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Tunisie : la surprise Kais Said se confirme, incertitude pour la 2e place


Lundi 16 Septembre 2019 modifié le Lundi 16 Septembre 2019 - 16:31




Tunisie : la surprise Kais Said se confirme, incertitude pour la 2e place
Tunisie : la surprise Kais Said se confirme, incertitude pour la 2e place
L'outsider Kais Said, un universitaire sans parti politique, confirmait son avance lundi au premier tour de la présidentielle tunisienne, selon des résultats partiels officiels, mais la deuxième place restait indécise.

M. Said, un constitutionnaliste austère de 61 ans, arrive en tête du premier tour avec 19% des voix, selon des résultats portant sur plus d'un quart des suffrages, a annoncé l'Instance des élections (Isie).

Il devance l'homme d'affaires en prison Nabil Karoui (14,9% des voix selon ce décompte partiel), au coude à coude avec le candidat du parti d'inspiration islamiste Ennahdha, Abdelfattah Mourou (13,1% des voix).

"C'est la stratégie anti-système qui l'a emporté", a déclaré à l'AFP un membre de l'Isie, Adil Brinsi, tout en mettant en garde: "Rien n'est encore joué. Mourou pourrait très bien passer de la troisième à la deuxième place devant Karoui".

Sept millions d'électeurs étaient appelés dimanche à départager 26 candidats pour le premier tour de ce scrutin, qui s'est déroulé sur fond de grave crise économique et sociale, et dans un contexte de rejet des élites politiques traditionnelles.

La participation a été d'environ 45% selon des chiffres encore provisoires de l'Isie, un taux faible en regard des 64% enregistrés lors du premier tour de la présidentielle de 2014.

- Un candidat emprisonné au 2e tour ? -

MM. Said et Karoui, qui ont revendiqué leur qualification dès dimanche soir, ont tous deux fait campagne sur le sentiment de rejet des élites politiques.

Fin connaisseur de la Constitution, Kais Said s'est fait connaître comme commentateur politique et cultive une image de "M. Propre" incorruptible et au-dessus de la mêlée. Surnommé "Robocop" en raison de son attitude et sa diction rigides, il a multiplié les déplacements de terrain pour sa première campagne électorale.

M. Karoui, lui, est issu de l'establishment tunisien, mais il a vu son image d'"anti-système" renforcée après son incarcération, fin août, dans le cadre d'une enquête pour blanchiment et fraude fiscale.

Cet homme d'affaires de 56 ans a bâti sa popularité ces dernières années en organisant des opérations caritatives dans les régions défavorisées du pays, et il a derrière lui la puissance d'une chaîne privée, Nessma, dont il est le fondateur.

Si sa présence pour le 2e tour est confirmée et qu'il reste en prison, la Tunisie va se retrouver dans une situation quasiment sans précédent dans le monde.

"La loi électorale a prévu plusieurs cas comme la maladie ou la mort d'un candidat, mais pas la prison. Tant que la justice ne s'est pas prononcée sur le cas de Karoui, rien ne changera lors de ce second tour vis-à-vis de ce candidat", a souligné le responsable de l'Isie, Adil Brinsi.

Mais "s'il est condamné entre le premier et le second tour, il faudra effectivement se passer de lui, et organiser un second tour avec le candidat arrivé en 3e position", a-t-il ajouté.
- Les centristes balayés -

Selon les résultats partiels de l'Isie, le ministre de la Défense Abdelkarim Zbidi arrive en 4e position avec 9,6% des voix et le Premier ministre Youssef Chahed 5e avec 7,4% des suffrages. Une défaite cuisante pour les candidats de la famille libérale "centriste" issus du parti de l'ancien président Béji Caïd Essebsi, décédé en juillet.

"Ca va faire de la nouveauté", souriait lundi matin un boulanger, Saïd, tandis qu'une femme assurait que "la classe politique a ce qu'elle mérite".

Dans une première réaction dimanche dans la nuit, M. Chahed a appelé le camp libéral et centriste à faire bloc pour les législatives du 6 octobre et a expliqué son échec par la fragmentation de sa famille politique.

Pour le politologue Hamza Meddeb, les Tunisiens ont exprimé "une désaffection très profonde vis-à-vis d'une classe politique qui n'a pas répondu aux attentes économiques et sociales".

"Le dégoût de la classe politique semble se traduire par un vote pour des outsiders", selon M. Meddeb.

Les Tunisiens restent avant tout préoccupés par la crise sociale dans un pays sous perfusion du Fonds monétaire international (FMI), où le chômage est de 15% et où le coût de la vie a augmenté de 30% depuis 2016.
Lundi 16 Septembre 2019 - 13:21

Atlasinfo (Source afp)




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