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Trois questions à Hakim Marrakchi, candidat à la présidence de la Confédération générale des entreprises du Maroc


Mercredi 9 Mai 2018 modifié le Mercredi 9 Mai 2018 - 20:51

Hakim Marrakchi, candidat à la présidence de la Confédération générale des entreprises du Maroc (CGEM), répond aux questions de l'Agence marocaine de presse dans le cadre de son nouveau concept "Face à la MAP".




Hakim Marrakchi, pourquoi vous vous portez candidat à la présidence de la CGEM en ce moment précis?

D'abord, parce que je crois que le moment est venu d'avoir un président de la CGEM qui soit un industriel ouvert à la mondialisation et qui a accumulé une expérience intéressante dans ce domaine, au moment où tout le monde s'accorde sur l'importance de réindustrialiser le pays.

Ensuite parce que j’ai une expérience et une connaissance de la conduite de la CGEM puisque j'ai été pendant presque neuf ans associé à la présidence de Monsieur Horani et de Madame Bensaleh comme membre du bureau. J'ai été également président de fédération auparavant, donc cette douée expérience d’industriel confronté à la fois à la concurrence nationale et internationale dans des marchés structurés, d’une part, et ma connaissance des milieux patronaux font que je pense être le candidat idoine pour donner une nouvelle impulsion à notre industrie et à notre économie dans son ensemble.

Avec madame Assia Benhida qui a une expérience poussée dans l’industrie des services, je pense que nous formons un binôme capable de corriger un large spectre des problèmes posés à nos entreprises, et d’apporter des réponses pour dynamiser la création de la valeur, la création de richesses pour l’ensemble de l’économie marocaine et dans toutes les régions.

Quelles sont les grandes lignes de votre programme?


J’espère être élu pour porter un programme que nous avons décliné en plusieurs axes. Nous comptons agir d’abord pour refaire de l’entreprise le lieu privilégié, reconnu par tous, pour la création de richesse. Car c'est dans l’entreprise qu’on crée de la richesse et du travail et donc nous voulons libérer le travail et faire en sorte qu’il y ait une nouvelle dynamique pour valoriser l’investissement et l'entrepreneuriat.

Impulser la croissance et la compétitivité est le deuxième axe sur lequel nous comptons agir. Nous sommes obligés de nous adapter pour être plus compétitif, et quand je dis adapté bien évidemment je pense au coût de l’énergie et au coût du travail non pas en réduisant les salaires, mais au contraire en libérant le travail, la production et la compétitivité des entreprises pour stimuler davantage la croissance.

Le troisième point sur lequel nous pensons agir, sera la régionalisation et l’internationalisation. Pourquoi les régions et l’international ? C’est parce que les entreprises ne sont peut-être pas déployées dans toutes les régions et parce qu’il y a des bassins d’opportunités, d’emplois et de création de richesses selon les écosystèmes régionaux. Nous pensons éventuellement développer davantage de partenariats publics privés au niveau régional et faire en sorte que les régions puissent profiter pleinement des 20% du PIB qui constitue la demande publique.

Au niveau de l’international, nous comptons développer des services d’intelligence économique de façon à ce que les investissements des grands groupes marocains soient également déployés pour des entreprises de taille moindre. Nous avons, grâce aux grands groupes marocains qui sont implantés en Afrique, le potentiel de détecter les opportunités.

Le quatrième axe de notre programme sera l’employabilité. Nous devons faire en sorte que notre potentiel humain s’exprime avec davantage de création de richesse. Donc nous allons agir pour rapprocher l’entreprise de l’université et des écoles en vue d'assurer une plus grande adéquation entre formation et besoins des entreprises.

Le dernier axe de notre programme porte sur l’adaptation. Nous comptons agir pour que nos entreprises, les pouvoirs publics et l’administration soient plus aptes et adaptés à intégrer les techniques qui vont se développer dans les nouvelles technologies. Nos entreprises ne sont pas forcément adaptées à cela, nous devons anticiper et agir en conséquence pour que la digitalisation et l’économie verte soient des opportunités de croissance et de transformation positive.

Que pensez vous de la campagne de boycott de certains produits lancée sur les réseaux sociaux ?

Je pense que chaque individu est libre d'acheter ou de ne pas acheter le produit qu'il veut. C'est une liberté. Tous les Marocains sont libres de leurs choix. Dans le même temps, je pense que l'impact de cette campagne, en tout cas tel qu'il apparaît est important. Il dénote une frustration. Je pense que cette frustration s'est exprimée parce qu'il y a des corps intermédiaires qui ont disparu ou qui n'ont pas fait leur travail. Je pense par exemple au Conseil de la concurrence, aux associations de défense des consommateurs... Je pense qu'on devrait davantage défendre nos marques et qu'on devrait militer pour cela. Je pense justement que la CGEM est un de ces corps intermédiaires et qu'il faut préserver de façon à ce qu'elle joue le rôle qui lui échoit.

Ce que je regrette c'est les gens qui souffrent, les agriculteurs qui ne peuvent plus écouler leur lait, les employés qui ne peuvent plus faire le plein de carburant et qui voient leurs revenus baisser. La campagne de boycott est justifiable peut être, elle existe en tout cas, mais il y a des gens qui en souffrent. J'aurais préféré que les problèmes à l'origine de cette campagne soient réglés autrement que par un boycott.
Mercredi 9 Mai 2018 - 19:59

MAP




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