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Passeports diplomatiques: l'Elysée plaide l'ignorance, Benalla contre-attaque


Vendredi 28 Décembre 2018 modifié le Samedi 29 Décembre 2018 - 06:38




Passeports diplomatiques: l'Elysée plaide l'ignorance, Benalla contre-attaque
Affaire Benalla, acte II? L'Elysée a assuré vendredi ne "disposer d'aucune information" sur l'utilisation des passeports diplomatiques par l'ex-collaborateur d'Emmanuel Macron, soupçonné d'en avoir profité après sa mise à pied en mai. L'ancien chargé de mission a lui contre-attaqué, son entourage affirmant qu'ils lui avaient été restitués "début octobre".

Alexandre Benalla n'a "jamais" mené de mission à titre privé lorsqu'il travaillait à l'Elysée, a ajouté son entourage dénonçant "une machine pour détruire" sa réputation.

Cette source refuse de commenter les informations de Mediapart et du Monde, selon lesquelles M. Benalla continue de voyager avec un passeport diplomatique émis le 24 mai, après sa mise à pied liée à des violences lors de manifestations du 1er mai. Il avait affirmé, sous serment le 19 septembre, avoir laissé ce document dans son bureau de l'Elysée, devant la commission d'enquête du Sénat.

Il a été "utilisé ces dernières semaines pour entrer dans différents pays africains ainsi qu'en Israël", selon Médiapart qui cite "des sources sécuritaires".

Mais ses deux passeports diplomatiques lui ont été restitués "début octobre", selon son entourage qui se dit "abasourdi que tout le monde" s'en étonne.

Une affaire embarrassante pour le chef de l'Etat, déjà aux prises avec la crise des "gilets jaunes", qui doit adressser ses voeux au Français lundi.

L'Elysée a plaidé vendredi l'ignorance, affirmant qu'il "ne dispose à ce stade d'aucune information remontée par les services de l'Etat concernés sur l'utilisation par M. Benalla des passeports diplomatiques qui lui avaient été attribués dans le cadre exclusif de ses fonctions à la Présidence de la République".

L'Elysée dit avoir, dès son renvoi pour motif disciplinaire en juillet, "demandé aux administrations compétentes de procéder aux démarches nécessaires afin que ces passeports soient restitués et ne puissent plus être utilisés".

La présidence a demandé au ministère des Affaires étrangères "de prendre toutes les mesures appropriées" contre M. Benalla, ajoute-t-elle. Le Quai d'Orsay a annoncé dans la foulée l'intention de Jean-Yves Le Drian de saisir le procureur de la République, "sur le fondement de l'article 40 du code de procédure pénale" qui enjoint tout représentant des autorités de le faire s'il a connaissance d'un crime ou d'un délit. Le ministère affirme avoir réclamé en juillet, puis en septembre la restitution des deux passeports.

L'entourage d'Alexandre Benalla a contre-attaqué en début de soirée, affirmant que l'ancien conseiller n'avait jamais reçu de relance : Il y a eu une lettre "reçue début août" quand il était en train de déménager et que les passeports étaient dans son bureau à l'Elysée. "Et ensuite on les lui a restitués".



Un flou artistique qui a déchaîné la colère de l'opposition : elle demande en coeur "la vérité" à l'Elysée, voire à Emmanuel Macron.

"M. Benalla n'est pas un agent autonome. Qui peut croire cette fable ?" a lancé en premier Gilles Platret, un porte-parole de LR sur RTL, qui souhaite que la "justice soit saisie".

"C'est au président de dire la vérité sur cette affaire, c'est très grave", renchérit sur LCI Laurence Sailliet, autre porte-parole des Républicains.

Le sénateur LR Damien Regnard, le député RN Sébastien Chenu ou encore la tête de liste LFI aux européennes Manon Aubry se sont joints à ces demandes d'explications.

Des protestations se font entendre jusque dans la majorité: "Nouveau mensonge et faute de Benalla qui aurait dû rendre son passeport diplomatique, mais aussi faute de l'Etat de ne pas avoir exigé que cela soit promptement fait", a tweeté le député LREM de Maine-et-Loire Matthieu Orphelin. "Oui, il faudra que la justice s'occupe de ce nouvel épisode et détermine les responsabilités de ces manquements".

"Ce qu'il s'est passé depuis le 1er mai jusqu'à maintenant est inadmissible", a abondé le député Modem des Yvelines Bruno Millienne sur LCI. Que M. Benalla "se trimballe avec un passeport diplomatique" montre "des dysfonctionnements à l'Elysée, mais ce n'est qu'un simple facilitateur pour passer les frontières", a-t-il cependant relativisé.

Au Sénat, dominé par l'opposition de droite, la commission d'enquête qui a entendu Alexandre Benalla sur les conditions dans lesquelles il a participé à une interpellation musclée le 1er mai, va examiner "tous les éléments parus dans les médias ces jours-ci et relèvera toute contradiction entre ces informations et les éléments recueillis sous serment pendant ces auditions", a déclaré jeudi une source proche de la commission à l'AFP.

Au sein de la commission, certains comme le sénateur LR du Rhône François-Noël Buffet, demandent une nouvelle audition d'Alexandre Benalla, estimant qu'il "faut mettre fin à cette simagrée". Cette nouvelle affaire semble confirmer que "Benalla était dans un rôle de conseiller spécial du président, qui ouvre des portes grâce à son entregent", avance un autre membre de la commission auprès de l'AFP.

Eric Coquerel, député LFI "demande" quant à lui de "rouvrir une commission d'enquête à l'Assemblée nationale sur tous les tenants des affaires Benalla. Ce serait un minimum dans une démocratie normale".

Le numéro un du Parti socialiste Olivier Faure estime que cette nouvelle affaire peut "devenir un danger pour la République", évoquant sur Europe 1 une implication de l'ancien chargé de mission à l'Élysée "dans des affaires de ventes d'armes un peu partout dans le monde".

"Ça suffit ! Je crois qu'à un moment ou à un autre il faudra qu'(Emmanuel Macron) s'exprime sur le sujet", a aussi estimé Jean-Christophe Lagarde, le chef de file des députés UDI-Agir.
Vendredi 28 Décembre 2018 - 19:15

afp




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