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Syrie : la France "inquiète" après la fuite de proches de membres de l'EI


Dimanche 13 Octobre 2019 modifié le Lundi 14 Octobre 2019 - 11:46




La France est "inquiète" après la fuite annoncée de 800 proches de jihadistes étrangers du groupe Etat islamique (EI) d'un camp en Syrie et appelle une nouvelle fois Ankara à mettre fin "au plus vite" à son offensive contre les Kurdes, a déclaré dimanche la porte-parole du gouvernement français.

"Evidemment que nous sommes inquiets par rapport à ce qui pourrait se passer et c'est la raison pour laquelle nous souhaitons que la Turquie (...) termine au plus vite l'intervention qu'elle a commencée, que nous avons évidemment condamnée", a déclaré Sibeth Ndiaye dans l'émission "Dimanche en Politique", sur la chaîne de télévision publique France 3.

Les autorités kurdes ont annoncé dimanche la fuite de près de 800 proches de jihadistes étrangers de l'EI d'un camp de déplacés du nord de la Syrie, à proximité de combats opposant forces kurdes et proturques.

"Je ne sais pas, aujourd'hui, qui sont exactement les personnalités qui se sont enfuies du camp, c'était depuis le début de cette intervention armée une préoccupation pour la France", a insisté la porte-parole, mentionnant les "djihadistes français dont nous avons toujours considéré qu'ils devaient être jugés sur place".

"Nous avons une diplomatie qui est extrêmement active", a affirmé Mme Ndiaye, soulignant que le président français Emmanuel Macron "a eu l'occasion d'échanger avec Donald Trump pour lui rappeler ce qu'étaient les préoccupations françaises", "la condamnation unanime de l'Union européenne vis-à-vis de cette offensive unilatérale sur le sol syrien".

La France a d'abord demandé une réunion du Conseil de sécurité à l'ONU puis une des membres de la coalition internationale qui agit actuellement en Syrie et "nous avons également annoncé que nous ne fournirions plus d'armes à la Turquie", a-t-elle ajouté.

"Il y a déjà des populations qui sont déplacées, on peut craindre une grave crise humanitaire sur place", a aussi relevé la porte-parole.

Les combats font rage au cinquième jour d'une offensive turque qui a provoqué un tollé international et fait plus de 150 morts, dont une cinquantaine de civils, et provoqué l'exode de plus de 130.000 personnes.

Avec cet assaut, la Turquie cherche à contrôler des secteurs du nord de la Syrie et à y établir une "zone de sécurité" de 32 km de profondeur pour séparer sa frontière des territoires aux mains des Unités de protection du peuple (YPG), une milice kurde qualifiée de "terroriste" par Ankara.

Des milliers de personnes ont manifesté samedi dans plusieurs villes en France pour soutenir les Kurdes de Syrie face à cette offensive, également dénoncée dans plusieurs rassemblements en Europe.

Dimanche, environ 300 personnes de la communauté kurde de Toulouse (sud-ouest de la France) et des militants de partis de gauche se sont rassemblés sur une place du centre de cette ville, avant de défiler en scandant: "Erdogan, assassin".

"Si vous êtes tranquilles dans vos vies, si vous pouvez bien dormir, s'il n'y a plus d'attentats chez vous, c'est grâce au combat des Kurdes", a lancé à l'adresse des Européens Nafiyé Atac, une des figures de la communauté kurde à Toulouse.

"Les Américains ont donné leur feu vert à Erdogan pour attaquer les Kurdes en Syrie, et l'Europe, elle, ferme les yeux, la bouche, les oreilles... La France suspend ses exportations d'armes vers la Turquie ? C'est bien, mais c'est pas grand-chose, il faut être plus radical", a martelé cette femme réfugiée en France depuis 25 ans.

Selon elle, la fuite annoncée de plusieurs centaines de proches de jihadistes étrangers du groupe EI d'un camp en Syrie "va peut-être faire comprendre aux Occidentaux qu'il est temps d'agir".
Dimanche 13 Octobre 2019 - 17:05

Atlasinfo (Source afp)




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