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Bouteflika, une manipulation algérienne...


par Mustapha Tossa


Le choc des images aura été des plus dévastateurs. Un président algérien, Abdelaziz Bouteflika que la planète entière sait malade et impotent, en train de faire semblant de jouer au président qui reçoit dans une banale normalité le premier ministre français Jean Marc Ayrault. Cette séquence, dont le trucage a été révélé par la chaîne française Canal Plus et qui s'est voulue rassurante auprès des cercles de pouvoirs domestiques et internationaux s'interrogennt sur la réalité du pouvoir à Alger, s'est transformée en un terrible effet boomerang. L'homme, Bouteflika, est maintenu au pouvoir artificiellement, dans un jeu de clans sourd qui annonce de sanglantes étincelles.




Bouteflika, une manipulation algérienne...
Le premier ministre Jean Ayrault, déjà enlisé dans sa propre défaillante communication, s'est démené comme un diable pour convaincre l'opinion que Bouteflika n'est pas le président comateux que certains se plaisent à décrire à longueur de fielleuses confidences. Mais plus le premier ministre français s'enfonçait dans son plaidoyer pour vendre une introuvable normalité algérienne, plus il semble souligner que rien ne va plus au Palais d'Al Mouradia et que le temps est venu de gérer et de contenir cette incertaine succession algérienne.

Pour les algériens eux même, la situation du président Boutelflika n'enferme plus aucun mystère, ni surprise. Depuis son séjour médical à Paris, devenu interminable à cause du manque total d'information, le président Bouteflika n'était plus ce président en exercice qui détient la réalité du pouvoir en Algérie. Et malgré les nombreuses décisions prises en son nom, qu’ils s’agissent d'organiser les conditions de sa réélection en adoubant les proches ou en éloignant les réfractaires ou de privilégier des choix en matières de politique régionale et internationale, personne ne croyait réellement à une résurgence de l'homme mais plutôt à l'activisme d'un clan qui cherche à verrouiller toutes les failles.

Devant cette grande comédie de pouvoir, le sport national algérien s'est concentré sur la manière avec laquelle la machine gouvernementale algérienne allait vendre à l'opinion une introuvable normalité algérienne. Tricoter par voie médiatique le mensonge sur la réalité du pouvoir était presque le seul élément qui excitait la vie politique algérienne. Tout le monde guettait les signes et les traces d'un homme devenu icône au sens physique du terme.

Le quatrième mandat de Abdelaziz Bouteflika, impossible à imaginer pour les uns, hypothèse de travail pour les autres, est devenu en cette fin d'année le sujet qui configure la vie politique algérienne et que scrute avec une grande curiosité le voisinage maghrébin. L'opposition algérienne a depuis longtemps fait savoir qu'il n'était pas opportun pour un président aussi diminué de prétendre prolonger sa présence au pouvoir. Mais les proches de Bouteflika semble avoir un autre agenda pour militer contre vents et marrées pour son maintien au pouvoir. Le journaliste algérien Hichem Aboud, un patron de presse banni pour avoir osé évoquer l'irréversible maladie de Bouteflika, a une explication cet entêtement : " Ceux qui manœuvrent pour son maintien au pouvoir le font pour leurs propres intérêts. Quitte à humilier leur parrain et le ridiculiser aux yeux du monde entier. Ces gens craignent fortement des poursuites judiciaires et un renversement de la vapeur en leur défaveur qui leur fera regretter tout le mal qu’ils ont fait à l’Algérie et aux Algériens. A commencer par le frère cadet du président, Saïd Bouteflika, qui est le protecteur de toute cette faune de prédateurs. Ils sont prêts à mettre le pays à feu et à sang pour peu qu’ils restent au pouvoir ou dans sa périphérie pour qu’ils ne soient pas inquiétés après le départ de Bouteflika".

Pour justifier l’immobilisme qui règne en Algérie aujourd'hui, certains Algériens pointent le fait que le pays a déjà vécu, bien avant les autres, les soubresauts de son printemps islamiste, marqué comme tout le monde le sait par presque quinze années de guerre civile et de violences politiques. Mais ces mêmes voix n'hésitent pas à pointer les enjeux de la grande dispute présidentielle que l'Algérie s'apprête à vivre en 2014. Une succession mal organisée, un passage de témoin raté, et c'est l'ensemble de l'édifice qui risque de s'embraser avec un immense impact régional. Bien malgré elle, en 2014, l'Algérie deviendra un point de fixation et d’obsessions internationales aussi dangereuses qu'imprévisibles.

Vendredi 20 Décembre 2013 - 12:14



Vendredi 20 Décembre 2013 modifié le Vendredi 20 Décembre 2013 - 12:35

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