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A Flins, l'usine historique de Renault passe à l'heure japonaise


Samedi 4 Février 2017 modifié le Dimanche 5 Février 2017 - 16:49




4CV, R5, R18, Twingo, Clio : l'usine Renault de Flins (Yvelines) a produit de grands succès populaires de l'automobile française depuis 65 ans, mais d'ici peu, les voitures qui en sortiront porteront en majorité un emblème japonais.

Première application industrielle en France de l'alliance entre Renault et Nissan, les Micra du constructeur nippon, destinées au marché européen, ont commencé à émerger de cette installation située à 40 km au nord-ouest de Paris.

La précédente génération de cette automobile était assemblée en Inde. Les Renault Clio et Nissan Micra, sensiblement de la même taille et partageant une partie de leurs pièces, sont désormais produites sur la même chaîne, ainsi que la Renault ZOE électrique. Des éléments du châssis de la Micra proviennent d'une autre usine historique du losange, au Mans (Sarthe).

Environ 110 millions d'euros ont été investis en trois ans dans l'usine de Flins afin de la mettre au niveau des exigences de Nissan, selon son directeur Olivier Talabard.

Le fait que Renault et Nissan, alliés depuis 1999, partagent déjà les mêmes méthodes de fabrication "a permis de tout de suite se comprendre" entre Japonais et ouvriers de Flins, dont 60 sont partis en formation de sept semaines au pays du Soleil levant fin 2015, dit-il.

Les équipes ont eu une attitude "d'ouverture" vis-à-vis de Nissan et "on a progressé en qualité, grâce à eux, depuis trois ans", dit M. Talabard. Mais des critères d'ergonomie de Renault ont été maintenus, de même qu'une procédure automatisée de montage de la coque et des trains roulants.

- Robots autonomes -


Dans l'usine, des opérateurs de chaîne travaillent sous des panneaux énonçant la méthode vertueuse des "5S", acronyme en japonais des verbes "trier", "ranger", "nettoyer", "standardiser" et "pratiquer". Des affiches proclament qu'ici, on est "fier de fabriquer Micra", dont un exemplaire orange vif est exposé à l'entrée.

Tandis que des robots roulants transportent en silence des pièces pour nourrir la chaîne selon "juste à temps", selon le credo japonais du zéro stock, d'autres robots, articulés, effectuent leur ballet de manipulations et de soudures dans l'atelier de tôlerie. A un passage de la chaîne, 35 caméras détectent d'éventuels défauts de montage.

Flins a produit 160.000 voitures en 2016. En année pleine, l'objectif est d'y fabriquer 132.000 Micra, soit deux tiers de la production de l'usine à l'horizon 2018. Pour une installation dont sont sorties presque 18 millions de Renault depuis 1952. "Est-ce qu'il y a un problème de perte d'identité ? On s'est posé cette question", répond M. Talabard.

Mais, assure-t-il, "personne (dans l'usine) ne m'a interpellé là-dessus".

"Au niveau des salariés de l'usine, ce n'est pas un sujet de discussion", indique Olivier Augustin, délégué CGT au comité d'entreprise. "Pour nous, c'est une voiture supplémentaire, qu'elle porte le logo Renault ou Nissan", dit-il à l'AFP.

Mais si Renault vient d'annoncer 200 embauches supplémentaires sur un site qui comptait fin 2016 2.378 salariés, M. Augustin fait état d'une "dégradation des conditions de travail" et le recours massif aux intérimaires (2.013 selon lui), outre 200 à 300 prestataires de service.

L'usine assemblait encore près de 400.000 voitures par an en 2007, se souvient-il. Les Twingo sont désormais montées en Slovénie, et les Clio en partie en Turquie.

Lors du Mondial de l'automobile à Paris à l'automne, le PDG de Renault-Nissan, Carlos Ghosn, avait indiqué que le choix d'attribuer la Micra à Flins avait été effectué "parce que le marché croît et notre capacité de production est saturée", allusion notamment à l'usine Nissan de Sunderland (Royaume-Uni) qui tourne à plein.

Nissan, qui a vendu 79.200 voitures et utilitaires légers en 2016 en France (-2,7%), en vise 85.000 cette année grâce notamment à la Micra aux lignes anguleuses, qui ambitionne d'entrer dans le "top 10" d'un segment très disputé et dominé... par la Clio.

Dans cette perspective, Nissan France va "évidemment mettre beaucoup plus l'accent sur le +made in France+ de la Micra", dit son directeur général Bernard Loire, un argument "porteur" déjà utilisé dans sa communication par l'autre Japonais produisant dans l'Hexagone, Toyota avec la Yaris fabriquée à Valenciennes (Nord).

Avec AFP
Samedi 4 Février 2017 - 21:23





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