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Saad Hariri et Emmanuel Macron tentent à Paris de désamorcer la crise libanaise


Samedi 18 Novembre 2017 modifié le Samedi 18 Novembre 2017 - 22:42

Le Premier ministre libanais démissionnaire Saad Hariri s'est entretenu samedi à Paris avec le président Emmanuel Macron, pour tenter de trouver une issue à la crise libanaise qui reste entière, avant un retour annoncé pour mercredi à Beyrouth.




Arrivé par avion privé tôt samedi à l'aéroport du Bourget, au nord de Paris, M. Hariri s'est rendu à la mi-journée à la présidence de la République française. Il a eu un bref entretien avec le chef de l'État, avant un déjeuner en compagnie de leurs épouses et du fils aîné de M. Hariri.

Les deux autres enfants du couple, adolescents, sont restés en Arabie Soudite, où ils résident et sont scolarisés.

"Ahlan wa sahlan! Bienvenue à Paris Saad Hariri", a tweeté le président Macron, en postant une vidéo tournée dans l'Elysée.

Un peu plus tôt, M. Macron s'était entretenu au téléphone avec le président libanais Michel Aoun, qui "l'a remercié pour l'action de la France en faveur du Liban", a indiqué l'Élysée.

Le président Aoun lui a également confirmé que Saad Hariri "sera(it) à Beyrouth le 22 novembre, jour de la fête nationale", comme l'avait annoncé précédemment la présidence libanaise.

"Le président Aoun a reçu ce matin un appel téléphonique de M. Hariri l'informant qu'il se rendra au Liban pour participer à la célébration de la Fête de l'indépendance", avait tweeté cette dernière.

Ancienne puissance mandataire du Liban, la France a joué les médiateurs et le président Macron a invité à Paris M. Hariri et sa famille "pour quelques jours ou quelques semaines", afin de tenter de sortir de l'impasse née de sa démission annoncée le 4 novembre à Ryad. Une solution acceptée par M. Hariri avec l'accord du parrain saoudien.

Le président Macron a précisé qu'il recevrait Saad Hariri "en tant que Premier ministre" du Liban car "sa démission n'est pas reconnue dans son pays puisqu'il ne s'y est pas rendu".

Le séjour prolongé de M. Hariri en Arabie Saoudite et le fait qu'il ne soit pas revenu au Liban pour remettre par écrit sa démission au président comme le veut la tradition a fait l'objet d'intenses spéculations. Le président Aoun l'avait qualifié d'"otage" de l'Arabie saoudite.

Dans un tweet, M. Hariri avait affirmé que son séjour à Ryad visait simplement "à mener des consultations concernant l'avenir du Liban et ses relations avec ses voisins arabes". "Tout ce qui se dit (...) sur mon séjour (...) n'est que rumeurs", avait-il ajouté.





L'arrivée à Paris de Saad Hariri a été "expressément saluée" par le ministère allemand des Affaires étrangères.

"Nous avons en raison de la situation actuelle (au Proche-Orient) de grandes inquiétudes quant à la stabilité de la région et appelons toutes les parties à réduire les tensions", a indiqué un porte-parole du ministère dans un communiqué.

L'Arabie saoudite a décidé de rappeler son ambassadeur à Berlin pour protester contre des déclarations du ministre allemand des Affaires étrangères Sigmar Gabriel qui avait laissé entendre que M. Hariri subirait l'influence de Ryad, a annoncé samedi l'agence officielle saoudienne SPA.

"Ces déclarations sont hasardeuses, fondées sur des informations erronées et ne servent pas la stabilité dans la région", a commenté le porte-parole du ministère saoudien des Affaires étrangères, cité par SPA.

Jeudi, M. Gabriel avait déclaré lors d'une conférence de presse à Berlin avec son homologue libanais Gebrane Bassil que "le Liban risqu(ait) de retomber dans de graves confrontations politiques et peut-être militaires".

Le chef de la diplomatie française Jean-Yves Le Drian avait, lui, rencontré jeudi M. Hariri à Ryad, où le chef de la diplomatie saoudienne Adel al-Jubeir avait assuré qu'il était libre de partir "quand il veut".

Détenteur de la nationalité saoudienne, M. Hariri, 47 ans, possède une résidence à Ryad où sa famille est installée. Il a repris le flambeau politique à la mort de son père, Rafic Hariri, un ancien Premier ministre tué dans un attentat à Beyrouth en 2005 pour lequel cinq membres du Hezbollah chiite libanais sont accusés.

En annonçant sa démission, M. Hariri avait invoqué la "mainmise" du Hezbollah --membre du gouvernement et soutenu par l'Iran-- sur la vie politique au Liban et des craintes pour sa vie, au moment où Ryad fulminait contre les ingérences prêtées au rival iranien dans la région.

Pour plusieurs médias libanais, si M. Hariri devait confirmer sa démission, la crise s'aggraverait au Liban.

Proche de M. Aoun, le ministre libanais des Affaires étrangères Gebrane Bassil a prévenu jeudi qu'en cas d'ingérence étrangère, son pays risquait de connaître le même sort que la Syrie voisine, ravagée par une guerre civile complexe et où l'implication militaire du Hezbollah auprès du régime divise le Liban.

Jeudi, le chef de la diplomatie saoudienne s'en est violemment pris au Hezbollah. "C'est une organisation terroriste de première catégorie", a-t-il soutenu, en l'accusant d'avoir "pris en otage l'État au Liban et d'être devenu un instrument aux mains" de l'Iran.

A ses côtés, M. Le Drian a déclaré que la France était "inquiète" de la "tentation hégémonique" de l'Iran au Proche-Orient, s'attirant les foudres de Téhéran. (afp)
Samedi 18 Novembre 2017 - 14:41





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