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Mohamed Ould El Ghazouany, le militaire réformiste qui emboite le pas à son prédécesseur


Lundi 24 Juin 2019 modifié le Lundi 24 Juin 2019 - 15:54




Le candidat de la majorité au pouvoir, Mohamed Cheikh Mohamed Ahmed El Ghazouany a remporté dès le premier tour l'élection présidentielle de samedi avec 52,01% des suffrages, selon des résultats officiels provisoires communiqués par la Commission électorale nationale indépendante, marquant ainsi un premier pas sur les traces de son prédécesseur Mohamed Ould Abdel Aziz.

Convaincu de ses fortes chances de remporter haut la main ce scrutin, le "candidat du consensus national", Ould El Ghazouany n’a pas hésité depuis l'aube de dimanche de féliciter le peuple mauritanien, réitérant de la sorte sa détermination à suivre la voie de la réforme", d’autant plus que tout au long de la campagne électorale, il dit incarner la continuité en exprimant la volonté de consolider les réalisations accomplies par le pays au cours de la dernière décennie.

Pour beaucoup d'observateurs, la victoire du candidat de la majorité au pouvoir n'a pas été une surprise, surtout qu’il a obtenu le soutien du Président sortant Mohamed Ould Abdel Aziz qui a d’ailleurs assisté aux meetings d'ouverture et de clôture de la campagne électorale de l’ancien ministre de la Défense.

Ould El Ghazouany a bénéficié aussi du soutien ferme des partis de la majorité, avec en tête l'Union Pour la République (UPR au pouvoir), ainsi que de celui des forces politiques dont certaines appartiennent à l'opposition, des chefs d'entreprises et de larges franges de la société dans différentes régions du pays.

L’élection de Ould El Ghazouany, dixième Président de la Mauritanie, incarne la première expérience de transition pacifique du pouvoir entre deux Présidents élus dans le pays, sachant que la dernière élection présidentielle s’était tenue en 2014 et avait été remportée par le chef de l’Etat sortant, Mohamed Ould Abdel Aziz, dont le mandat expire en août prochain.

Originaire de la wilaya de l’Assaba, dans le Sud, où il est né en 1956, Mohamed Ould El Ghazouany est issu d’une grande famille d’autant plus que son père n’est que le cheikh d’une confrérie (Tariqa) soufie connue sous le nom de "Ghadfia".

Il doit sa réputation d'homme d'Etat à sa grande expérience acquise tout au long d’un riche parcours professionnel au cours duquel il avait occupé d’importantes responsabilités en gravant les échelons depuis qu’il a rejoint l’institution militaire en 1978.

Ould El Ghazouany, qui a rejoint l’armée alors qu’il a 22 ans, a été promu, après une riche carrière, au grade de général et nommé en avril 2008 à la tête de l’état-major de l’armée avant d’occuper le poste de ministre de la Défense en octobre 2018 quelques semaines avant sa retraite.

Parmi les postes clés également occupés par le candidat de la majorité au pouvoir figurent ceux de directeur général de la sureté nationale et membre du conseil supérieur de l’Etat en 2006, ainsi que président du conseil supérieur de la Défense en 2009.

Ses ambitions d’accéder à la magistrature suprême ont commencé à se concrétiser depuis l’annonce par l'ancien président du parti au pouvoir, l'Union Pour la République, porte-parole officiel du gouvernement, Sidi Mohamed Ould Maham que "le choix de Ould El Ghazouani comme candidat à cette présidentielle constituait la meilleure option pour garantir la continuité du projet national pilote, celui de la sécurité, la démocratie et du développement".

Outre un large soutien de la majorité au pouvoir, il a de même tiré profit de la multiplication des crises et des scissions au sein de l'opposition et de son incapacité de s'unir et de choisir un candidat unique pour ce rendez-vous.

Depuis l’annonce, le 1er mars, de sa candidature à l'élection présidentielle, il s’est engagé à maintenir l’approche prônée par le système actuel et veiller à remédier à ses dysfonctionnements.

Dans ce sens, il s’est lancé dans cette course électorale face au défenseur des droits de l’Homme Biram Dah Abeid, le représentant du "Changement civil", l’ancien Premier ministre pendant deux mandats (1992-1996 et 2005-2007) Sidi Mohamed Boubacar Boussalev, le candidat de la coalition "Vivre Ensemble-CVE", Kane Hamidou Baba, le candidat de la "Coalition des Forces pour le changement démocratique", Mohamed Ould Maouloud et le candidat indépendant Mohamed El Mourteji El Wavi, cadre au ministère des Finances.


Lundi 24 Juin 2019 - 15:31

Atlasinfo (avec MAP)




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