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Un rapport pour réformer l'islam en France et contrer la "fabrique de l'islamisme"


Lundi 10 Septembre 2018 modifié le Mardi 11 Septembre 2018 - 08:29

Une structure chargée d'organiser et financer le culte musulman et une lutte accrue contre le discours salafiste sur les réseaux sociaux : l'Institut Montaigne ébauche des pistes de lutte contre "la fabrique de l'islamisme" dans un rapport publié lundi.




Rendu public en plein débat sur l'organisation de l'islam en France, le rapport de ce groupe de réflexion libéral veut réformer la deuxième religion de France et s'alarme particulièrement de la prolifération des thèses islamistes sur internet.

Intitulé "la fabrique de l'islamisme", ce document énumère les "usines de production de l'islamisme" : Frères musulmans en Egypte, wahhabisme en Arabie Saoudite, "turco-islamisme en Turquie", ou encore Iran après la révolution islamique de 1979.

Il souligne aussi "l'incroyable" influence des réseaux sociaux dans son expansion, assurant que derrière Barack Obama ou Donald Trump, six des dix plus grands "influenceurs mondiaux" sont saoudiens.

En France, l'auteur du rapport, Hakim El Karoui, dit constater une "progression de l'idéologie islamiste" même si "les islamistes (...) sont largement minoritaires parmi les musulmans de France".

Les salafistes - branche rigoriste de l'islam - "gagnent du terrain à l'intérieur de la communauté", surtout chez "les jeunes de moins de 35 ans", selon lui. "Il y a à peu près 800.000 à un million de personnes qui suivent un discours religieux (...) produit par les salafistes", a-t-il précisé sur Europe 1, disant s'appuyer sur une étude faite il y a deux ans par un institut de sondage.

Selon lui, La France doit "se doter de moyens et de réseaux importants pour diffuser [un] contre-discours" aux thèses salafistes.

Cet ancien conseiller de Jean-Pierre Raffarin à Matignon, qui fut aussi directeur à la Banque Rotschild, constate aussi que le "halal" imprègne de plus en plus "la façon de vivre ensemble", avec le développement de sites communautaires, d'hébergement ou de covoiturage "halal".

Une taxe halal en débat

Ce rapport est publié alors que sont organisées jusque mi-septembre des "assises territoriales de l'islam de France" dans chaque département, sous l'égide des préfets, pour faire émerger auprès du président Emmanuel Macron des propositions sur l'organisation de l'islam de France et ses six millions de fidèles. Grands thèmes abordés : représentation institutionnelle, financement des mosquées et formation des imams et aumôniers.

Dans ce cadre M. El Karoui présente à nouveau sa proposition de "création d'une institution chargée d'organiser et de financer le culte musulman", actuellement structuré autour du Conseil du culte musulman (CFCM) : l'Association musulmane pour l'islam de France (Amif).

Objectif : "Créer une organisation neutre, indépendante des pays d'origine, indépendante de ceux qui tiennent aujourd'hui les mosquées, pour prélever une toute petite somme d'argent sur chaque acte de consommation et réinvestir cette somme d'argent dans le travail théologique", souligne-t-il.

Cette structure pourrait notamment gérer une "taxe halal", idée maintes fois évoquée depuis les années 90. Il ne s'agirait pas d'un impôt prélevé par l'Etat, mais d'un prélèvement géré par l'association et s'inspirerait de la "taxe de cacherout" de la communauté juive, gérée par les rabbinats et qui permet de certifier les produits "casher".

Autre proposition : "relancer l'apprentissage de la langue arabe" à l'école publique. "Le nombre d'élèves qui apprennent l'arabe au collège et au lycée a été divisé par deux", a-t-il argué, alors qu'il a " été multiplié par dix dans les mosquées".

Dans un communiqué, Gérard Collomb, ministre de l'Intérieur, a salué un "travail très approfondi" et pris note de "propositions très intéressantes (...) qui appellent à un rassemblement et une mobilisation des musulmans républicains en France".

Le ministre de l'Education Jean-Michel Blanquer a souligné sur BFMTV qu'il était nécessaire de "donner du prestige" aux langues comme l'arabe et estimé qu'elle devait "être apprise pas seulement par les personnes qui sont d'origine maghrébine ou de pays de langue arabe".

Autres préconisations du rapport : "réinventer la promotion du discours républicain", "repenser la communication de l'Etat sur les valeurs républicaines, notamment sur les réseaux sociaux", mais aussi réaliser un "travail diplomatique tous azimuts", par exemple "assurer avec l'Arabie Saoudite que l'Amif aura un rôle central dans l'organisation du pèlerinage".

Lundi 10 Septembre 2018 - 14:10

Avec afp




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