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Trafic de migrants: le Maroc enquête sur les embarcations rapides +go-fast+


Mercredi 26 Septembre 2018 modifié le Jeudi 27 Septembre 2018 - 09:19




Trafic de migrants: le Maroc enquête sur les embarcations rapides +go-fast+
Les autorités marocaines enquêtent sur l'apparition du transport de migrants par "go-fast", alors qu'une opération menée par la Marine royale contre un de ces puissants bateaux à moteur, jusque-là utilisés pour la drogue, a fait un mort et trois blessés mardi.

La Marine royale marocaine a ouvert le feu mardi sur une embarcation rapide "go-fast" qui "se trouvait de manière suspecte dans les eaux marocaines" au nord du pays et a "refusé d'obtempérer aux avertissements", selon les autorités locales.

Une Marocaine de 22 ans touchée par les tirs est morte de ses blessures après son transport à l'hôpital et trois autres passagers ont été blessés, selon la même source.

Indemne, le pilote de l'embarcation, de nationalité espagnole, a été arrêté, selon les autorités marocaines.

Par ailleurs, un Espagnol et son complice marocain, tous deux suspectés d'appartenir à un "réseau criminel spécialisé dans l'escroquerie, l'organisation et la facilitation de l'immigration illégale" ont été arrêtés mardi soir à Tanger, selon les autorités marocaines qui se sont refusés à ce stade à tout commentaire sur un lien éventuel avec l'arraisonnement du "go-fast".

Le "phénomène émergent" du recours aux +go-fast+ est en cours d'analyse", a déclaré mercredi à l'AFP Khalid Zerouali, en charge de l'immigration et de la surveillance des frontières au ministère marocain de l'Intérieur.

"Il y a des +go-fast+ qui viennent chercher des gens et apparemment gratuitement, c'est ce qui circule sur les réseaux sociaux et j'espère qu'avec les interceptions qu'on a opérées, on va pouvoir élucider tout ça", a-t-il dit à l'AFP.

Depuis près d'une semaine, des vidéos largement partagées sur les réseaux sociaux montrent de mystérieuses embarcations transportant "gratuitement" de jeunes Marocains vers les côtes espagnoles depuis le nord du Maroc, suscitant une certaine effervescence.

"Des jeunes venus de tout le pays se sont rendus dans les villes côtières du nord en espérant embarquer", a dit à l'AFP le président de l'Observatoire du nord pour les droits de l'Homme Mohamed Benaïssa, basé à Fnideq.

Selon lui, ces embarcations baptisées "fantômes" par les locaux ont récemment transporté des groupes de jeunes depuis Tanger et Fnideq vers les côtes espagnoles.

Samedi au soir, la rumeur d'une nouvelle traversée à bord d'un de ces "fantômes" au départ de Martil, à l'est de Tanger, a poussé des centaines de jeunes à investir la plage très fréquentée de la ville. "Le peuple veut pouvoir émigrer gratuitement!", ont scandé certains candidats à l'exil, selon des témoignages vidéo diffusés sur les réseaux sociaux.

La marine marocaine a en effet empêché "une embarcation de très grande vitesse" de s'approcher des côtes de Martil, et "aucun candidat à l'émigration clandestine" n'a pu être embarqué, selon un communiqué officiel.


Plusieurs versions

Concernant l'apparition des "go-fast", "seule l'enquête en cours peut élucider ce phénomène qui est apparu comme ça, du jour au lendemain", a dit à l'AFP M. Zerouali, le responsable du ministère de l'Intérieur.

"Il y a plusieurs versions", a-t-il ajouté, précisant que certains assuraient que les trafiquants prenaient gratuitement les candidats pour les séquestrer et demander des rançons aux familles, d'autres que les trafiquants de drogue recouraient au migrants "pour stabiliser les bateaux" pour des raisons de poids.

Les départs par "go-fast" concernent principalement les jeunes Marocains. Ces derniers mois ont vu se multiplier les tentatives de départ de migrants marocains, surnommés "harraga" (littéralement "brûleurs"), prêts à tout pour quitter leur pays à la recherche d'une vie meilleure en Europe, selon les témoignages recueillis par l'AFP sur place.

Si certains tentent la traversée en cotisant dans un bateau pneumatique ou en payant un passeur, d'autres escaladent les barrières hérissées de barbelées des enclaves espagnoles de Ceuta et Melilla, comme le font aussi les migrants subsahariens qui transitent par le Maroc.

Le dernier assaut, le 27 juillet dernier, a vu près de 1.200 migrants subsahariens se précipiter sur la clôture de Ceuta, en jetant des pierres et des poches remplies de chaux ou de sang sur les forces de l'ordre, selon les autorités marocaines.

Depuis, les autorités marocaines ont lancé une vaste opération de déplacements de migrants vers le sud du pays pour "les éloigner des zones vulnérables" et des "tentatives de manipulations des passeurs", a expliqué M. Zerouali à l'AFP.

Mercredi 26 Septembre 2018 - 21:03

Atlasinfo (source AFP)




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