations inutiles et ne sont elles pas faites aussi pour préparer une étriqué au détriment d' autres partis politiques, en leur coupant l' herbe sous les pieds et en les mettant sous le fait accompli le FIS a t il le droit de se représenter ; et enfin pourquoi censurer les journaux algeriens qui parle de la maladie du président et n' est ce pas a ces même journaux de réclamer leur liberté d' expression. ou bien c' est peut être moi qui ne comprend rien a rien. Dans ce cas éclairer moi.

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