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Attentat de Nice: plus d'un tiers des victimes de confession musulmane


Mardi 19 Juillet 2016 modifié le Mardi 19 Juillet 2016 - 23:14

30 des 84 morts de l'at­ten­tat de Nice étaient mu­sul­mans, d'après le rec­teur de la Grande Mos­quée de la ville, Ot­mane
Aïs­saoui.




Parmi la foule ano­nyme venue ad­mi­rer le feu d'ar­ti­fice sur la Pro­me­nade des An­glais, le 14 juillet der­nier, les mu­sul­mans étaient nom­breux et ils ont payé un lourd tri­but au drame de ce soir-là. Trente d'entre eux ont été fau­chés par le ca­mion de 19 tonnes conduit par Mo­ha­med La­houaiej-Bouh­lel.

Dans cette tra­jec­toire de l'hor­reur, le pre­mier choc fatal fut pour Fa­tima Char­rihi, 62 ans, ori­gi­naire du Maroc. « Elle était une fi­dèle de ma mos­quée. Je connais ses sept en­fants, tous adultes au­jour­d'hui », ra­conte Ot­maneAïs­saoui, pré­sident de l'Union des mu­sul­mans des Alpes-Ma­ri­times (Umam) et imam de la ville. Cette femme est ar­ri­vée à Nice à l'âge de 20 ans pour re­joindre son époux, maçon. Très pieuse et por­tant le voile, elle comp­tait parmi ses amis des per­sonnes de toutes les confes­sions et avait trans­mis aux siens les va­leurs de res­pect et de to­lé­rance.

Parmi ceux qui sont tom­bés, il y avait aussi Mehdi, jeune Ni­çois de 12 ans, fils d'un ar­bitre de foot­ball dont la sœur ju­melle était en­core dans le coma, et Mo­ha­med Tou­ka­bri, un mé­ca­ni­cien d'une cin­quan­taine d'an­nées ori­gi­naire de Tu­ni­sie. Le petit Ky­lian, 4 ans, et sa maman Olfa, étaient venus de Lyon pour as­sis­ter au spec­tacle. Parmi les morts, on compte une ving­taine de Tu­ni­siens. « Nous sommes en contact avec les consu­lats pour or­ga­ni­ser le ra­pa­trie­ment des corps », ex­plique Ot­maneAïs­saoui. Cela sera pos­sible après la toi­lette mor­tuaire ri­tuelle et la cé­ré­mo­nie pré­vue jeudi à la Grande Mos­quée Ar-Rahma (« de la Mi­sé­ri­corde »), dans le nord-est de la ville, qui se dé­rou­lera en pré­sence des élus lo­caux.

En at­ten­dant, Ot­maneAïs­saoui et l'imam Bou­be­keurBekri ac­com­pagnent les fa­milles en­deuillées dans la cha­pelle ar­dente im­pro­vi­sée à l'Acro­po­lis, le pa­lais des congrès situé à deux pas de la pro­me­nade des An­glais. Dans le seul quar­tier de la Ma­de­leine, dans le nord de la ville, les ha­bi­tants pleurent une di­zaine de morts. Cer­tains ont perdu pa­rents et en­fants. « Tout le monde souffre, c'est très dur de trou­ver les mots », avoue Kaw­thar Ben Salem, di­rec­trice des ac­ti­vi­tés au sein de l'Umam.

En ré­ac­tion au drame, les imams de la ré­gion vou­draient aussi lan­cer en sep­tembre des « as­sises de ré­flexion et d'ac­tion » pour « dé­cons­truire la haine » dans les quar­tiers sen­sibles ou en mi­lieu sco­laire. « Pour dé­fendre le vivre- en­semble, contre les re­plis iden­ti­taires et les ten­ta­tives de ré­cu­pé­ra­tion po­li­tique, il fau­dra rap­pe­ler que les gens sont morts en­semble, quelle que soit leur re­li­gion », ex­plique Ot­maneAïs­saoui.

Jean-Bap­tiste Fran­çois (Source La Croix)

Mardi 19 Juillet 2016 - 22:02





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