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Varsovie veut des "explications" des propos sur la Shoah attribués à Netanyahu


Vendredi 15 Février 2019 modifié le Dimanche 17 Février 2019 - 10:00




Varsovie a demandé à l'Israël "des explications sans équivoque" sur les propos attribués par des médias israéliens à Benjamin Netanyahu sur le rôle des Polonais dans la Shoah, a annoncé vendredi le ministère polonais des Affaires étrangères.

"Les explications fournies jusqu'à présent ne sont pas suffisamment claires. Nous voudrions que cette affaire soit expliquée sans ambiguïté", a déclaré à la presse le vice-ministre Szymon Szynkowski vel Sek, à l'issue d'une rencontre avec Anna Azari, l'ambassadrice d'Israël en Pologne, convoquée au ministère.

Reproduites notamment par le Jerusalem Post, Haaretz et The Times of Israel, les déclarations de M. Netanyahu évoquant soit "la collaboration", soit "la coopération" des Polonais avec des nazis dans l'Holocauste, ont déjà été démenties par l'ambassade d'Israël, mais ont semé le trouble en Pologne et failli faire capoter le sommet du Groupe de Visegrad (Pologne, Slovaquie, République tchèque, Hongrie) prévu pour la semaine prochaine à Jérusalem.

"J'ai assisté au point presse du Premier ministre. Il n'a pas dit que la nation polonaise avait collaboré avec les nazis mais uniquement que personne n'a été poursuivi pour avoir évoqué ces Polonais qui avaient collaboré" avec les occupants allemands, a écrit Mme Azari dans un démenti diffusé dans la nuit de jeudi à vendredi.

La transcription officielle des propos de M. Netanyahu n'a pas été rendue publique.

Le Premier ministre israélien aurait ainsi répondu à la question sur une loi polonaise controversée, qui avait suscité l'an dernier l'indignation en Israël et aux Etats-Unis. Elle prévoyait des peines de prison pour ceux qui attribueraient "la responsabilité ou la coresponsabilité de la nation ou de l'Etat polonais pour les crimes commis par le Troisième Reich allemand".

Depuis, un amendement a supprimé les sanctions pénales prévues dans le texte initial.

Varsovie tient à savoir "quels étaient les propos, les intentions" de M. Netanyahu lorsqu'il parlait jeudi aux médias israéliens à Varsovie, étant donné que les explications fournies depuis "restent peu claires", a insisté M. Szynkowski vel Sek.

Varsovie a laissé à Israël le choix de "la forme" dans laquelle ces explications seront présentées.

La Pologne a dans un premier temps envisagé de transférer ailleurs la réunion du Groupe de Visegrad prévue pour les 18 et 19 février à Jérusalem.

Le président polonais Andrzej Duda a même offert d'organiser cette réunion dans son pays, mais un porte-parole a ensuite précisé que le sommet aurait lieu comme prévu à Jérusalem.

Dans la matinée, un proche collaborateur du président Duda s'est félicité d'avoir obtenu des explications israéliennes sur "ce qui semble une manipulation médiatique nuisible".

"Pour l'instant, il n'y a "aucune nouvelle décision" concernant la réunion du groupe de Visegrad, a quant à lui dit M. Szynkowski vel Sek.

De son côté, l'ambassadrice israélienne, dans un communiqué diffusé par l'agence de presse locale PAP, a souligné que M. Netanyahu attendait "avec impatience la rencontre avec le Premier ministre (polonais Mateusz) Morawiecki, la semaine prochaine".
Vendredi 15 Février 2019 - 16:06

afp




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