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Soudan: 30 ans sous le régime d'Omar el-Béchir


Jeudi 17 Janvier 2019 modifié le Jeudi 17 Janvier 2019 - 09:21




Dates-clés du Soudan depuis l'arrivée au pouvoir d'Omar el-Béchir en 1989:



Le 30 juin 1989, le général Omar el-Béchir prend le pouvoir grâce à un coup d'Etat soutenu par le Front islamique national, parti de son mentor Hassan Tourabi.

Le Soudan donne asile à des islamistes, notamment au chef d'Al-Qaïda Oussama ben Laden qui y reste jusqu'en 1996.

Une lutte pour le pouvoir en 1999 aboutit au limogeage de Tourabi.



En 2003 une rébellion éclate au Darfour, vaste région de l'ouest, qui réclame la fin de la "marginalisation économique" et un partage du pouvoir avec Khartoum.

Depuis, ce conflit a fait plus de 300.000 morts et 2,5 millions de déplacés selon l'ONU. Le niveau de violences a largement diminué ces dernières années.

Omar el-Béchir fait l'objet de deux mandats d'arrêt de la Cour pénale internationale (CPI) pour crimes de guerre, crimes contre l'humanité (2009) et génocide (2010) au Darfour.



Le 9 janvier 2005, après plus de 21 ans de guerre civile (deux millions de morts, quatre millions de déplacés), un accord de paix est signé entre Khartoum et la rébellion sudiste, prévoyant une autonomie du Sud-Soudan avant un référendum sur l'indépendance en 2011.



En avril 2010, Béchir est élu lors des premières élections multipartites depuis 1986, boycottées par l'opposition et critiquées à l'étranger. Il est réélu en 2015.



Le 9 juillet 2011, le Sud proclame son indépendance, six mois après un référendum en faveur de la sécession. Restent à régler le partage des revenus pétroliers, la frontière et le statut de zones contestées.

Parallèlement, des rébellions éclatent dans les Etats du Kordofan-Sud et du Nil Bleu, frontaliers du Soudan du Sud.



Au printemps, combats intenses à la frontière entre les deux Soudans. Avec la sécession, Khartoum a perdu les trois quarts des réserves pétrolières. Le Sud, enclavé, dépend des infrastructures du Nord pour exporter. En avril, le pétrole transite à nouveau par le Soudan, après plus d'un an d'interruption qui a mis les deux économies à genoux.



En septembre 2013, des manifestations contre une hausse de plus de 60% du prix des carburants se soldent officiellement par des dizaines de morts, plus de 200 selon Amnesty.

En janvier 2014, Béchir appelle à une "renaissance" politique et économique après la dissidence de plusieurs figures du régime réclamant des réformes.



En avril 2016 un référendum controversé au Darfour, boycotté par l'opposition, maintient la division en cinq Etats de cette région.

En août des négociations échouent entre le pouvoir et les rebelles sur la cessation des hostilités au Darfour, au Nil Bleu et au Kordofan-Sud.

Fin septembre, Amnesty accuse les forces gouvernementales d'avoir procédé à plusieurs attaques chimiques, tuant des civils dans l'Ouest. Khartoum dément.

En novembre, le Soudan augmente le prix des carburants d'environ 30%, provoquant des grèves nationales.



Le 6 octobre 2017, les Etats-Unis lèvent l'embargo sur le Soudan, qui reste toutefois sur la liste noire américaine des "Etats soutenant le terrorisme".



Début 2018 des manifestations contre l'inflation des denrées alimentaires sont rapidement contenues avec l'arrestation d'opposants.

En août, le parti au pouvoir désigne Omar el-Béchir candidat à la présidentielle de 2020 pour un troisième mandat, alors que la Constitution en autorise deux.



Depuis le 19 décembre 2018, le pouvoir est confronté à une vague de manifestations contre le triplement du prix du pain, qui s'est transformée en contestation du régime.

Le 1er janvier 2019, une vingtaine de formations politiques réclament un changement de régime.

Le 14 janvier, après près d'un mois de contestation réprimée, avec officiellement 24 morts, le président assure que le pouvoir ne cédera pas.
Jeudi 17 Janvier 2019 - 08:15

afp




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