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Pour Emmanuel Macron, les aides sociales coûtent un « pognon de dingue »


Mercredi 13 Juin 2018 modifié le Mercredi 13 Juin 2018 - 16:47

Le président de la République estime que les aides ne suffisent pas à endiguer la pauvreté. Il veut clarifier sa politique sociale après quelques couacs.




Pour Emmanuel Macron, les aides sociales coûtent un « pognon de dingue »
Emmanuel Macron expose ce mercredi 13 juin le cadre de sa politique sociale devant le 42e congrès de la Mutualité française. Un discours dont les maîtres mots devraient être l'« efficacité » des aides et la « responsabilité » des aidés. Le locataire de l'Élysée a d'ailleurs donné le ton dès le mardi 12 juin en fustigeant le « pognon de dingue » que coûtent les aides sociales sans endiguer la pauvreté. Dans un visible souci pédagogique, il expose sa philosophie en un langage familier, comme en témoigne une vidéo postée dans la soirée par sa conseillère en communication Sibeth Ndiaye, qui le filme en train de peaufiner son discours de mercredi.

« On met un pognon de dingue dans les minimas sociaux et les gens ne s'en sortent pas. Les gens pauvres restent pauvres, ceux qui tombent pauvres restent pauvres. On doit avoir un truc qui permet aux gens de s'en sortir. Par l'éducation... », s'enflamme le président français. Et d'expliquer : « Je vais faire un constat qui est de dire : on met trop de pognon, on déresponsabilise et on est dans le curatif (...). Il faut prévenir la pauvreté et responsabiliser les gens pour qu'ils sortent de la pauvreté. Et sur la santé, c'est pareil. » L'Élysée a cité l'exemple du RSA dont « la moitié des allocataires n'ont pas d'accompagnement vers l'emploi ». Ce qui ne rentre pas dans la logique d'efficacité érigée en boussole.

Le discours de Montpellier ne sera « pas un tournant social »

Toutes les aides sociales, aux particuliers comme aux entreprises, sont passées en revue sous ce prisme, poussant les ministres concernés à afficher ces dernières semaines des points de vue contradictoires. Celui de l'Économie, Bruno Le Maire, a dégainé le premier en jugeant « légitime de réduire la politique sociale sur l'emploi ». Son collègue des Comptes publics, Gérald Darmanin, a renchéri en estimant qu'il y avait « trop » d'aides sociales, dénonçant au passage certaines « trappes à inactivité ». « Pas question de faire des économies sur le dos des pauvres », a répliqué la ministre des Solidarités et de la Santé, Agnès Buzyn, qui sera aux côtés de M. Macron mercredi. Rien n'est encore tranché : beaucoup d'arbitrages doivent encore être rendus, en vue notamment du plan pauvreté qui doit être présenté en juillet.

L'exécutif sait qu'il dispose de « marges de manœuvre » budgétaires pour les années à venir, grâce au retour à l'équilibre plus rapide que prévu des comptes de la Sécurité sociale. Mais le gouvernement n'entend pas délier trop vite les cordons de la bourse, M. Darmanin affirmant qu'« il n'y a pas de cagnotte ». D'où la prudence de l'Élysée, qui assure que le discours de Montpellier ne sera « pas un tournant social, mais un approfondissement ». M. Macron ne devrait aussi qu'esquisser la transformation du système de santé lancée en février, sans préciser le plan hôpital annoncé pour juillet.

Le « reste à charge zéro », l'atout phare du président

Le vieillissement et la dépendance, qui doit également faire l'objet d'une réforme, seront aussi abordés, en particulier par le prisme de la solidarité familiale et du statut des aidants. Le chef de l'État ne vient toutefois pas au congrès de la Mutualité les mains vides. Il pourra en effet y annoncer la concrétisation du « reste à charge zéro », une promesse de campagne. Cette réforme permettra aux 95 % de Français couverts par une complémentaire santé d'accéder à des prothèses dentaires ou auditives et à des lunettes intégralement remboursées à partir de 2020.

Après l'accord trouvé fin mai entre les dentistes et l'Assurance maladie, Mme Buzyn signera à Montpellier les textes concernant les secteurs de l'optique et de l'audioprothèse. Les frais avancés par les assurés seront à terme allégés de plusieurs centaines de millions d'euros, grâce à des baisses de prix qui pèseront sur les professionnels de santé et à des remboursements plus importants de la Sécu et des complémentaires, priées de ne pas faire flamber leurs cotisations.
Mercredi 13 Juin 2018 - 07:51

afp




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